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Sur le vif

Islamophobie et discriminations : Valls fait pire que Guéant

Rédigé par La Rédaction | Lundi 29 Avril 2013



Le think tank République et diversité a passé au peigne fin l’action du gouvernement en matière de lutte contre les discriminations. Tous les ministères ont été évalués. Avec une moyenne de 3/20, il reste beaucoup à faire dans ce domaine, peut-on constater lundi 29 avril avec la publication des résultats de ce baromètre.

Établi en association avec le planning familial, l'Association des paralysés de France, le Conseil représentatif des associations noire de France (Cran) et le Comité Idaho (Journée mondiale de lutte contre l'homophobie et la transphobie), le rappport a pris en compte quatre critères: le genre, le handicap, l'origine et l'orientation sexuelle.

Le jury, composé notamment du président de République et diversité et du CRAN Louis-Georges Tin et la militante anti-raciste Rokhaya Diallo a interrogé durant un an, les ministères sur leurs actions en termes de discriminations. L'échelle de critères a été définie en fonction des promesses de campagnes et de l'action concrète menée.

Un classement entre les différents ministères a ainsi pu être établi. Les notes vont de 13 sur 20 à -10. Le ministère de la Jeunesse dirigé par Valérie Fourneyron est le plus actif à combattre les discriminations avec une note de 13. Suivent les ministères de la Ville (François Lamy, 12 sur 20), du Logement (Cécile Duflot, 11 sur 20) et du Travail (Michel Sapin, 10 sur 20). Les autres ministères obtiennent des notes en dessous de 10. Avec -10, le ministère de l’Intérieur obtient la note la plus basse du classement.

« Plus fort que Guéant, plus fort que Besson », synthétise le rapport au sujet de Manuel Valls. « La circulaire Guéant sur les étudiants étrangers a été abrogée le 31 mai 2012. Cependant, dans les faits, il apparaît que beaucoup d’administrations n’en tiennent pas compte », est-il noté.

Concernant la lutte contre le racisme, « alors que François Hollande et Jean-Marc Ayrault s’étaient engagés en faveur des récépissés pour lutter contre le profilage ethnique et le contrôle au faciès, Manuel Valls s’y est opposé. Et c’est lui qui l’a emporté ! », est-il poursuivi.

Le rapport pointe également les expulsions d’étrangers sans papiers qui, sous Manuel Valls, ont été de « 36 822 » en 2012 alors qu’il y avait eu « en 2006, 24 000 reconduites à la frontière ».

« Il a assuré qu’il entendait « faire respecter la loi en démantelant un maximum de camps de Roms insalubres », sans jamais s’interroger sur la responsabilité des municipalités qui refusent de respecter la loi et d’aménager des aires d’accueil », dénonce le think tank.

« Le ministre de l’Intérieur et des Cultes prend très au sérieux la question de l’antisémitisme. En revanche, sur l’islam, il a pris parfois des positions fâcheuses, voire agressives. Sur l’affaire Baby-Loup, il a "regretté" la décision de la Cour de cassation devant l’Assemblée Nationale. C’est une position d’autant plus regrettable que les ministres (a fortiori le ministre de l’Intérieur) se doivent de respecter la séparation des pouvoirs. Qu’un ministre critique une décision de justice constitue une faute grave », lit-on également.

Par ailleurs, on peut constater dans ce baromètre que le chef du gouvernement ne donne pas l’exemple. En effet, le Premier ministre se classe juste devant le ministère de l’Intérieur avec une note de -6/20. Il « a refusé de créer un ministère chargé de la lutte contre le racisme, ou de l’égalité des chances, comme cela avait été fait en 2007. C’est dommage. Du coup, la lutte contre le racisme est le parent pauvre des politiques publiques, le Premier ministre créant de fait des discriminations dans la lutte contre les discriminations », est-il déploré.

« Plus grave encore, Jean-Marc Ayrault a reculé sur trois sujets majeurs, sur lesquels il s’était pourtant engagé : le droit de vote des étrangers, les attestations de contrôle et les réparations relatives à l’esclavage », ajoute la note de synthèse sur le Premier ministre.

En février, des personnalités avaient déjà réclamé la création d'un ministère de lutte contre les discriminations tout en fustigeant François Hollande de ne pas avoir tenu ses promesses dans ce domaine.

Un an après l’arrivée de la gauche au pouvoir, cette lutte est loin d’être une priorité du gouvernement.

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