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Politique

Hommage national à Samuel Paty, un professeur devenu « un visage de la République »

Rédigé par Saphirnews | Mercredi 21 Octobre 2020 à 22:25

           


Hommage national à Samuel Paty, un professeur devenu « un visage de la République »
Cinq jours après l'attentat à Conflans-Sainte-Honorine, un hommage national a été rendu, mercredi 21 octobre, à Samuel Paty à la Sorbonne. Ce moment a été marqué par l'entrée du cercueil du professeur sur une émouvante chanson de U2 « One », choisie par la famille, qui fut naturellement présente à cette commémoration. Avec elle, près de 400 personnes étaient invitées.

Après les lectures de trois textes en hommage à l'enseignant, ce fut au tour d'Emmanuel Macron de saluer sa mémoire, indiquant au préalable son refus de parler de la lutte contre l'islamisme radical.

« Les mots, je les ai eu. Le mal, je l'ai nommé. Les actions, nous les avons décidées. Je ne parlerai pas du cortège de terroristes, de leurs complices et des lâches qui ont rendu possible cet attentat. Je ne parlerai pas de ceux qui ont livré son nom aux barbares. De noms, eux, n'en ont même plus », a-t-il déclaré.

Le chef de l'Etat, qui a remis la Légion d'honneur à titre posthume à l'enseignant, a concentré son discours sur un homme qui « aimait passionnément enseigner et il le fit si bien, dans plusieurs collèges et lycées jusqu'à celui de Conflans-Sainte-Honorine ».

Un professeur devenu « un visage de la Republique »

« Samuel Paty avait lu le Coran, s'intéressait à la civilisation musulmane. Non, Samuel Paty n'était pas l'ennemi. Il fut tué précisément pour tout cela, parce qu'il incarnait la République qui renait chaque jour dans les salles de classe, la liberté qui s'y transmet », a-t-il affirmé.

« Il fut tué car les islamistes veulent notre futur. Ils savent qu'avec des héros tranquilles comme lui, ils ne l'auront jamais. Eux séparent les fidèles et les mécréants, Samuel Paty ne connaissait que les citoyens. Eux cultivent la haine de l'autre, lui voulait en voir le visage, découvrir les richesses de l'altérité. Samuel Paty fut la victime de la conspiration funeste, de la bêtise, du mensonge, de la haine, de l'amalgame », a poursuivi le président.

« Professeurs, nous défendrons la liberté que vous défendez si bien. Nous ne renoncerons pas aux caricatures, aux dessins, même si d'autres reculent », a-t-il martelé.

« Nous offrirons toutes les chances que la République doit à toute sa jeunesse. Avec tous les instituteurs, nous enseignerons l'histoire, ses gloires et ses vicissitudes. Nous enseignerons la musique, toutes les œuvres de l'âme et de l'esprit, le débat. Nous aimerons la science et la controverse. Nous chercherons à comprendre encore davantage cela qu'on aimerait éloigner de nous. Nous apprendrons l'humour, la distance, nous rappellerons que nos libertés ne tiennent que par la fin de la haine et de la violence, par le respect de l'autre. »

La cérémonie s'est achevée par la sortie du cercueil, après une minute de silence. Les hommages vont se poursuivre, nombreux, les prochains jours à travers la France.

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