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Points de vue

Après l'assassinat de Samuel Paty - Liberté et fraternité : il est temps !

Rédigé par Vincent Feroldi, Colette Hamza, Claude Rault et Pierre Belhache | Jeudi 22 Octobre 2020 à 11:30

           


Après l'assassinat de Samuel Paty - Liberté et fraternité : il est temps !
« Je ne vois pas d’autre issue : que chacun de nous fasse un retour sur lui-même et extirpe et anéantisse en lui tout ce qu’il croit devoir anéantir chez les autres. Et soyons bien convaincus que le moindre atome de haine que nous ajoutons à ce monde nous le rend plus inhospitalier qu’il ne l’est déjà. Je ne crois plus que nous puissions corriger quoi que ce soit dans le monde extérieur que nous n’ayons d’abord corrigé en nous. » (1)

C’est avec ces mots d’Etty Hillesum, jeune juive morte à Auschwitz en 1941, que nous souhaitons d’abord réagir à l’évènement qui vient d’endeuiller la France, à savoir l’horrible assassinat de Mr Samuel Paty.

Face à l’horreur et à l’impensable, lorsque le seuil de l’école est franchi par la violence à travers l’assassinat d’un enseignant, comment ne pas se révolter, dénoncer, accuser et rejeter l’autre venu d’ailleurs et qui, au nom de sa religion, l’islam, ôte la vie d’un être humain, d’un époux, d’un père, d’un enseignant ?

Notre première réaction est avant tout une profonde tristesse pour cette victime et sa famille et la compassion pour leur immense douleur.

Lire aussi : Hommage national à Samuel Paty, un professeur devenu « un visage de la République »

En fraternité

Nous pensons à tous ses collègues, ses élèves, à l’ensemble des enseignants de ce pays, qui aiment leur métier et s’y donnent à fond pour construire avec les jeunes qui leur sont confiés l’avenir de notre nation.

Nous pensons aussi aux musulmans de ce pays, heurtés profondément par ce qui vient de se passer et qui, par des voix multiples, ont exprimé leur douleur et la condamnation sans condition de cet acte revendiqué au nom de leur religion qu’ils estiment ici dévoyée. Nous connaissons le travail de beaucoup de musulmans pour éduquer les consciences, relire les textes fondateurs à la lumière de notre temps, même si un long chemin reste à parcourir encore pour contrer les forces obscurantistes.

Lire aussi : Un professeur décapité à Conflans-Sainte-Honorine, l’effroi unanime des musulmans de France exprimé

Liberté et fraternité

Nous pensons à notre pays, la France, aux valeurs qui la fondent en sa devise : Liberté, Egalité, Fraternité, sans cesse à proclamer mais surtout à mettre en œuvre au quotidien, sachant que l’une ne va pas sans l’autre et que l’une ne prévaut jamais sur l’autre.

Notre société a un urgent besoin aujourd’hui d’une fraternité qui « a quelque chose de positif à dire à la liberté et à l’égalité ». Car, comme le rappelle le pape François dans son encyclique Fratelli Tutti, « sans une fraternité cultivée consciemment, sans une volonté politique de fraternité, traduite en éducation à la fraternité, au dialogue, à la découverte de la réciprocité et de l’enrichissement mutuel comme valeur, (…) la liberté s’affaiblit ». Elle doit toujours s’articuler avec la fraternité.

En ces jours où la liberté d’expression est rappelée avec force, nous nous souvenons qu’elle est un droit fondamental. Elle n’est cependant pas un droit absolu. La loi elle-même rappelle que certains propos sont interdits : « l’incitation à la haine raciale, ethnique ou religieuse, l’apologie de crimes de guerre, les propos discriminatoires à raison d’orientations sexuelles ou d’un handicap, l’incitation à l’usage de produits stupéfiants, le négationnisme. » (2) Au nom de la fraternité humaine, il est nécessaire d’approfondir la manière d’exercer la liberté d’expression dans le respect de l’altérité.

Nous vivons dans un monde blessé, une société meurtrie, sans cesse menacée par la violence, l’intolérance et le rejet de l’autre. « Les difficultés qui sont énormes sont une opportunité pour grandir et non une excuse à une tristesse inerte qui favorise la soumission. Mais ne le faisons pas seuls, individuellement. ( …) Nous sommes invités à nous mobiliser et à nous retrouver dans un "nous" qui soit plus fort que la somme de petites individualités. » (3) La liberté est à ce prix. Elle convoque un partenariat d’égaux qui va jusqu’à la fraternité.

Lire aussi : Fratelli Tutti : Vivre la fraternité, « un défi que nous devons relever ensemble dans la diversité de nos croyances et de nos cultures »

Après l'assassinat de Samuel Paty - Liberté et fraternité : il est temps !

Diversité et laïcité

Toutes ces dernières années, nous nous sommes habitués à ne voir que ce qui va mal, ce qui dérange notre confort, contrarie nos intérêts propres. N’est-il pas temps de regarder ce que nous offre notre monde, notre pays, la France, notre société pluriculturelle ? N’est-il pas temps de nous réjouir de ce que nous recevons les uns des autres du fait même de notre diversité que facilite la laïcité ?

Cette dernière est mise à mal par des voix contraires. Il y a celles qui la dénoncent, ne voyant en elle qu’un athéisme niant la place des religions. Il y a celles qui la défendent comme le dernier rempart face à des religions qui ne seraient qu’obscurantismes. Il y a celles qui l’instrumentalisent et en font une religion qui prévaut sur tout le reste.

Mais la laïcité n’est-elle pas voulue depuis l’origine dans la loi de 1905, comme le creuset qui permet aux différences religieuses, philosophiques et d’opinion de s’exprimer librement ?

Il est urgent de rappeler que « la laïcité n’est pas une opinion parmi d’autres, mais la liberté d’en avoir une. Elle n’est pas une conviction, mais le principe qui les autorise toutes, sous réserve du respect de l’ordre public ». C’est l’État qui est laïc et non la société. La dimension spirituelle y a toute sa place.

Les défis à relever

L’assassinat de Samuel Paty vient interpeller notre être ensemble, notre hospitalité, les fondements de notre société, la question de l’éducation, notre rapport à la religion, l’accueil des migrants. Il nous lance autant de défis pour répondre à ces questions, non plus par des discours, de bonnes intentions, mais par des actes concrets qui appellent une conversion profonde de nos manières d’être, de vivre ensemble, de faire société, d’habiter notre Maison commune.

Cet appel est lancé à chacun et chacune de nous, là où nous sommes, comme citoyen(ne)s et croyant(e)s.

Que nous faut-il inventer, mettre en œuvre ? Qui d’entre nous est prêt à écouter, discerner, accompagner, accueillir ? Qui d’entre nous est prêt à se confronter à la pensée de l’autre, à dialoguer, à exercer l’esprit critique et le débat ? Qui d’entre nous est prêt à s’engager auprès des enfants et des jeunes dans un travail d’éducation qui prenne en compte la personne dans toutes ses dimensions, matérielles et spirituelles ? Qui d’entre nous est prêt à lâcher son agenda pour prendre le temps de tisser la fraternité ?

Faudra-t-il un autre malheur pour entrer dans l’urgence des changements à opérer ? Il n’est que temps de nous réveiller.

Nous souvenant de toutes les victimes du terrorisme de par le monde, nous revient à l’esprit la prière de Christian de Chergé formulée après la visite au monastère de Tibhirine des islamistes algériens qu’il appelait les « frères de la montagne » :

« Je ne peux pas demander au bon Dieu : "Tue-le !"… Pas possible ! Alors ma prière est venue : "Désarme-le, désarme-les !" Ça, j’ai le droit de le demander. Et puis après, je me suis dit : "Est-ce que j’ai le droit de demander : "Désarme-le !", si je ne commence pas par dire : "Désarme-moi et désarme-nous en communauté !" Et, en fait, oui, c’est ma prière quotidienne, je vous la confie tout simplement ; tous les soirs, je dis : "Désarme-moi, désarme-nous, désarme-les !" » (4)

*****
Père Vincent Feroldi, Soeur Colette Hamza, Mgr Claude Rault et Père Pierre Belhache sont membres du Service national des relations avec les musulmans (SNRM), rattaché à la Conférence des évêques de France.

(1) Etty Hillesum (trad. Philippe Noble), Une vie bouleversée : Journal 1941-1943 [« Het verstoorde leven »], Paris, Éditions du Seuil, 1985.
(2) (3) La Maison des journalistes, « Les limites de la liberté d’expression », ici https://www.maisondesjournalistes.org/les-limites-de-la-liberte-dexpression/
(4) Christian de Chergé, L’invincible Espérance, 1997, Bayard Éditions.

Lire aussi :
Après l’assassinat de Samuel Paty, le message des imams et prêtres de Marseille « unis dans la fraternité »
Hommage national à Samuel Paty, un professeur devenu « un visage de la République »
A Bussy-Saint-Georges, un hommage interreligieux à l'initiative des musulmans rendu à Samuel Paty
La Liberté, notre bien le plus précieux - Hommage à Samuel Paty




Réagissez ! A vous la parole.

1.Posté par francois.carmignola@gmx.com le 22/10/2020 18:39 | Alerter
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Et clairement évoquée ici un débat nécessaire sur la définition et la pratique de ce qu'on appelle la laïcité.

On remarquera que les citations définissant ici la laïcité sont extraites du site de l'"observatoire de la laïcité", dont les dirigeants sont aujourd'hui ouvertement et publiquement contestés.

1) Tout d'abord, est mentionné dans le texte des références à l'interdiction légale de la haine "raciale, ethnique ou religieuse". Le terme est imprécis, car il pourrait laisser entendre que les obscènes moqueries à l'égard la religion islamique exprimées par les fameuses caricatures de Charlie Hebdo seraient de la haine "religieuse". En fait, est interdite et poursuivie l'expression de la haine contre les "groupes de personnes à raison de leur appartenance religieuse" (loi de 1972).
Cela n'est pas la même chose.

2) "approfondir la manière d’exercer la liberté d’expression dans le respect de l’altérité." semble signifier une demande de "durcissement" du principe ci-dessus. Je rappelle qu'une loi exagérément contraignante fut récemment totalement rejetée par le conseil constitutionnel comme violant la nécessaire liberté d'expression.

En régime de liberté, l'insulte publique aux opinions et aux religions (en tant que telles) est permise et ne fait "souffrir" que ceux qui s'en offusquent au lieu de les ignorer comme la dignité des vraies sagesses le recommande.

3) Est mentionné le caractère "pluricuturel" de la société. Il faut savoir que cela n'est pas accepté par les tenants de...  

2.Posté par Premier Janvier le 22/10/2020 19:16 | Alerter
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Et non François. La haine raciale ethnique ou religieuse sert à désigner les haineux pas les victimes. La haine est légalement interdite.

3.Posté par Premier Janvier le 22/10/2020 19:57 | Alerter
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L'interdiction de la haine est impossible. Elle est un sentiment. Ou de l'amour ou de la jalousie ou n'importe quel sentiment.
On ne peut pas interdire un sentiment. Par contre on peut tenter de faire en sorte que son expression qu'elle devienne périmée, honteuse, finisse par devenir rare et enfin disparaitre. On ne peut que cela.
On y réussira forcément car personne n'a le désir d'être mis au banc, d'être une honte.
On ne peut pas interdire l'expression de celui qui a proféré la haine, puisqu'il faut obligatoirement qu'il l'ai dite pour en avoir connaissance.
Les deux sont approximativement dîtes mais si l'on a la jugeotte on comprend très bien les deux.
Il en fait surtout et plutôt question de dissuasion.
Les lois n'ont jamais été faîtes pour être respectée mais pour dissuader.

4.Posté par francois.carmignola@gmx.com le 22/10/2020 23:31 | Alerter
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@premierJanvier
Je voulais dire, excusez moi, "l'incitation à" la haine et d'ailleurs c'est ce qui est mentionné dans l'article... Par contre c'est bien la destination de la haine en question qui est cause. On peut inciter à la haine d'une religion, mais pas d'un groupe de personnes en raison de leur religion...

Par contre, vous avez tort, les lois ont vocation à être respectées, et l'incitation à la haine d'un groupe de personnes en raison de leur religion est un délit punissable.

5.Posté par Henri-Pierre GUILLERME le 23/10/2020 12:20 | Alerter
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HPGIZEH
Quelqu'en soit l'objet, quelle qu'en soit la source, quelle qu'en soit la destination, l'incitation à la haine est condamnable et punissable. Elle présente un facteur perturbateur à tendance destructrice de la société dans laquelle vivent les personnes concernées (ici la République Française).
Il faut espérer que la République et l'Europe sauront trouver le moyen d'arrêter cette maladie dégénérative du web, il faut espérer que l'Education Nationale s'y attèle toujours davantage.
Cette ignominie est aussi dangereuse qu'une tribu de charançon dans un silo de blé !

PS : Pensée : et dire que ce sont des 'éduqués' d'âge mur qui instillent et entretiennent ces pensées mortifères dans la tête d'une jeunesse, une jeunesse qui conteste le 'professeur' et gobe sans discernement les propos les plus débiles. Et les parents ? et les Imams ? (... comme celui de Patin !!!! ???), et le clergé (... ceux qui ne sont pas pédophiles). Dieu merci, malgré leur nombre les pseudo assassins sont(encore) une rareté. Mais les 'extrêmes' de la République manipulent cette bombe un peu trop joyeusement, il faut que cela cesse. Entre haine débilitante et fraternité bisounours il doit bien y avoir un juste milieux, non ? on est bien sur la même échelle de valeurs morales ...
HPG

6.Posté par francois.carmignola@gmx.com le 23/10/2020 18:21 | Alerter
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Vous n'avez pas compris la nuance que j'introduisais, ou bien vous êtes partisan de l'interdiction du blasphème (incitation à la haine envers une religion ou une divinité). Cela n'est pas très à la mode en France, ces jours-ci, mais je suis sûr que vous n'êtes pas le seul.

7.Posté par Henri-Pierre GUILLERME le 24/10/2020 10:38 | Alerter
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HPGIZEH
à FC :

1- Mon commentaire concernait le papier de ce collectif (pas vos commentaires).

2- "Sacré nom de Dieu" est une phrase que j'ai entendu durant toute mon enfance, dit sur des tons révélateurs de la réelle intention de celui qui le prononçait. Et ma grand mère de dire "oh ! il blasphème !" (en se signant, peut-être, pour chasser le mauvais sort) et de continuer à tourner sa sauce ou à tricoter.

Et si le blasphème n'était pas du coté de celui qui le prononce, s'il était du côté de celui qui l'entend.
Et si le blasphème ne s'adressait pas à une personne (vous connaissez quelqu'un qui s'appelle dieu ? sans préfixe ni suffixe...-rire-) mais s'il s'adressait à une 'entité' totalement abstraite, qui dans la tête de celui qui le prononce en fait trop ou pas assez.
Et si le blasphème (ou moquerie, s'il s'agit d'un être humain, ce n'est pas la même chose) d'un personnage historique ayant vécu il y a plus d'un millénaire était ... dérisoire (Ciceron par exemple, ou Alexandre VI – mais c’est plus récent-)
Et s'il ne fallait pas confondre une pseudo interprétation politique du mot blasphème avec un quelconque ressentit émotionnel en relation avec une spiritualité.

Ce mot est aussi éculé que universel, paix, rassemblement, et autres termes du jargon politique ... et journalistique, utilisés pour des raisons tellement ... variées …

"Monsieur le juge cet homme à blasphémé !"
"Ca le regarde, Monsieur, ça ne vous regarde pas"
"Il m'insulte en le faisant"
"Comment ? il ne vous connait pas et vou...  

8.Posté par francois.carmignola@gmx.com le 24/10/2020 17:22 | Alerter
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@PHG
Nous sommes donc d'accord, le blasphème (toute expression injurieuse ou haineuse envers un objet de croyance), n'incite pas à la haine de ceux qui croient à l'objet du blasphème.

Pourquoi alors m'obliger à une critique inopportune en disant :

"Quelqu'en soit l'objet, quelle qu'en soit la source, quelle qu'en soit la destination, l'incitation à la haine est condamnable et punissable."

qui dit le contraire ?

9.Posté par Henri-Pierre GUILLERME le 24/10/2020 19:42 | Alerter
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HPGIZEH
à FC :
Personne ... de nous deux ...
-rire-

10.Posté par Premier Janvier le 24/10/2020 22:02 | Alerter
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La religion est soit une pratique soit une pensée.
Autrement la religion n'existe pas.
La haine de la religion est une phrase qui ne veut rien dire. L'amour de la religion non plus. Voyez par exemple les islamistes. Ils ont prétendument l'amour de leur religion tandis qu'ils ont la haine de leur religion. Ils sont une religion dans la religion.
Pour les lois, bien sur qu'elles ont vocation à être respectées.
C'est le non respect des biens, des personnes, des choses qui les fait naître. Autrement on n'en aurait pas besoin.
Mais elles étaient déjà respectées avant d'exister.
Faire respecter la loi par ceux qui ne la respectent pas passe par la dissuasion.

11.Posté par Henri-Pierre GUILLERME le 25/10/2020 11:09 | Alerter
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HPGIZEH
A 01/01

Si dans vos pensées, dans vos lectures, dans ce que vous écoutez vous remplacez RELIGION par SPIRITUALITE (voir note 1) vous obtiendrez un contexte très différent, totalement dépouillé d’implication politique par exemple.

Faites le test par curiosité.

Pour des raisons expliquées ailleurs cette expérience est infaisable * avec le Din Islam. Une partie seulement du Din Islam est concernée, le Din wa dunya. Le Din wa dawla, en complément, concerne le social et le politique. En principe, donc, il faudrait séparer deux concepts : ‘religion’ et ‘din islam’, leur contenus intrinsèques étant différents, même si il y a dans le Din Islam une composante ‘spirituelle’ (dont l’unicité de Dieu, mais pas que).

(*) = cf. dans les échanges avec FC le un petit glossaire.

On en arrive inévitablement au concept d’Islam politique, le Din Islam ayant sa charge socio-politique (Din wa dawla), reste à rappeler le ou les sens de POLITIQUE (voir note 2), direz-vous. Autre débat.

Note 1 : SPIRITUALITE (selon CNRTL, extrait)

− Qualité de ce qui est esprit ou âme, concerne sa vie, ses manifestations ou qui est du domaine des valeurs morales.
o b[[Corresp. à esprit en tant que principe immatériel] PHILOS., RELIG. Synon. immatérialité, incorporalité, incorporéité;]b anton. corporalité, corporéité, matérialité.
a) Qualité d'un être qui est esprit, qui n'a pas de corps. La spiritualité des anges, de Dieu, du Verbe. La spiritualité est le caractère et la qualité qui affectent les êtres immatériels: Dieu, le...  

12.Posté par francois.carmignola@gmx.com le 27/10/2020 07:45 | Alerter
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@HPG (8 et 9)
Je ne comprends pas votre réponse.
Vous vous contredisez, il me semble et dites le contraire de ce que vous aviez dit précédemment.
Ne s'adressant pas à des personnes, l'expression de la haine d'une religion n'est pas condamnable. Toutes les expressions de haine ne sont donc pas condamnables, comme vous l'aviez dit.

13.Posté par francois.carmignola@gmx.com le 27/10/2020 08:42 | Alerter
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@HPG
Vous avez une définition trop large du politique qui ne fait pas la différence entre din wa dawla, le slogan islamiste qui associe l'islam et l'Etat, et din wa dunia, le slogan qui associe l'islam et la société ou le monde.
Dans les deux, cas le culturel islamique s'associe au social et se constitue en "civilisation" séparée.

Il y a effectivement un islam "politique", qu'on commence à identifier nettement et à rejeter à raison car associé à des projets fascisants, mais il y a aussi un islam "culturel" porteur de visibilités et de pratiques variées.

Le monde occidental très fortement sécularisé a renoncé définitivement au caractère "religieux" de la société, c'est le sens (en fait très large) du mot "laïcité", et donc il oblige le religieux à renoncer pour toujours non seulement à la conduite de l'Etat, mais aussi à la régulation morale de la société. Le religieux, hors de pratiques cultuelles communautaires limitées est exclusivement réduit à la sphère privée et ne peut plus constituer l'esprit de la civilisation, sinon comme trace mémorielle ou historique respectée comme telle.

Comme vous le dites, cela n'est pas "pensé" par l'Islam (avec un grand I, la culture, la civilisation) qui n'a pas trouvé sa place entre ces gigantesques forces historiques qui nous broient tous.

14.Posté par Lavoisy Pierre le 02/11/2020 14:02 | Alerter
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ETTY HILLESUM DE CONFESSION JUIVE GAZÉE À AUSCHWITZ EN NOVEMBRE 1943 ET, ENTRE AUTRES, LE PASTEUR ALLEMAND DIETRICH BONHOEFFER MIS À MORT PAR LA GESTAPO EN 1945, SONT DES PROPHÈTES QUI DISQUALIFIENT LES VIEILLES THÉOLOGIES CHRÉTIENNES D'UN DIEU OMNISCENT ET OMNIPOTENT, DIEU QUI FUT SILENCIEUX DURANT L'EXTERMINATION DU PEUPLE JUIF
AINSI
AVEC LA PHRASE LUMINEUSE D' ETTY HILLSUM DE CONFESSION JUIVE GAZÉE A AUSCHWITZ LE 30 NOVEMBRE 1943, CE MESSAGE A L'IMMENSE MÉRITE DE MONTRER QUE LE COMBAT CONTRE LE FANATISME EST D'ABORD UN COMBAT CONTRE SOI-MÊME : COMBAT LE PLUS DUR APPELÉ GRAND DJIHÂD PAR NOS AMIS MUSULMANS.

Tout en précisant, uniquement à titre personnel, que je n'apprécie pas trop les caricatures de Charlie-Hebdo qui sont trop souvent grossières, et je préfèré, et de loin, les caricatures de Chappatte et de Plantu contre la dimension obscure du christianisme et de l'islam, effet direct de nos propres dimensions obscures, je tiens à préciser un certain nombre de points face à une conception, que j'estime erronée, de la fraternité


=>1) La laïcité distingue le respect à la personne encadré par la loi et le droit absolu de critiquer toute opinion/conviction politique, philosophique, religieuse qui structure nécessairement toute personne, je dis bien toute personne.
DANS NOS SOCIÉTÉS SÉCULARISÉES, LA RELIGION N'EST PAS UNE CRÉATION DIVINE MAIS UN PHÉNOMÈNE CULTUREL COLLECTIF EN RÉPONSE À CE QUE LES CROYANTS DE LA-DITE RELIGION APPELENT RÉVÉLATION : RÉVÉLATION JUIVE DU PREMIER TES...