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Sur le vif

Etats-Unis : le droit de réciter des prières chrétiennes au conseil municipal préservé

Rédigé par La Rédaction | Mercredi 7 Mai 2014



La Cour suprême des Etats-Unis a confirmé, lundi 5 mai, le droit de réciter des prières exclusivement chrétiennes au conseil municipal tant qu’elles ne font pas de prosélytisme, dans un souci affiché de préservation de l’héritage et de la tradition du pays.

Attendue depuis six mois, cette décision a été rendue – après la traditionnelle incantation « Que Dieu préserve les Etats-Unis et cette honorable Cour » – par des juges profondément divisés, selon un clivage politique marqué.

Cinq des neuf juges conservateurs, tous catholiques, ont refusé de modifier la tradition américaine qui autorise les incantations ou les prières aussi bien dans une petite assemblée locale que dans les hémicycles du Congrès (le Parlement américain), estimant que le droit de faire réciter des prières par un aumônier chrétien était compatible avec le premier amendement de la Constitution. Ce dernier interdit pourtant au gouvernement de favoriser une confession ou une catégorie de non-croyants.

Les juges qui n'ont pas soutenu la décision réclamaient non pas l’interdiction des prières, mais leur ouverture aux différentes croyances, pointant le caractère explicitement chrétien des incantations.

A Greece, une ville de l’Etat de New York de 96 000 habitants, le clergé local est invité à dire une prière tous les mois au début de chaque conseil municipal. Depuis huit ans, ces prières étaient exclusivement chrétiennes. Mais deux habitantes de la ville, l’une juive, l’autre athée, estimant qu'une telle pratique devant une assemblée législative était inconstitutionnelle, en particulier pour son prosélytisme chrétien, avaient porté l’affaire devant la Cour suprême. Ces prières devaient, selon elles, être clairement séparées des débats politiques ou, au moins, être non confessionnelles.

Les cinq juges conservateurs n’ont pas trouvé leurs arguments convaincants, arguant que si « les prières invoquent le nom de Jésus, elles invoquent aussi des thèmes universels comme l’esprit de coopération ». Aucune d’entre elles « ne dénigre, ne fait du prosélytisme ni ne trahit un principe du gouvernement », ont-ils estimé.

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