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Villepin: 'l'immense majorité des musulmans de France' sont tolérants  17/11/2005

Dominique de Villepin a mis en garde jeudi contre les "risques d'amalgame" entre islam et islamisme, soulignant que "l'immense majorité des musulmans de France vivent dans le respect des valeurs de tolérance et de laïcité de notre République".

"Ils condamnent avec fermeté l'instrumentalisation, par les courants extrémistes, du message de paix de l'islam", a insisté le Premier ministre, qui participait à Paris à la journée consacrée aux "Français face au terrorisme".

Tout en reconnaissant que "l'islamisme risque de se propager dans nos pays, notamment auprès des jeunes", il a estimé que c'est grâce à une information "précise et objective" que "nous parviendrons à éviter tout risque d'amalgame".

M. de Villepin a salué à cette occasion "les avancées accomplies par le Conseil français du culte musulman pour proposer des solutions dans le domaine de la formation des imams et du recrutement des aumôniers de prison".

"C'est un point particulièrement important car nous savons aujourd'hui que les prisons sont un lieu de recrutement privilégié pour un certain nombre de filières", a-t-il dit.

Au plan international, le Premier ministre a réaffirmé l'importance de "la résolution des crises régionales", qui sont "autant de plaies que les groupes terroristes n'hésiteront pas à exploiter et à instrumentaliser, comme c'est le cas actuellement en Irak".

Inquiétudes de responsables du CFCM après la crise des banlieues  17/11/2005

Des responsables du Conseil français du culte musulman (CFCM) ont fait part jeudi de leur inquiétude pour les musulmans de France après les récentes violences dans les banlieues.

"Ce qui s'est passé n'avait rien à voir avec l'islam", a insisté devant des journalistes le président du CFCM Dalil Boubakeur, également recteur de la grande mosquée de Paris.

"Les musulmans de France ne veulent pas être des boucs émissaires dans les pannes de l'intégration", a-t-il ajouté. Il a également dénoncé "les clichés sur l'islam et l'ignorance crasse qui entoure sa pratique", critiquant la mise en cause par certains de la polygamie, "qui fait partie des éléments de la charia que nous rejetons: avant la charia il y a la loi".

M. Boubakeur qui s'exprimait aux côtés du recteur de la grande mosquée de Lyon Kamel Kabtane et du président de la Fédération nationale des musulmans de France (FNMF) Mohamed Bechari (que la justice a confirmé le 9 novembre dans ses fonctions), a dénoncé les tentatives d'utiliser l'influence des responsables musulmans.

"Nous sommes très inquiets aujourd'hui en tant que communauté musulmane car il y a une montée aiguë de l'islamophobie dans le silence total des partis", a déclaré M. Bechari.

"A aucun moment on n'aurait dû engager la religion dans ce débat", a renchéri M. Kabtane dont la mosquée a été la cible d'un cocktail Molotov et qui s'est associé à la plainte déposée par le Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples) contre le président du Mouvement pour la France (MPF) Philippe de Villiers. L'affaire sera plaidée le 19 janvier à Bobigny (Seine-Sainte-Denis), selon l'avocat du Mrap.

Parallèlement, M. Boubakeur a implicitement critiqué la publication d'une fatwa (avis religieux) appelant les jeunes au calme par l'Union des organisations islamiques de France (UOIF, également membre du CFCM). "On ne peut servir de pompiers là où il y a des incendies sociaux, ce n'est pas à nous d'intervenir dès qu'un monsieur s'appelle Mohamed", a dit M. Boubakeur.

"Le CFCM traverse vraiment une période de turbulences", a ajouté M. Boubakeur, dénonçant une "atmosphère de campagne" avant les échéances électorales et souhaitant une mise en place rapide de la Fondation pour les oeuvres de l'islam lancée en mars par les grandes fédérations de mosquées, qui doivent se réunir à ce propos le 23 novembre.

Mouvement de solidarité avec des opposants tunisiens en grève de la faim  16/11/2005

Quelque 20 responsables d'ONG, de partis politiques et de syndicats marocains observaient mercredi à Rabat une grève de la faim de 24 heures en solidarité avec sept opposants tunisiens, a-t-on appris auprès des organisateurs.

Les sept opposants tunisiens, en grève de la faim depuis le 18 octobre, comptent parmi eux le porte-parole du Parti communiste des ouvriers tunisiens (PCOT, interdit), Hamma Hammami, le président du syndicat des journalistes (non agréé), Lotfi Hajji, et le président de l'Association internationale de soutien aux prisonniers politiques (AISPP, non reconnue), Mohamed Nouri.

"La grève des démocrates tunisiens a dévoilé la situation des droits de l'Homme en Tunisie même pour ceux qui ne voulaient pas la voir", a déclaré le président de la "Coordination marocaine de soutien aux démocrates tunisiens (Comasodet)", Mohamed El Aouni, lors d'un meeting mercredi soir à Rabat.

Il a exhorté les grévistes tunisiens à "cesser leur mouvement dès la clôture du sommet sur la société de l'information (SMSI)", ouvert mercredi à Tunis.

Parmi les grévistes marocains figurent Younès Moujahid, secrétaire général du Syndicat national de la presse marocaine, Abdelhamid Amine, président de l'Association marocaine des droits humains, Nabila Mounib au nom du Parti socialiste unifié (PSU) et Khadija Ghamiri, de l'Union marocaine du travail (UMT).

Les participants au meeting ont annoncé qu'ils devaient envoyer jeudi une lettre au secrétaire général de l'Onu Kofi Annan. "Nous vous exhortons à intervenir auprès du président tunisien pour trouver une issue à la situation des démocrates tunisiens en grève de la faim", souligne la lettre à Kofi Annan.

"Nous constatons l'absence en Tunisie de la liberté d'opinion et d'expression qui est la base même de la circulation des informations et de la connaissance", ajoute la lettre en allusion à la tenue à Tunis du SMSI sous l'égide de l'Onu.

Un nouveau film de fiction en préparation sur les attentats du 11 Septembre  16/11/2005

Un réalisateur américain prépare un nouveau film de fiction sur les attentats du 11 septembre 2001, avec les acteurs Don Cheadle et Adam Sandler en tête d'affiche, a indiqué mercredi la presse spécialisée de Hollywood.

Mike Binder, réalisateur des "bienfaits de la colère" en 2004, mettra en scène "Reign O'er Me", racontant l'histoire d'un homme qui perd toute sa famille dans les attentats.

Adam Sandler, jusqu'ici abonné aux rôles comiques, jouera le rôle principal de ce drame aux côtés de Cheadle, nommé cette année aux Oscars pour son rôle dans "Hotel Rwanda". Ce dernier jouera un professeur ami du héros et qui tente de l'aider à dépasser l'épreuve, a précisé le journal Variety.

Le studio Sony Pictures Entertainment est en pourparlers pour distribuer le film, dont le tournage pourrait avoir lieu l'année prochaine avec un budget relativement modeste de 20 millions de dollars.

Ce projet est au moins le troisième à prendre forme sur les pires attentats de l'histoire sur le sol américain, signant la fin d'un tabou maintenu pendant quatre ans par Hollywood sur un thème sensible et toujours très présent dans la mémoire collective.

Le metteur en scène Oliver Stone a commencé à filmer pour la Paramount un long-métrage dont l'acteur principal sera Nicolas Cage, et qui racontera l'histoire dramatique de deux policiers piégés dans les tours du World Trade Center à New York. Sa sortie est prévue le 11 août 2006 aux Etats-Unis.

De son côté, le studio Universal prépare un film sur l'histoire en temps réel du vol 93 de United Airlines, quatrième avion détourné le 11 septembre 2001 et qui s'était écrasé en Pennsylvanie (est) dans des circonstances mystérieuses.

Le studio Columbia a de son côté acheté les droits du livre américain "102 minutes", qui raconte les opérations de sauvetage entreprises entre le moment où le premier avion a frappé le World Trade Center à 8H46 et l'effondrement de la première tour à 10H28.

Du côté des téléfilms, le réseau américain ABC travaille également à une série en plusieurs parties sur les attentats. En revanche, son concurrent NBC, qui était en train de mettre en route un projet similaire en huit épisodes, y a renoncé.

Dès 2002, la chaîne payante HBO avait produit "In Memoriam: New York, 09/11/01", un documentaire sur les attentats. Un autre documentaire, "9/11", basé sur le travail des cameramen français Jules et Gédéon Naudet, avait également été diffusé.

Le film de Michael Moore "Fahrenheit 9/11", Palme d'Or à Cannes en 2004, sur la "guerre contre le terrorisme" lancée par le président américain George W. Bush à la suite du 11-Septembre, n'avait diffusé aucune image des attentats, mais simplement une bande sonore de ceux-ci sur fond d'écran noir.

Banlieues: la cote de popularité de Nicolas Sarkozy en hausse  16/11/2005

La popularité de Nicolas Sarkozy fait un bond de onze points, pour s'établir à 63% d'opinions favorables en novembre, dans un sondage Ipsos pour l'hebdomadaire Le Point réalisé pendant la crise des banlieues.

Le ministre de l'Intérieur n'est pas le seul à bénéficier du souhait des Français d'un retour à l'ordre.

La cote de popularité de Jacques Chirac progresse de six points par rapport à octobre pour atteindre 39% d'opinions favorables, contre 58% d'opinions défavorables (62% en octobre).

Le Premier ministre, Dominique de Villepin, voit sa cote progresser de sept points, passant de 43% d'opinions positives en octobre à 50% en novembre. Les mécontents baissent de 49% à 44%.

Interrogés directement sur la gestion de la crise des banlieues par les autorités, les sondés accordent majoritairement leur confiance à Nicolas Sarkozy.

Ils sont 41% à approuver l'action du chef de l'Etat dans cette crise, contre 54% qui la désapprouvent. Ils sont 62% à approuver l'action du Premier ministre, contre 32% qui la désapprouvent.

Mais ils sont 68% à approuver l'action du ministre de l'Intérieur, contre 30% qui la désapprouvent.

"Les progressions les plus nettes, on les observe dans les catégories populaires et dans les classes moyennes", a fait remarquer Pierre Giacometti, directeur général de l'Ipsos.

"C'est intéressant au regard de ce que l'on sait de l'interrogation de ces catégories de population qui sont concernées par ces problèmes de vie quotidienne dans les banlieues", a-t-il ajouté sur l'antenne de LCI.

Les sondés sont 39% à avoir confiance en Jacques Chirac pour apporter des solutions durables à la situation des banlieues défavorisées, contre 59% qui ne lui font pas confiance.

Ils sont 58% à avoir confiance en Dominique de Villepin, contre 40% qui ne lui font pas confiance, et 64% à faire confiance à Nicolas Sarkozy, contre 35% qui ne lui font pas confiance.

Les personnes interrogées sont 63% à approuver la décision du ministre de l'Intérieur d'expulser des étrangers arrêtés lors des violences urbaines, contre 32% qui la désapprouvent.


Le sondage porte aussi sur le "potentiel électoral présidentiel" des responsables politiques.

Là aussi, Nicolas Sarkozy enregistre une forte progression, de dix points en un mois. Dix-neuf pour cent des sondés seraient certains de voter pour lui au premier tour de l'élection présidentielle en 2007 et pour 42% il serait possible de voter pour lui, soit un potentiel de 61%.

Dominique de Villepin se classe en deuxième position, en hausse de deux points par rapport à octobre. Cinq pour cent des sondés seraient certains de voter pour lui et pour 48% il serait possible de voter pour le Premier ministre au premier tour de l'élection présidentielle, soit un potentiel de 53%.

Le socialiste Bernard Kouchner est troisième, avec un potentiel de 46% (en recul de six points).

Une étude détaillée des résultats révèle que Nicolas Sarkozy bénéficie d'un soutien quasi total chez les sympathisants de l'UMP, le parti qu'il préside, mais aussi chez les sympathisants du Front national d'extrême droite et de l'UDF.

Le ministre de l'Intérieur a un potentiel électoral présidentiel de 84,5% chez les sympathisants du FN et du MNR. Ce potentiel d'extrême droite n'est que de 28,1% pour Jacques Chirac et de 51,5% pour Dominique de Villepin.

"La popularité de Nicolas Sarkozy ne progresse pas à droite, elle a atteint un tel niveau d'intensité qu'aujourd'hui les marges de progression sont faibles", a estimé Pierre Giacometti.

Il a en revanche souligné son "niveau record de popularité dans l'électorat du Front national (...), à peine un peu moins que le score enregistré dans l'électorat de l'UMP."

En outre, pour le directeur d'Ipsos, "compte tenu de climat ambiant très hostile à Nicolas Sarkozy à gauche", on note une hausse de 13 points dans l'électorat socialiste.

"Aujourd'hui, près d'un électeur socialiste sur deux a une bonne opinion du ministre de l'Intérieur. On est évidemment assez loin, là, du discours général des principaux leaders socialistes à l'égard du ministre de l'Intérieur."

Cette enquête a été réalisée le 12 novembre par téléphone auprès de 958 personnes.


Banlieues: une partie de la droite incrimine la polygamie  16/11/2005

Plusieurs responsables politiques de droite ont brandi l'argument de la polygamie comme explication de la crise dans les banlieues.

Leurs déclarations ont provoqué la colère des associations de lutte contre le racisme.

"Ces discours prennent sciemment le risque de renforcer la xénophobie et le racisme", après trois semaines de violences, s'est indignée la Ligue des droits de l'Homme.

"En désignant du doigt un groupe spécifique et ultra-minoritaire de population, (les hommes politiques) excluent, rejettent, au risque d'aggraver encore la situation", a estimé pour sa part le Mrap.

Successivement, le ministre délégué à l'Emploi, le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale et le ministre de l'Intérieur ont mis en cause ouvertement la polygamie.

Dans un entretien publié par L'Express, Nicolas Sarkozy souligne cependant qu'il n'y a pas à lutter contre la polygamie puisqu'elle est interdite en France mais il faut, aux dires du ministre de l'Intérieur, repenser "les conditions de mise en oeuvre du regroupement familial".

Lundi, lors de son allocution radio-télévisée consacrée aux événements de ces trois dernières semaines, Jacques Chirac a prôné l'application "stricte" des règles du regroupement familial, une politique qu'il a lui-même mis en place dans les années 70 lorsqu'il était Premier ministre.

"C'est la réussite de notre politique d'intégration qui est en jeu", a déclaré le chef de l'Etat.

Pour Gérard Larcher, ministre délégué à l'Emploi, dont les propos sont rapportés par le Financial Times mercredi, les mariages multiples au sein de la population immigrée française sont un des facteurs de la discrimination raciale.

Interrogé par Reuters, l'entourage de Gérard Larcher a relativisé ces déclarations, "extraites d'une conversation a bâtons rompus dans laquelle Gérard Larcher évoquait tous les facteurs qui contribuent à la situation que l'on connaît" devant des représentants de la presse étrangère.

"La polygamie n'est pas une des causes prépondérantes (des) événements actuels", a-t-on insisté de même source.


Mais Bernard Accoyer, chef des députés UMP a renchéri.

La polygamie, "c'est l'incapacité d'apporter une éducation telle qu'elle est nécessaire dans une société organisée, normée", a-t-il déclaré au micro de RTL.

Le député de Haute-Savoie a contesté la gestion de ce dossier par les gouvernements de gauche, de 1981 à 1992.

"Il y a eu (pendant cette période) un grand nombre de familles polygames qui sont venues en France. Et cela pose, maintenant, des problèmes qui sont, notamment, en partie la cause des désordres que nous avons eus", a-t-il dit.

Ensuite, de 1997 à 2002, pendant que Lionel Jospin dirigeait le gouvernement, "les chiffres du regroupement familial ont doublé", passant "à peu près, de 17.000 à plus de 30.000 par an", a-t-il ajouté.

Dans un communiqué, le président du Front national,, Jean-Marie Le Pen, se félicite que l'un des "tabous sur le désastre de l'immigration incontrôlée" ait sauté à la faveur de la crise dans les banlieues.

Pour la Ligue des droits de l'Homme, "ni la polygamie, dont les premières victimes sont les femmes, ni le droit de vivre en famille n'expliquent la crise sociale qui s'exprime".

Elle estime, dans un communiqué, qu'"il est nauséabond et irresponsable de faire ainsi des étrangers la cause de la situation que connaît notre pays".

Le Mrap (Mouvement contre la racisme et pour l'amitié des peuples) exprime sa "consternation devant l'hystérie politique".

Par leurs propos, Gérard Larcher et Bernard Accoyer "ethnicisent une révolte révélatrice d'une faillite du modèle français d'intégration en renonçant à prendre en compte l'exclusion, la pauvreté, le chômage dans les zone de non-droit social que sont les cités populaires", dit l'organisation.


Le prince héritier d'Abou Dhabi jette l'anathème sur Al-Qaïda et Zarqaoui  16/11/2005

Le prince hériter d'Abou Dhabi, cheikh Mohammad Ben Zayed Al-Nahyane, en visite en Jordanie, a appelé les oulémas à jeter l'anathème sur le réseau Al-Qaïda et l'extrémiste jordanien Abou Moussab Al-Zarqaoui dont le groupe a revendiqué les attentats d'Amman.

"Les dignitaires religieux et oulémas qui vivent parmi nous se doivent de se prononcer sur le terrorisme (...) et de jeter l'anathème sur eux", a dit cheikh Mohammad dans une déclaration à la chaîne de télévision Al-Arabiya, basée à Dubaï, en référence au réseau d'Oussama ben Laden et Zarqaoui.

Il commentait les attentats suicide contre trois hôtels à Amman le 9 novembre, qui ont fait 58 tués et qui ont été revendiqués par le groupe du chef d'al-Qaïda en Irak, Abou Moussab al-Zarqaoui.

"En l'absence d'une position sincère, de tels actes contraires à la religion et à l'humanité vont se poursuivre", a ajouté cheikh Mohammad, commandant en chef adjoint des forces armées des Emirats arabes unis.

"Le terrorisme est perpétré au nom de l'islam, et il n'y a pas de raison d'en rejeter la responsabilité sur autrui (...). Nous sommes les mieux placés pour l'affronter et le combattre", a-t-il encore dit.

TV5 rapatrie une de ses équipes sous 'surveillance étroite' en Tunisie  15/11/2005

La chaîne francophone internationale TV5 Monde a indiqué mardi que son équipe présente ces derniers jours en Tunisie avait été "confrontée à une surveillance étroite" samedi, sans violence physique ni intimidation, et que la direction de la chaîne avait décidé de la rapatrier.

Le ministère français des Affaires étrangères avait annoncé mardi qu'un nouvel "incident" visant des médias étrangers s'était produit à Tunis, impliquant cette fois TV5, alors que le Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI) doit s'ouvrir mercredi dans la capitale tunisienne. Le ministère avait évoqué un "incident" sans donner de précisions.

Dans un communiqué, TV5 a expliqué que son équipe était "en mission en Tunisie pour y effectuer un reportage sur l'action de l'Union européenne en Afrique du Nord".

Cette équipe "a été confrontée à une surveillance étroite d'agents en civil". "Il a été constaté que les personnes interviewées dans le cadre de ce reportage étaient par ailleurs soumises à des questions de la police", a précisé la chaîne.

"Dans ces conditions, la direction de la chaîne a décidé de rapatrier son équipe à Paris", a ajouté TV5.

La chaîne a souligné que "cet incident n'a cependant donné lieu à aucune violence physique ni intimidation particulière" de son équipe.

TV5 a également "précisé que ce reportage n'avait aucun rapport avec le Sommet mondial de la société de l'information".

L'incident a eu lieu "samedi et il n'y avait plus d'équipe de TV5 mardi en Tunisie", a déclaré à l'AFP un porte-parole de la chaîne, sans pouvoir préciser la date du retour de cette équipe à Paris. L'équipe de TV5 comptait deux collaborateurs, a indiqué une autre porte-parole de la chaîne.

Un porte-parole du Pentagone confirme l'usage de phosphore blanc à Falloujah  15/11/2005

L'armée américaine a utilisé du phosphore blanc lors des opérations contre la ville irakienne de Falloujah fin 2004, a confirmé un porte-parole du Pentagone interrogé mardi par la BBC.

"Nous l'avons utilisé comme arme incendiaire contre des combattants ennemis", a déclaré le lieutenant-colonel Barry Venable en réponse à une question.

La chaîne d'information italienne RaiNews 24 affirmait le 8 novembre, dans un reportage, que les forces américaines avaient utilisé le phosphore blanc à Falloujah en novembre 2004. Selon la Rai, cet agent provoquant des brûlures mortelles aurait servi contre des civils, parmi d'autres armes chimiques.

"Le phosphore blanc est une arme conventionnelle. Ce n'est pas une arme chimique", a répliqué mardi le porte-parole américain: "Il n'est pas illégal".

"Nous l'utilisons en priorité comme un agent obscurcissant, pour des écrans de fumée ou pour illuminer des cibles", a-t-il précisé. "C'est toutefois une arme incendiaire qui peut être utilisée contre des combattants ennemis".

Le lieutenant-colonel Venable a expliqué à la BBC la technique d'emploi du phosphore blanc mise en oeuvre à Falloujah.

"Quand vous avez des forces ennemies à couvert, que votre artillerie à explosifs puissants n'a pas d'impact et que vous voulez les sortir de ces positions", a-t-il dit, "l'une des techniques est de tirer du phosphore blanc dans la position. Les effets combinés du feu et de la fumée, et dans certains cas la terreur causée par l'explosion, les feront sortir des trous, de façon à ce que vous puissiez les tuer avec des explosifs puissants".

"Les forces américaines n'utilisent pas de napalm ni de phosphore blanc comme une arme", avait nié Robert Tuttle, l'ambassadeur américain en Grande-Bretagne, dans une lettre mardi au quotidien britannique The Independent.

Le reportage de RaiNews était fondé sur le témoignage d'un ancien combattant américain déclarant avoir "vu les corps brûlés de femmes et d'enfants". Il donnait également la parole à des civils de Falloujah décrivant "une pluie de feu sur la ville" et des personnes mortellement brûlées".


Sarkozy: 10 procédures d'expulsion d'émeutiers étrangers engagées  15/11/2005

Le ministre français de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, a annoncé mardi à l'Assemblée nationale que dix procédures d'expulsions d'étrangers ayant participé aux émeutes des banlieues avaient été "engagées" mardi.

"Dix procédures ont été engagées aujourd'hui", a déclaré M. Sarkozy devant les députés.

Le ministre de l'Intérieur avait fait part la semaine dernière de son intention d'engager des procédures d'expulsions contre les étrangers ayant participé aux émeutes entamées le 27 octobre.

Les mineurs ne peuvent être l'objet d'une telle mesure. Ceux qui sont arrivés avant 13 ans ou qui ont de forts liens familiaux avec la France bénéficient de protections.

"Il ne s'agit pas de faire du chiffre, c'est une question de principe", avait expliqué samedi le ministre à propos du nombre de personnes que cette mesure concernerait.

"Tous ceux qui pourront être expulsés dans le cadre de la loi le seront parce qu'ils ont participé à des émeutes", avait ajouté le ministre.

Les violences urbaines ont surtout touché des banlieues deshéritées dont les habitants sont en majorité originaires du Maghreb et d'Afrique noire.


80% des interpellés en banlieues seraient connus de la police  15/11/2005

Le directeur général de la police nationale (DGPN), Michel Gaudin, établit un lien entre les violences urbaines de ces trois dernières semaines et la criminalité de droit commun.

"Nous ne voyons aucun lien dans ces violences avec des institutions ou des préoccupations religieuses", déclare-t-il dans une interview au journal Le Monde. "En revanche, le lien avec la criminalité de droit commun est établi, puisque la police connaissait déjà 80% des interpellés."

Selon un bilan du ministère de l'Intérieur, 2.838 personnes ont été interpellées en 19 nuits de troubles.

"Nous devons tirer les leçons de cette crise", souligne Michel Gaudin, qui fait état de la préparation d'une cinquantaine d'opérations des groupes d'intervention régionaux (GIR), spécialisés dans la lutte contre l'économie souterraine.

"Il faut aussi régler le problème de l'adéquation entre les horaires de la police et les activités des délinquants", ajoute-t-il. "Jusqu'à présent, il n'y avait pas assez de policiers disponibles la nuit."


Villepin au Maroc pour célébrer l'indépendance sans 'amertume'  15/11/2005

Dominique de Villepin, qui se rend mercredi au Maroc pour les cérémonies du cinquantenaire de l'indépendance, souligne que les "moments délicats" de l'Histoire n'ont laissé "aucune amertume" et que l'amitié entre Paris et Rabat est "exceptionnelle".

"Nous avons avec le Maroc un partenariat exemplaire, caractérisé par des relations exceptionnelles, denses et confiantes. Celui-ci est bien évidemment le fruit d'une longue histoire, qui a pu connaître des moments délicats, mais n'a laissé aucune amertume", déclare le Premier ministre français dans un entretien au Matin et aux journaux du groupe Maroc Soir, à paraître mercredi mais déjà diffusé sur internet.

"Cet héritage historique commun est pour nos deux pays une force", souligne-t-il avant d'estimer que la relation entre Paris et Rabat est "aujourd'hui rythmée par des contacts à haut niveau particulièrement denses qui témoignent du caractère exceptionnel de cette amitié".

Dominique de Villepin, qui est né à Rabat il y a 52 ans, se dit "convaincu qu'un heureux dénouement peut toujours être trouvé lorsque deux pays le veulent vraiment, et qu'ils bâtissent sur une histoire commune riche d'enseignements".

"Le simple fait que nous puissions célébrer aujourd'hui si naturellement avec nos partenaires le cinquantième anniversaire de leur indépendance est plus éloquent que bien des discours", note le chef du gouvernement, qui sera accompagné mercredi à Rabat par l'épouse du président français, Bernadette Chirac.

Dominique de Villepin, qui rappelle que 85.000 soldats marocains ont combattu dans les armées alliées pendant la seconde guerre mondiale, salue "le refus de Mohammed V de s'incliner devant les lois antisémites du régime de Vichy et son souci de veiller sans discrimination à la sûreté de tous ses sujets", qui "sont un autre témoignage de son engagement en faveur de la liberté".


Le président du CFCM dénonce 'une islamophobie inquiétante et entretenue'  15/11/2005

Le jet d'engins incendiaires contre une mosquée de Saint-Chamond (Loire) illustre "une islamophobie inquiétante et savamment entretenue" à la faveur de la crise des banlieues, a dénoncé mardi Dalil Boubakeur, président du Conseil français du culte musulman (CFCM).

"Cet acte méprisable est une illustration d'une islamophobie inquiétante et savamment entretenue dont est victime l'ensemble des musulmans de France", selon un communiqué de M. Boubakeur, qui est aussi recteur de la Grande Mosquée de Paris.

"L'argument trop commode de faire de l'islam le bouc émissaire des violences observées ces derniers jours dans les banlieues trouve malheureusement des échos complaisants qui risquent de mettre en danger les lieux de culte", poursuit M. Boubakeur, avant de saluer "le discours ferme" du président de la République, "une réponse claire à tous les amalgames".

Selon le communiqué, trois bouteilles incendiaires ont été projetées sur les murs de la mosquée, provoquant des dégâts sur la façade et l'arrière du bâtiment. La police et le trésorier de la mosquée, installée depuis 1994 dans un ancien garage, ont fait état de très peu de dégâts.

Le président du Conseil régional du culte musulman (CRCM) Rhône-Alpes, Azzedine Gaci, a appelé à ne pas céder à ces "provocations", estimant qu'"il ne faut pas transformer cette crise sociale et économique en crise religieuse".

Dans la nuit de samedi à dimanche, la grande mosquée de Lyon avait été la cible d'un engin incendiaire, qui n'a pas fait de dégâts.

Vendredi, au milieu de la grande prière, deux engins incendiaires avaient été lancés contre la mosquée de Carpentras (Vaucluse), causant de légers dégâts.

Dans la nuit du 7 au 8 novembre, un engin incendiaire avait été lancé en direction d'une salle de prière musulmane à Annemasse (Haute-Savoie), sans faire de dégâts.

Quatre mois de prison ferme contre José Bové pour arrachage  15/11/2005

L'ancien chef de la Confédération Paysanne José Bové a été condamné à quatre mois de prison ferme pour le fauchage d'un champ de maïs transgénique le 24 juillet 2004 à Menville (Haute Garonne).

José Bové, qui conserve ses droits civiques, n'était pas présent à l'annonce de ce jugement en délibéré par la cour d'appel de Toulouse. Il avait comparu devant cette cour les 20 et 21 septembre derniers en compagnie de sept autres prévenus.

Le député Vert Noël Mamère et son homologue européen Gérard Onesta ont été condamnés à trois mois de prison avec sursis et les autres prévenus, tous écologistes, à deux mois avec sursis.

Les avocats de José Bové ont annoncé leur intention d'engager un pourvoi en cassation suspensif.

Lors du procès, l'avocat général, Marc Gaubert, avait requis un an de prison ferme à l'encontre de José Bové et la privation de ses droits civiques, au regard de sa situation de récidive.

Les avocats de la défense avaient plaidé la relaxe dans ce procès jalonné de batailles de procédure. Au total, 222 personnes avaient revendiqué ce fauchage et exigé de comparaître avec les prévenus, ce qui leur a été refusé.

"Je suis atterrée par une telle décision judiciaire contre laquelle nous allons nous pourvoir évidemment en cassation", a dit à Reuters un avocate des prévenus, Marie-Christine Etelin.

"Dans son jugement, la Cour d'Appel avait la possibilité d'innover judiciairement mais elle est restée finalement au niveau d'une analyse très traditionnelle, et du coup très répressive", a ajouté l'avocate toulousaine.

Le Pen repasse à l'offensive à la faveur de la crise dans les banlieues  14/11/2005

Le chef de l'extrême droite française, Jean-Marie Le Pen, arrivé en deuxième position à l'élection présidentielle de 2002, profite de la crise des banlieues pour repasser à l'offensive en enfourchant son cheval de bataille favori : la dénonciation de l'immigration.

Le retour au premier plan des questions d'immigration et d'insécurité, depuis le début des émeutes, le 27 octobre, est du pain béni pour le président du Front national (FN) qui, à 77 ans, prévoit d'être candidat pour la 5ème fois à l'Elysée en 2007, après avoir provoqué un séisme politique en 2002 en devançant Lionel Jospin, le candidat socialiste.

Sortant du relatif silence qu'il avait observé depuis le début des violences urbaines -une discrétion due, selon lui, à «l'ostracisme» des médias à son égard- M. Le Pen multiplie depuis quelques jours initiatives et déclarations.

Alors que le gouvernement vient de proroger pour trois mois l'état d'urgence, après la 18e nuit de violence, le FN organisait un rassemblement ce lundi à Paris, sur le thème «immigration, émeutes, explosions des banlieues : assez!».

Ce sera l'occasion pour Jean-Marie Le Pen de réaffirmer son leadership à l'extrême droite. Depuis le début de la crise, c'est surtout Philippe de Villiers, le président du Mouvement pour la France (MPF, droite nationaliste), qui a occupé le devant de la scène sur le créneau habituel de l'extrême droite en dénonçant la «déferlante migratoire».

Une «concurrence» balayée d'un revers de la main par Jean-Marie Le Pen, pour qui M. de Villiers n'est qu'un «servant de la majorité» qui «singe de manière assez caricaturale un certain nombre de (ses) positions». «On l'appelle duplicator», a-t-il dit.

Le leader du FN est persuadé que les électeurs préfèreront toujours «l'original à la copie». Une maxime qui vaut aussi pour Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur et président du parti gouvernemental UMP, qui nourrit lui aussi des ambitions présidentielles. Jean-Marie Le Pen se garde toutefois de le prendre directement pour cible.

«Le fait que mes électeurs puissent trouver Sarkozy sympathique ne les empêchera pas de voter pour moi car ils se diront que le Pen a eu raison», a-t-il déclaré dimanche.

Pour le leader d'extrême droite, les événements actuels viennent en effet confirmer toute la thématique développée par son parti contre «l'immigration massive et incontrôlée venant du Tiers-Monde» et ses dangers pour la paix civile.

Le FN a d'ailleurs ressorti sur son site Internet un clip datant des élections européennes de 1999, montrant en images de synthèse un Paris d'apocalypse, dévasté et incendié. «Immigration, explosion des banlieues : Le Pen l'avait dit», a été rajouté en surtitre.

Il se dit «submergé par des milliers et des milliers de mails» et affirme que son parti a enregistré «des centaines» et même «plusieurs milliers d'adhésions» depuis le début de la crise.

Et s'il pouvait s'inquiéter sur sa capacité à recueillir les 500 parrainages d'élus nécessaires pour présenter sa candidature en 2007, il affirme aujourd'hui qu'il ne «doute pas» de pouvoir les réunir.


Banlieues: Jacques Chirac veut mobiliser la République contre les discriminations  14/11/2005

Jacques Chirac, qui voit dans les violences urbaines de ces dernières semaines "une crise de sens, une crise de repères, une crise d'identité", veut y répondre par la mobilisation de la République contre les discriminations.

Le chef de l'Etat, critiqué pour sa discrétion depuis le début de la crise des banlieues, s'est adressé aux Français solennellement lundi soir par le biais d'une allocution radiotélévisée.

Jacques Chirac, qui avait mis fin en 1996 au service militaire obligatoire, a annoncé la création d'un service civil volontaire, qui concernera 50.000 jeunes en 2007.

"Pour mieux aider les jeunes en difficulté à aller vers l'emploi, j'ai décidé de créer un service civil volontaire, associant accompagnement et formation", a-t-il expliqué.

Le chef de l'Etat, qui intervenait au soir de la prorogation pour trois mois de l'état d'urgence décrété en France le 8 novembre, a expliqué la flambée de violence à la périphérie des villes par "une crise de sens, une crise de repères, une crise d'identité". "Nous y répondrons en étant fermes, en étant justes, en étant fidèles aux valeurs de la France", a-t-il dit.

Jacques Chirac a répété le message de fermeté destiné aux émeutiers: "Des problèmes, des difficultés, beaucoup de Français en ont. Mais la violence ne règle jamais rien. Quand on appartient à notre communauté nationale, on en respecte les règles". Il a redit que la justice serait "sans faiblesse" pour ceux interpellés lors des troubles.

Mais, comme il s'y était engagé, Jacques Chirac a voulu mettre l'accent sur la main tendue par les autorités françaises aux jeunes des banlieues.

"Je veux dire aux enfants des quartiers difficiles, quelles que soient leurs origines, qu'ils sont tous les filles et les fils de la République", a-t-il lancé.

Pour le chef de l'Etat, "l'adhésion à la loi et aux valeurs de la République passe nécessairement par la justice, la fraternité, la générosité". "C'est dans les mots et les regards, avec le coeur et dans les faits, que se marque le respect auquel chacun a droit", a-t-il martelé.

"RIEN DE DURABLE SANS LE RESPECT"

"Nous ne construirons rien de durable sans le respect. Nous ne construirons rien de durable si nous laissons monter, d'où qu'ils viennent, le racisme, l'intolérance, l'injure, l'outrage. Nous ne construirons rien de durable sans combattre ce poison pour la société que sont les discriminations", a-t-il averti.

"Nous ne construirons rien de durable si nous ne reconnaissons pas et n'assumons pas la diversité de la société française. Elle est inscrite dans notre Histoire. C'est une richesse et c'est une force", a-t-il insisté.

Soulignant que "le devoir de la République est d'offrir partout et à chacun les mêmes chances", Jacques Chirac a fait le bilan de l'action menée par les gouvernements qui se sont succédé depuis 2002: zones franches urbaines, plan de rénovation urbaine, plan de cohésion sociale, loi sur l'école.

"Sachez que cette volonté politique et cet engagement financier majeur de la France sont sans précédent. Ils commencent à apporter des réponses aux problèmes des quartiers difficiles. Mais il s'agit nécessairement d'un effort de longue haleine", a-t-il plaidé.

Jacques Chirac a voulu appeler à une "profonde évolution des esprits" contre les discriminations.

Mais le chef de l'Etat a rejeté la discrimination positive, chère au coeur du ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, comme moyen de remédier aux inégalités face à l'embauche.

"Il n'est pas question d'entrer dans la logique des quotas, qui montre en quelque sorte du doigt ceux qui en bénéficient et qui est injuste pour ceux qui n'y ont pas droit", a-t-il dit en indiquant qu'il rencontrerait "dans les prochains jours" les représentants des partenaires sociaux pour évoquer les moyens de "donner aux jeunes les mêmes chances face à l'emploi".

Il a en revanche appelé les représentants des communes à respecter la loi qui leur impose d'avoir au moins 20% de logements sociaux. "J'ai conscience des difficultés. Mais on ne sortira pas de la situation actuelle si l'on ne met pas en cohérence les discours et les actes", a-t-il dit.

Jacques Chirac a annoncé son intention de rencontrer les responsables de l'audiovisuel, jugeant que "les médias doivent mieux refléter la réalité française d'aujourd'hui".

"Et j'invite les chefs des partis politiques à prendre leur part de responsabilité: les élus, la représentation nationale doivent eux aussi refléter la diversité de la France. C'est une exigence pour faire vivre notre démocratie", a-t-il souligné.


Le Conseil d'Etat valide le décret sur l'état d'urgence  14/11/2005

Le Conseil d'Etat juge légal le décret du 8 novembre dernier par lequel le gouvernement a proclamé l'état d'urgence en France, mais en rappelle certaines limites.

Le juge des référés de cette juridiction, qui avait été saisi par un professeur de droit, Frédéric Rolin, a estimé ne pas pouvoir retenir un "doute sérieux quant à la légalité de ces actes". Les mesures ne peuvent être jugées "disproportionnées", comme le déclarait le plaignant.

Selon un communiqué de la juridiction, le juge mentionne dans son ordonnance "l'aggravation continue des violences urbaines depuis le 27 octobre 2005, leur propagation à une partie importante du territoire métropolitain et des atteintes à la sécurité publique". Il considère qu'il n'est pas abusif d'étendre l'état d'urgence à toute la France.

L'état d'urgence se fonde sur une loi de 1955, époque de la guerre d'indépendance en Algérie. Elle n'avait été utilisée que pour ce conflit et, depuis lors, pour des troubles en Nouvelle-Calédonie en 1984-1985.

Le juge des référés souligne que les mesures rendues possibles par l'état d'urgence en peuvent être mises en oeuvre que graduellement, par décret. Le couvre-feu est une des seules mesures d'application immédiate.

Ces mesures sont assorties de garanties. Ainsi, les décisions d'interdiction de séjour dans un département comme les assignations à résidence, "doivent pouvoir faire l'objet de recours gracieux soumis à la consultation d'une commission départementale", souligne le juge.

Ces commissions n'existent pas à l'heure actuelle et le juge "rappelle au gouvernement (leur) nécessaire institution".

Il estime aussi que l'autorité judiciaire a toujours le contrôle des pouvoirs de perquisition dévolus à la police de jour et de nuit.


Iran: Khatami dénonce les extrémistes iraniens qui tentent 'de copier Ben Laden'  14/11/2005

L'ancien président iranien Mohammad Khatami a dénoncé les extrémistes iraniens qui tentent "de copier Ben Laden" et donnent de "meilleurs prétextes aux ennemis pour agresser l'islam et l'Iran", a rapporté lundi l'agence estudiantine Isna.

Certains extrémistes iraniens "croient que la fidélité à la démocratie, à la liberté et aux progrès ternit l'image révolutionnaire de notre pays dans le monde islamique", a dit l'ancien président Khatami. "Ils tentent de faire concurrence aux talibans en prônant la violence et menant des actions extrémistes contraires à la religion", a-t-il souligné.

"Mais ces groupes ne doivent pas oublier qu'ils ne pourront jamais prendre la place de Ben Laden et des Talibans (dans le monde islamique) et seront au dernier rang d'une colonne dirigée par Ben Laden", a-t-il ajouté.

L'ancien président réformateur a estimé que ces groupes ne font que donner "de meilleurs prétextes à l'ennemi pour agresser l'islam et l'Iran".

M. Khatami, qui prône un islam modéré et ouvert au monde, n'a pas précisé qui était visé par ses propos.

Le 30 octobre dernier, il avait critiqué implicitement son successeur, Mahmoud Ahmadinejad, qui avait déclaré qu'Israël "doit être rayé de la carte". Ce qui avait provoqué la réprobation internationale.

"Nous n'avons aucune vocation mondiale et nous ne sommes pas là pour transformer le monde entier et oeuvrer à l'instauration de gouvernements qui nous conviennent. Nous ne devons pas prononcer de paroles qui nous créent des problèmes économiques et politiques dans le monde", avait dit M. Khatami.

Islamophobie: Deux élus FN alsaciens jugés pour 'incitation à la haine raciale'  14/11/2005

Deux conseilleurs régionaux FN alsaciens, Patrick Binder et Xavier Codderens, ont comparu lundi devant le tribunal correctionnel de Strasbourg pour "incitation à la haine raciale" après la diffusion d'un tract jugé discriminatoire à l'égard des musulmans.

Les deux élus avaient distribué en mars dernier à Strasbourg et dans quatre communes du Haut-Rhin un tract dénonçant un projet du conseil régional d'accorder une subvention de 423.000 euros pour la construction de la grande mosquée de Strasbourg.

Sur le tract, qui appelle à soutenir le "combat contre l'islamisation de l'Alsace", figure le dessin d'une terre alsacienne rasée sur laquelle culmine un minaret vers lequel son tournées deux personnes.

A la barre, M. Binder, le numéro un du FN en Alsace, a expliqué avoir "émis une opinion". Le dessin était destiné, a-t-il déclaré, à "permettre d'accrocher le lecteur". "C'est une véritable atteinte à ma liberté d'élu et liberté d'opinion et ce procès est dirigé contre la liberté d'expression d'un élu", a-t-il expliqué.

Cité comme témoin, le député européen et numéro 2 du FN Bruno Gollnisch a défendu ce tract "chargé de traduire les sentiments de nos électeurs" et qui "ne critique pas l'islamisme mais les votes de l'instance régionale".

Pour Me Nizan, avocat de la Licra et de l'association de la grande mosquée de Strasbourg, ce tract constitue "une incitation à la haine raciale" avec un dessin destiné "à semer la terreur".

L'avocat de la défense, Me de Saint-Just, a fait valoir que les éléments constitutifs du délit de provocation à la haine raciale ou religieuse n'étaient pas réunis, ceux-ci devant entre autres être explicites et directs, et que ses clients étaient libres de critiquer la subvention votée par le conseil régional. Dénonçant un procès d'intention, il a demandé la relaxe de ses clients.

Le procureur s'est dit "atterré" par un tract "clairement discriminatoire incitant à la haine religieuse" qui dépasse clairement la prise de position politique. Il a réclamé une peine de 4 à 6 mois de prison avec sursis et 10.000 euros d'amende.

Une cinquantaine de militants du Front national mais aussi une dizaine de sympathisants de la LCR s'étaient rassemblés sans incidents devant le Palais de Justice avant l'ouverture de l'audience.

Le jugement a été mis en délibéré au 21 novembre.

Ouverture lundi à Vienne d'une conférence sur l'islam  13/11/2005

Plusieurs dirigeants musulmans, dont le président irakien Jalal Talabani et son homologue afghan Hamid Karzaï, sont invités à s'exprimer lors d'une conférence sur l'islam qui s'ouvre lundi en Autriche et à donner leur vision de la place de cette religion dans une société mondialisée.

Les sujets d'actualité ne manqueront pas d'alimenter cette réunion de dirigeants politiques, d'universitaires, de chercheurs et de personnalités du monde musulman, dont l'avocate iranienne et prix Nobel de la paix 2003 Shirin Ebadi.

"Cette conférence doit vraiment faire ressortir non seulement les problèmes mais aussi les moyens de vivre ensemble, de coexister et de trouver les bonnes voies en vue d'une compréhension et d'une coexistence mutuelles", a souligné Ralph Scheide, directeur du département Proche-Orient et Afrique au ministère autrichien des Affaires étrangères, hôte de la réunion, dont le pays exercera la présidence tournante de l'Union européenne à partir du 1er janvier.


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