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Sur le vif

Jérusalem à Israël : Macron et Erdogan veulent collaborer pour faire renoncer Trump

Rédigé par Benjamin Andria | Lundi 11 Décembre 2017



Jérusalem à Israël : Macron et Erdogan veulent collaborer pour faire renoncer Trump
La décision de Donald Trump visant à reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël a froissé bien des peuples et des chancelleries. La France et la Turquie font partie des pays qui ont désapprouvé cette reconnaissance. Les présidents Emmanuel Macron et Recep Tayyip Erdogan entendent travailler ensemble pour (espérer) faire changer d’avis Donald Trump, bien que les deux pays aient une approche et une proximité avec Israël très différentes.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui fait figure de leader de la contestation parmi les dirigeants musulmans, n’hésite pas à qualifier Israël « d’Etat terroriste ». « Nous n'abandonnerons pas Jérusalem à la merci d'un Etat qui tue des enfants », a-t-il martelé, dimanche 10 décembre, lors d'un congrès de son parti à Sivas, en Anatolie.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou n’est pas non plus tendre avec la Turquie. Lors de son passage dimanche 10 décembre à Paris où il a été reçu à l’Elysée, il a déclaré ne pas avoir de « leçons de moralité à recevoir d'un dirigeant qui bombarde des villages kurdes en Turquie, qui emprisonne des journalistes, aide l'Iran à contourner les sanctions internationales et aide des terroristes, notamment à Gaza ».

Côté français, c’est une autre histoire. Benjamin Netanyahou a bien tenté de convaincre Emmanuel Macron du bien-fondé de la décision américaine, sans succès. Le président français a appelé Israël à « des gestes courageux envers les Palestiniens » comme le gel de la colonisation mais a souligné dans le même temps sa volonté d'« approfondir » les liens avec Israël « en matière économique, technologique et culturelle ». Aucune rupture des relations diplomatiques n'est à l'agenda.

Cependant, le chef de l’Etat et son homologue turc sont tous deux tombés d’accord, lors d’un entretien téléphonique, du danger que représente la décision américaine pour la stabilité et l’avenir du Proche-Orient et de la nécessité de pousser les Etats-Unis à faire marche arrière.

Lors de l'entretien téléphonique avec Recep Tayyip Erdogan, l’Elysée, qui souhaite voir la Turquie « contribuer à l'apaisement » entre Israéliens et Palestiniens, a rappelé que « la France a réaffirmé son attachement au droit international et au respect des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU. Jérusalem a vocation à devenir la capitale de deux États, Israël et la Palestine, selon des modalités qu'il appartiendra aux Palestiniens et aux Israéliens de définir par la négociation ».

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