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La France 'reconnaît' le commerce équitable et en fixe les critères  21/12/2005

La France va officiellement "reconnaître" le commerce équitable et ses acteurs, et fixer par la loi des critères pour définir ces échanges qui visent à mieux rémunérer les producteurs du Sud, mais sont pratiqués diversement par les multiples associations qui s'en prévalent.

Le ministère des PME, du Commerce et de l'Artisanat va publier un décret "dans les prochaines semaines" qui fixera des critères communs pour le commerce équitable et créera une Commission nationale du commerce équitable, a-t-on appris mercredi auprès du ministère.

Ce dispositif ne prévoit pas de labelliser des produits mais seulement d'offrir une reconnaissance officielle à certains acteurs du commerce équitable, où l'on trouve pêle-mêle des associations mais aussi des grands distributeurs.

La Commission sera ainsi chargée de "reconnaître les personnes physiques ou morales veillant au respect des conditions du commerce équitable", selon le ministère, qui ambitionne de "promouvoir ce disposif au niveau européen".

Goutte d'eau dans les échanges mondiaux, ce commerce est en plein essor. En France, les ventes de produits labellisés Max Havelaar, "poids lourd" du secteur, ou vendus par Artisans du Monde, ont doublé en 2004 à 81 millions d'euros (dont 70 pour Max Havelaar), contre 45 en 2003.

La loi du 2 août 2005 sur les PME donne déjà une définition du commerce équitable, qui "organise des échanges de biens et de services entre des pays développés et des producteurs désavantagés situés dans des pays en développement", afin d'assurer "le progrès économique et social de ces producteurs".

Cette fois, des critères permettront d'être habilité à se prévaloir de ce commerce, inspirés de ceux élaborés par l'Association française de normalisation (Afnor) au terme de trois années de discussions houleuses avec les acteurs concernés.

La Plate-forme du commerce équitable, qui réunit une trentaine d'organisations et milite pour un label commun, met en garde contre le risque de "dérives opportunistes" de certaines entreprises.

Des groupes agrolimentaires comme Nestlé ou Kraft s'étaient ainsi lancés dans le café "éthique". Des associations de commerce équitable les avaient accusés de tromper le public en achetant leur café à un prix nettement inférieur au leur.

Selon le document final de l'Afnor, le commerce équitable doit reposer sur "trois principes fondamentaux": "l'équilibre de la relation commerciale", "l'accompagnement des organisations de producteurs et/ou de travailleurs", et "l'information et la sensibilisation" du public.

L'Afnor détaille ainsi la manière dont le prix "équitable" doit être déterminé, car ce prix doit à la fois permettre de satisfaire les besoins fondamentaux des producteurs et être "compatible avec les règles de concurrence".

A cet égard, le ministère de l'Economie a saisi le Conseil de la concurrence, qui rendra un avis fin février.

Les acteurs du commerce équitable devront aussi respecter le droit international comme les conventions de l'Organisation internationale du travail (interdiction du travail forcé, du travail des enfants, non discrimination, liberté syndicale).

Les produits devront aussi être élaborés "dans le respect de l'environnement", de la santé et de la sécurité, en excluant les semences génétiquement modifiées.

Mais ce décret ne clôt pas les débats. Certaines associations contestent toujours la définition retenue par la loi tandis que d'autres s'interrogent sur l'opportunité de distribuer ces produits en grande surface.


Une soupe populaire pratiquant la discrimination suscite l'émoi à Nice  21/12/2005

Une soupe populaire avec du porc servie aux SDF de Nice par une association d'extrême droite provoque l'émoi du milieu caritatif local, qui dénonce une initiative "discriminatoire", tandis que les pouvoirs publics se disent pour l'instant impuissants.

Depuis trois semaines, chaque mercredi soir, devant l'église Lympia sur le port, une dizaine de militants de l'association Soulidarietà, proche du groupuscule nationaliste Bloc identitaire, distribue aux sans-abri une soupe incorporant du porc, excluant de fait ceux de confession musulmane ou juive.

"Nous tenons à incorporer du lard dans cette soupe populaire parce que nous vivons en France, pays dans lequel le cochon a toujours tenu une place prépondérante dans l'alimentation traditionnelle de ses habitants", explique un tract diffusé par l'association, qui a installé sa camionnette juste à côté d'une soupe diocésaine.

Pour le Dr Noël Ayrault, adjoint au maire de Nice chargé de la santé et de l'action humanitaire, la mairie est impuissante: "Ils ont des comportements discriminatoires et provocateurs mais on attend qu'il y ait une infraction", explique-t-il. Il reconnaît pourtant que l'association n'a pas déposé de demande d'autorisation administrative.

"J'ai dialogué avec eux pour leur dire qu'on doit aider toute personne indigente, quelle que soit sa race ou sa religion", ajoute-t-il.

Pour Bruno Dubouloz, président d'Intersecours Nice, qui regroupe une quarantaine d'associations d'entraide, il s'agit là d'un tri xénophobe inacceptable.

"Comme il y a discrimination et que cela se passe sur un espace public, nous avons saisi l'Etat et la ville de Nice. Il leur appartient de réagir", a-t-il affirmé.

Mais, comme la mairie, la préfecture des Alpes-Maritimes dit ne rien pouvoir faire: "Aucune loi n'interdit de distribuer de l'aide alimentaire aux gens dans le besoin. Nous sommes conscients que la soupe exclut des malheureux pour leur religion. Mais tant qu'il n'y a pas d'obligation pour les SDF de la prendre ni de trouble à l'ordre public, nous ne pouvons pas intervenir", indique-t-on au cabinet du préfet.

"Nous sommes extrêmement vigilants", ajoute-t-on cependant. "Il y a des rondes régulières de la police. Au moindre trouble, nous interviendrions".

Chaque mercredi soir, un cordon de policiers sépare la camionnette de la "soupe au lard" de celles des autres organisations caritatives et de quelques manifestants de gauche situés sur la chaussée d'en face.

"Nous essayons de faire barrage en essayant de distribuer à tout le monde une soupe +universelle+. Les forces de l'ordre sont présentes, sinon ça dégénèrerait certainement", raconte Marilyne Trabucatti, directrice du Secours Populaire de Nice.

Les "identitaires" n'en sont pas à leur coup d'essai. La préfecture de Paris, sur demande du conseil municipal de la capitale, avait interdit en janvier une distribution de "soupe au lard", au motif que le Bloc identitaire ne disposait pas d'autorisation administrative.

Noël Ayrault affirme avoir proposé à la préfecture de porter plainte pour "incitation à la haine raciale" à partir du tract diffusé par l'association Soulidarietà.

Intitulé "Soupe du Port-Soupe au Porc", on peut notamment y lire que si les SDF européens ne vont plus dans les centres d'hébergement, c'est parce qu'ils y subissent "la haine, la violence et le raket (sic) des immigrés!".

'Paris-Match' a censuré une attaque de Yannick Noah contre Nicolas Sarkozy, affirme 'Le Canard enchaîné'  21/12/2005

"Paris-Match", qui publie dans son dernier numéro un entretien avec Yannick Noah, a coupé au dernier moment une phrase dans laquelle l'ancien joueur de tennis menace de quitter la France en cas de victoire de Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2007, affirme mercredi "Le Canard enchaîné".

Au cours de cet entretien, le "Français préféré des Français" avait notamment dit qu'"une chose est sûre: si jamais Sarkozy passe, je me casse", explique l'hebdomadaire satirique.

Sans citer ses sources, "Le Canard" ajoute que cette phrase a été coupée "au moment du bouclage du journal" par Alain Genestar, directeur général de la rédaction. Selon "Le Canard", cette citation figurait pourtant dans "la version originale de l'interview", relue et approuvée par Yannick Noah quelques jours après l'entretien.

Interrogé par l'hebdomadaire, Alain Genestar affirme plutôt qu'il a décidé "avec la personne interviewée" de ce qui devait paraître ou pas de cet entretien. "Je n'ai jamais censuré personne de ma vie de journaliste", ajoute-t-il. "Le Canard" affirme qu'il n'a pas pu obtenir la réaction de Yannick Noah à ce sujet.

Une grande photo de Yannick Noah et de sa compagne occupe la couverture de "Paris-Match" daté du 15 décembre, sous le titre "Noah: mes quatre vérités à la France".

Vols de la CIA en France: plainte de la Fédération des droits de l'Homme  21/12/2005

La Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) a déposé mercredi une plainte visant le transit présumé par la France d'avions de la CIA transportant des détenus soupçonnés de terrorisme.

"A deux reprises au moins, des avions se seraient posés sur des aéroports français (Brest-Gulpavas et Paris-Le Bourget), dans des circonstances suspectes, sans que les destinations n'aient été clairement explicitées. Les plus grandes craintes peuvent être formulées quant au transport de prisonniers de la CIA à l'occasion de ces vols", selon un communiqué de la FIDH et de la Ligue française des droits de l'Homme (LDH) qui s'est jointe à la plainte.

"La FIDH et la LDH demandent par conséquent à ce que toutes les investigations nécessaires sur ces faits soient effectuées dans les plus brefs délais par l'autorité judiciaire", ajoute le texte.

Début décembre, le quotidien Le Figaro avait fait état de deux vols d'avions affrétés par la CIA, susceptibles d'avoir convoyé des prisonniers islamistes et ayant transité par la France.

Le 31 mars 2002, un biréacteur Learjet a décollé de Keflavik, en Islande, à destination de l'aéroport de Brest-Guipavas (ouest de la France), d'où il serait reparti pour la Turquie. Le second vol était arrivé le 20 juillet 2005 à l'aéroport de Paris-Le Bourget en provenance d'Oslo, selon le journal.

Le ministre français des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, a ensuite confirmé que deux "plans de vols civils" correspondant à ces avions avaient été déposés, tout en assurant que les autorités françaises ne disposaient d'"aucune information" sur la nature de ces vols.

"Selon toute vraisemblance, ces avions ont eu, à leur bord, des 'détenus' dont on ne sait, à ce jour, s'ils ont été extraits ou acheminés de la base de Guantanamo, ou s'il s'agit de personnes purement et simplement enlevées et séquestrées sur le territoire européen ou ailleurs et acheminées vers des centres de détention tenus secrets sur le territoire européen ou ailleurs", indique le texte de la plainte.

La FIDH et la LDH ont déposé leur plainte auprès le procureur du tribunal de grande instance de Bobigny, en banlieue parisienne, dans le ressort duquel se trouve l'aéroport de Paris-Le Bourget.

Elles estiment "improbable que l'ambassade des Etats-Unis en France, les ministères de l'Intérieur et des Affaires étrangères français n'aient pas été avertis de ces déplacements, ce qui nécessitera que les personnes compétentes au sein de ces entités soient entendues par l'autorité judiciaire".

Dans un rapport d'enquête publié le 13 décembre, le Conseil de l'Europe avait assuré que les soupçons se renforçaient sur l'enlèvement et la détention par la CIA de suspects islamistes en Europe, hors de tout contrôle judiciaire.

"Des procédures judiciaires en cours dans certains pays semblent montrer que des personnes ont été enlevées et transportées dans d'autres pays sans respecter aucune norme d'assistance judiciaire", avait notamment affirmé le rapporteur, Dick Marty, un parlementaire suisse.

Il avait déploré "l'absence d'information et d'explication" par la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice lors de sa dernière tournée en Europe et appelé les gouvernements européens à "s'engager pleinement dans la recherche de la vérité au sujet des vols".


Soudan: Le prix du Président Al Bachir pour l'appel islamique décerné au Secrétaire général de la LIM  21/12/2005

Le prix du Président Al Bachir du Soudan pour l'appel islamique a été décerné au secrétaire général de la Ligue Islamique Mondiale (LIM), le Dr Abdullah Abdul-Mohsen Al-Turki,indique un message envoyé à l'intéressé par le ministre soudanais de l'Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, le Dr Moubarak al-Majzoub.
Le Dr Majzoub a indiqué dans son message que le prix en question a été décerné au Dr Al-Turki en reconnaissance de son rôle significatif dans le domaine de l'appel islamique.
Il a noté que le Président soudanais Omar Al-Bachir remettra le prix au Dr Al-Turki lors d'une cérémonie spéciale en présence d'un certain nombre de ministres arabes de la Culture.
Selon un conseiller du Président soudanais, le Dr Ahmad Ali Al-Imam, le prix qui porte le nom du Président sera attribué annuellement aux oulémas, aux innovateurs et aux hommes de presse musulmans dans le monde arabe.
La cérémonie de remise du prix au secrétaire général de la LM aura lieu le 31 décembre.

La République Islamique d'Iran va lancer une chaîne satellitaire en anglais  21/12/2005

L’Iran va lancer une chaîne de télévision satellitaire en anglais pour contrer « la propagande occidentale contre l’Iran », a rapporté hier la télévision d’État.
Selon Mohammed-Reza Saïdabadi, responsable de la coopération internationale de la télévision iranienne, contrôlée par l’État, cette nouvelle chaîne, qui verra le jour fin 2006, donnera « des informations et un accès direct au monde islamique, à la région et à l’Iran ». La télévision iranienne diffuse déjà des programmes courts en anglais sur ses chaînes nationale et satellitaire. La nouvelle chaîne en anglais viendrait compléter la chaîne al-Aalam qui diffuse déjà des programmes par satellite en arabe.

Près de 70 000 jeunes filles employées comme «petites bonnes» au Maroc  20/12/2005

L'organisation américaine de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW) estime que 11% des Marocains âgés de 6 à 15 sont contraints de travailler. Soit quelque 600 000 enfants de moins de 15 ans, dont 66 000 jeunes filles employées comme «petites bonnes» au sein de familles marocaines.

Dans un rapport publié mardi à Casablanca et intitulé «À la maison en marge de la loi», l'ONG précise que le rythme de travail de ces «petites bonnes» peut atteindre 14 à 16 heures quotidiennes, sans repos hebdomadaire.

Plusieurs des jeunes filles interrogées au cours de l'enquête de HRW affirment avoir déjà fait l'objet de violences physiques de la part de leurs employeurs.

Clarissa Bencomo, chargée des droits de l'enfant en Afrique du nord et au Moyen-orient chez Human Rights Watch, déplore par ailleurs «le peu d'ardeur du gouvernement marocain pour combattre l'exploitation des enfants employés comme domestiques».

Une enquête nationale réalisée en 2000 par les autorités marocaines révélait que 80% des enfants de moins de 15 ans au travail étaient employés dans le monde rural.

En 2003, le ministère de l'Emploi avait mis en place un plan national de lutte contre le travail des enfants, en marge du Programme international d'abolition du travail des enfants (IPEC-Maroc).

La plupart des enquêtes réalisées par les organisations internationales de défense des droits des enfants estiment à quelque deux millions le nombre d'enfants marocains âgés de 7 à 15 ans qui ne sont pas scolarisés.


Racisme dans les stades: Blatter veut durcir les sanction  20/12/2005

Le président de la Fédération internationale de football (FIFA), Sepp Blatter, a évoqué l'idée de sanctions plus graves - relégation, suspension, exclusion - contre les clubs qui ne parviennent pas à lutter contre le racisme parmi leurs supporters.

Les spécialistes juridiques de la FIFA proposeront en janvier une série de mesures pour renforcer les lois anti-racisme déjà en place au sein des instances du football. Les fédérations nationales voteront ensuite sur ces propositions, lors du congrès annuel de la FIFA.

"Nous devons commencer à enlever des points à des équipes", a déclaré Sepp Blatter. "Ca peut aussi être une suspension. Ca peut aussi être une exclusion".
Les sanctions actuelles, essentiellement financières, sont insuffisantes, a-t-il estimé: "vous pouvez toujours trouver quelqu'un avec assez d'argent pour payer l'amende".

M. Blatter s'est déclaré favorable, à plusieurs reprises ces dernières semaines, à un durcissement des sanctions face au comportement racistes de certains supporters dans plusieurs stades d'Europe, principalement à l'encontre de joueurs noirs.

Il a également fermement condamné le salut fasciste du joueur de la Lazio de Rome Paolo Di Canio, dimanche dernier à Livourne. Le joueur, qui est coutumier du fait, a été suspendu pour un match et condamné à 10 000 euros d'amende par la fédération italienne.



Les Européens veulent de plus en plus une Constitution  20/12/2005

Les Européens sont de plus en plus nombreux à souhaiter l'adoption d'une Constitution européenne. Surtout les Français et les Néerlandais qui l'ont pourtant rejetée au printemps dernier.

Le sondage Eurobaromètre réalisé en octobre-novembre et publié mardi reflète dans ses résultats l'année difficile que vient de vivre la construction européenne, entre le rejet de la Constitution et les batailles budgétaires entre Etats membres.

Les trois principaux indicateurs reflétant l'attitude générale des citoyens, à savoir le soutien à l'appartenance à l'UE (-4 points), les avantages tirés de cette appartenance (-3) et l'image de l'UE (-3), ont fléchi depuis le printemps 2005.

Mais 50% des citoyens continuent à estimer que leur appartenance à l'Union est une "bonne chose", 16% seulement affirmant le contraire, et un gros tiers d'entre eux estime qu'il ne s'agit ni d'une bonne, ni d'une mauvaise chose.

Nulle part, même au Royaume-Uni, les opposants à l'appartenance à l'UE ne dépassent ses partisans, mais le nombre des enthousiastes de la cause européenne baisse partout, sauf à Malte, au Luxembourg, en Pologne et en Espagne.

Les plus allants sont les Luxembourgeois (82%) et les plus sceptiques sont les Autrichiens (32%). Dans 13 pays sur 25, les citoyens "positifs" dépassent la barre des 50%.

Ils sont 63% à vouloir d'une Constitution européenne, contre 61% au printemps dernier, les Belges étant les plus favorables (77%) alors que les Suédois sont les plus sceptiques.

En France et aux Pays-Bas, le soutien à une Constitution fait un bond de respectivement 9 et 7 points, à 62 et 67%, ce qui laisse supposer qu'un nouveau référendum pourrait être remporté, puisqu'à peine 15% des citoyens de ces pays souhaitent abandonner purement et simplement le traité constitutionnel.

La plupart des Européens (49%) demandent toutefois une renégociation de ce texte, contre 13% qui veulent son annulation et 22% qui veulent le faire entrer en vigueur tel quel.

Les Français sont les champions d'Europe de l'option de la renégociation, à 65%, ce qui ouvre des perspectives au moment où l'Allemagne envisage d'y adjoindre un "protocole social".


Lancement au Qatar d'un projet immobilier de 5 mds  20/12/2005

Une compagnie étatique du Qatar, Qatari Diar, a annoncé mardi le lancement d'un grand projet immobilier de près de 5 milliards USD, le plus grand du genre dans cette riche monarchie gazière du Golfe.

Le projet, baptisé "Lusail" et prévu sur une superficie de quelque 35 km2, devrait accueillir autour de 200.000 habitants, a précisé le président exécutif de Qatari Diar, Nasser Al-Ansari, au cours d'une cérémonie à Doha.

La cérémonie s'est déroulée en présence du ministre qatari des Affaires étrangères, cheikh Hamad Ben Jassem Al-Thani, président du conseil d'administration de Qatari Diar, une compagnie fondée en décembre 2004 avec un capital d'un milliard de dollars et qui a lancé, depuis, des projets au Qatar, en Egypte, en Thaïlande, au Maroc et à Oman, selon ses responsables.


La Chine, sixième puissance mondiale en 2004  20/12/2005

La Chine a révisé en hausse de 16,8% son produit intérieur brut (PIB) de 2004, ce qui place le pays à la sixième place mondiale pour cette année-là, devant l'Italie, et pourrait l'amener au quatrième rang cette année.

La révision, qui s'explique par une réévaluation de l'activité des services, a été révélée par le premier recensement économique national chinois. Elle traduit une croissance plus équilibrée mais pourrait aussi accroître la pression pour que Pékin laisse s'apprécier davantage sa devise.

Le Bureau national des statistiques a indiqué que le PIB 2004 avait en fait été supérieur de 16,8% à ce qui avait été avancé jusqu'ici, et qu'il ressortait à 15.990 milliards de yuans, contre 13.650 milliards dans l'estimation précédente.

En utilisant le taux de change de 8,276 yuans pour un dollar enregistré fin 2004, le PIB chinois est ressorti cette année-là à 1.930 milliard de dollars, contre 1.670 milliards pour l'Italie selon les chiffres de la Banque mondiale.

La Chine occupait jusqu'ici la septième place mondiale en terme de PIB calculé en dollars courants.

DEVANT LA FRANCE ET LA GRANDE-BRETAGNE EN 2005

Sur la base de l'évolution des changes et des taux de croissance relatifs de 2005, les économistes ont en outre calculé que la Chine s'était maintenant propulsée au quatrième rang mondial, devant la France et la Grande-Bretagne, et derrière les États-Unis, le Japon et l'Allemagne.

Le recensement chinois durait depuis un an et a mobilisé 13 millions de personnes - un habitant sur 100 dans le pays - afin de recueillir les données.

Le bureau de la statistique a expliqué que les nouveaux chiffres reflétaient de meilleures informations sur les services - qui entrent pour 93% dans la révision - et sur les entreprises du secteur privé.

Les investisseurs en déduisent que certains ratios financiers du pays, qui semblaient dangereusement élevés comme le rapport des investissements et des créances douteuses au PIB, s'en trouvent mathématiquement abaissés, et que le boom économique du pays apparaît maintenant plus viable.

"La statistique révisée montre que la structure économique chinoise est plus raisonnable et saine que le faisaient apparaître les chiffres précédents", a souligné aux journalistes le patron du bureau de la statistique, Li Deshui.

La forte croissance de secteurs tels que les télécommunications, la distribution et l'immobilier a fait grimper la part des services dans le PIB à 40,7% en 2004, contre 31,9% annoncés précédemment.

La part du secteur secondaire (industrie) est tombée de son côté à 46,2% contre 52,9%, et celle du secteur primaire (agriculture et pêche) a reculé à 13,1% contre 15,2%.

Cette évolution signifie aussi que la Chine devrait avoir moins besoin d'une croissance industrielle effrénée - et de la demande toujours plus forte en matières premières et en énergie qui va avec - pour maintenir le taux de croissance global de son économie à plus de 9%, comme sur les trois dernières années.

Le fait que l'économie chinoise dépende moins qu'on le pensait des industries travaillant pour l'export pourrait également rassurer les responsables politiques chinois en les incitant à laisser le yuan s'apprécier, ce qui favoriserait au passage la consommation et la croissance des services.

"Cela va contribuer à calmer encore plus en Chine certaines des craintes sur un yuan fort", commente Frank Gong, chef économiste chez JPMorgan Chase.

La part des exportations chinoises dans le PIB est ressortie en fait à 29% contre 34%.

Jun Ma, de Deutsche Bank, ajoute que la révision du produit intérieur brut chinois pourrait accentuer la pression étrangère sur la Chine pour qu'elle agisse en tant que grande nation "plus responsable" en assouplissant davantage son taux de change.

Depuis qu'il a été décroché du dollar en juillet et réévalué alors de 2,1%, le yuan ne s'est apprécié que de 0,49%.


Act Up met un signe égal entre Sarkozy et Le Pen  20/12/2005

Une affiche d'Act Up qui fait de Nicolas Sarkozy un agent électoral du président du Front national d'extrême droite Jean-Marie Le Pen suscite la colère des partisans du président de l'UMP.

Le week-end dernier, des militants de l'association de lutte contre le sida et du collectif des sans-papiers ont collé en région parisienne des affiches composées d'une photo noir et blanc du ministre de l'Intérieur avec ce slogan: "Votez Le Pen".

Pour Act Up, qui propose à ses sympathisants de télécharger l'affiche sur son site, il s'agit de dénoncer "la guerre menée aux étrangers et la dérive du ministre de l'Intérieur vers un discours et une politique d'extrême droite toujours plus affirmée".

"Cet homme, avec le parti qu'il dirige et entraîne vers le pire, est dangereux", affirme l'association.

Les jeunes de l'UMP se sont insurgés devant ce qu'ils estiment être une "manipulation".

"L'UMP est un parti républicain, et nous ne pouvons pas tolérer qu'une association utilise la méthode des extrémistes politiques, c'est-à-dire l'amalgame. Les Jeunes Populaires conseillent donc à Act Up de continuer un combat digne contre le sida plutôt que de venir sur le terrain politicien", déclare l'organisation dans un communiqué.

"Les accusations de racisme portées contre Nicolas Sarkozy sont purement et simplement abjectes et mensongères", soulignent les jeunes de l'UMP qui "demandent que cette affiche scandaleuse soit immédiatement retirée".

"Qui sont les extrémistes? L'attitude d'Act Up n'est pas acceptable", a lancé sur France 2 Christian Estrosi, ministre de l'Aménagement du territoire, un proche du ministre de l'Intérieur.

Christian Estrosi a attribué à l'action du ministre de l'Intérieur le recul du Front national aux élections partielles. "C'est plutôt une bonne nouvelle pour les valeurs républicaines", a-t-il souligné.


La torture a repris à Abou Ghraib, affirme l’ex-commandant de la prison  20/12/2005

La torture se poursuit dans la prison irakienne d’Abou Ghraib, au centre d’un scandale en 2003, affirme l’ex-commandant américain du camp de prisonniers, Janis Karpinski, dans un entretien publié hier par le quotidien brésilien A Folha de São Paulo. « Il y a des soldats et des officiers qui rentrent et qui affirment sous serment qu’ils ont été témoins de tortures et qu’ils ont été obligés d’accepter que leurs soldats commettent des violences », ajoute le colonel Karpinski. Les tortures se poursuivent, selon elle, « parce que le secrétaire à la Défense (Donald Rumsfeld) et son spécialiste en renseignement Stephen Cambone croient toujours que ces personnes sont des terroristes ou détiennent des informations et que la seule manière de les obtenir est par la torture ».

Saddam et ben Laden: quand Bush mélange ses ennemis  19/12/2005

Le président américain George W. Bush a confondu lundi Saddam Hussein et Oussama ben Laden l'espace d'un instant, un lapsus que devraient juger révélateur ceux qui contestent la légitimité de la guerre et de l'occupation de l'Irak.

La langue du président américain a fourché lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche alors qu'il justifiait sa décision très controversée d'autoriser des mises sur écoutes sans mandat de la justice au nom de la lutte contre le terrorisme et qu'il vilipendait ceux qui avaient révélé l'affaire au public.

"A la fin des années 1990", donc avant qu'Oussama ben Laden ne devienne véritablement l'ennemi public numéro un des Américains, "notre gouvernement suivait Oussama ben Laden parce qu'il se servait d'un certain type de téléphone", a dit le président.
Cette information avait alors été publiée par la presse. "Et qu'est-ce qui s'est passé? Saddam...", a dit le président avant de se reprendre, "Oussama ben Laden a changé de comportement. Il a commencé à changer sa façon de communiquer".

M. Bush entendait ainsi défendre l'absolue nécessité du secret sur de telles opérations de renseignement.

Les liens allégués de Saddam Hussein avec Al-Qaïda, le réseau d'Oussama ben Laden, ont fourni au président américain l'un de ses principaux arguments pour envahir l'Irak en mars 2003. Comme la détention par Saddam Hussein d'armes de destruction massive, ces affirmations n'ont jamais été confirmées par les faits.

Selon le rapport de la Commission d'enquête sur les attentats du 11 septembre 2001, le quotidien conservateur Washington Times avait bien publié le 24 août 1998 un article évoquant les interceptions des appels d'Oussama ben Laden par les services de renseignement américains.


Bush refuse catégoriquement à l'Iran tout droit aux activités sensibles  19/12/2005

Le président américain George W. Bush a catégoriquement refusé lundi à l'Iran toute capacité d'enrichir l'uranium en faisant valoir que cela lui donnerait le savoir-faire pour fabriquer l'arme nucléaire et en brandissant la menace du Conseil de sécurité.

"Cette idée que l'Iran ait l'arme nucléaire (...), nous ne pouvons pas permettre que cela arrive", a déclaré le président américain lors d'une conférence de presse, "en particulier après ce que le président iranien a dit récemment quant à sa volonté d'annihiler un allié des Etats-Unis", Israël.

M. Bush faisait référence aux propos de son homologue Mahmoud Ahmadinejad réclamant qu'Israël soit "rayé de la carte".

Ainsi, a-t-il ajouté, "nous ne pouvons pas permettre aux Iraniens d'avoir la capacité d'enrichir" l'uranium.

"Tout le monde est d'accord qu'on ne doit pas leur permettre d'apprendre à fabriquer une arme" nucléaire, a-t-il dit.

L'uranium peut être faiblement enrichi pour fournir le combustible de centrales civiles, mais cette technologie peut être détournée pour produire les charges explosives de bombes atomiques.

M. Bush a redit privilégier l'approche diplomatique et s'en remettre pour l'instant à l'Union européenne, qui doit reprendre le 21 décembre des discussions nucléaires rompues en août avec l'Iran.

"Je pense que le meilleur endroit pour traiter cette question est encore le Conseil des gouverneurs" de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), a-t-il déclaré.

Mais, a-t-il prévenu, si les Iraniens ne se conforment pas aux "exigences du monde libre (...), il y a toujours, sur la voie diplomatique, le Conseil de sécurité des Nations unies".

Il a laissé entendre qu'il soutenait une proposition russe selon laquelle l'uranium pour le nucléaire iranien serait enrichi en Russie, exporté en Iran, puis rapatrié en Russie après usage.

Le vice-président iranien Gholamreza Aghazadeh a déclaré lundi que son pays ferait de nouvelles propositions lors des pourparlers avec la troïka européenne (Allemagne, France, Grande-Bretagne) le 21 décembre à Vienne, mais refuserait de renoncer à son droit à enrichir l'uranium.


De Robien pour des permanences police-justice dans les écoles  19/12/2005

Trois jours après l'agression d'une enseignante à Etampes (Essonne), le ministre de l'Education nationale Gilles de Robien a lancé l'idée de permanences judicio-policières à l'école pour prévenir les violences.

"Il faut réfléchir avec les ministres concernés et la communauté éducative à l'instauration de permanences au sein même des établissements, permettant aux enseignants de faire part à la police et à la justice de toutes difficultés avant que des drames ne surviennent", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

Le ministre, qui s'est présenté en "porte-parole du ras-le-bol" des professeurs, les invite à "ne pas hésiter à porter plainte dès qu'une menace est proférée".

"Les enseignants exercent un métier altruiste. Ils donnent, et ce n'est pas pour recevoir des coups de couteau", a-t-il dit.

Le ministre a demandé à l'inspection générale un rapport administratif sur le lycée Louis-Blériot d'Etampes où une enseignante d'arts plastiques, Karen Montet-Toutain, a été agressée à coups de couteau vendredi en plein cours par un élève de 18 ans.

Le procureur d'Evry a ouvert lundi une information judiciaire pour tentative d'assassinat contre le lycéen, qui s'est rendu samedi soir à la police. Placé sous mandat de dépôt, il passera la nuit de lundi à mardi en prison.

Le jeune homme n'était pas perçu dans son lycée "comme un élève ayant failli par la passé aux règles élémentaires de la civilité", a précisé l'inspectrice d'académie de l'Essonne, Marie-Louise Testenoire.

Etablissement a priori sans histoire d'environ 350 élèves, le lycée Louis-Blériot compte un adulte pour six élèves.

Le professeur, dont les jours ne sont plus en danger, avait fait part le 6 décembre à son inspectrice pédagogique de problèmes rencontrés avec une autre classe que celle de l'agresseur, élève de BEP vente-action marchande.


Selon son avocat, la victime pourrait porter plainte contre l'administration s'il s'avère que cette dernière n'a pas su la protéger.

"Si elle le faisait, dans les circonstances actuelles, c'est une attitude que je comprendrais", a dit Gilles de Robien.

"Ce n'est pas l'Education nationale qui est en cause, c'est la société dans son ensemble", a estimé le ministre, soulignant par ailleurs "le devoir d'éducation qui incombe aussi et surtout aux parents, qui doivent soutenir le travail des professeurs".

Pour améliorer le travail des enseignants, surtout en début de carrière, Gilles de Robien souhaite favoriser leur formation en matière de discipline. Il a également rappelé l'envoi, l'an prochain, d'un millier de professeurs expérimentés recrutés sur la base du volontariat dans 200 à 250 collèges sensibles du programme "ambition réussite".

Le Parti socialiste a fait part de sa "préoccupation" après l'agression d'Etampes.

"On ne peut laisser les enseignants seuls face à la montée de la violence à l'école", a déclaré le député européen Stéphane Le Foll lors d'un point de presse.

L'élu a réclamé le renforcement de l'encadrement dans les lycées, le suivi des élèves par un retour aux emplois jeunes et la limitation à 15 du nombre d'élèves par classe dans les zones d'éducation prioritaire.

Comme de nombreux autres syndicats d'enseignants, l'Unsa éducation a apporté un "soutien inconditionnel" à Karen Montet-Toutain, victime d'un "geste insensé".

"C'est aussi l'environnement social et scolaire qu'il importe de transformer pour que de tels drames ne se reproduisent pas", écrit le syndicat dans un communiqué.


Al-Jazeera, une « langue de vipère » selon le journal d’Ibrahim Jaafari  19/12/2005

Le journal du Premier ministre irakien sortant, le chiite Ibrahim Jaafari, publiait hier une caricature du logo de la chaîne al-Jazeera du Qatar, accusée de diffamation des chefs religieux chiites, représentant des vipères entrelacées. « Répondant aux langues de vipères, les Irakiens ont crié d’une seule voix : “Tu es notre couronne, sayyed Ali Sistani” », titre le journal. Il faisait référence à la polémique née des propos tenus par un écrivain irakien, vivant à Londres, lors d’une émission diffusée mardi par al-Jazeera.
Fadel al-Roubaye a accusé les chefs religieux chiites, en tête desquels l’ayatollah Sistani, figure emblématique des chiites d’Irak, d’avoir « favorisé l’entrée des troupes américaines en Irak » et appelé à ne pas les combattre. La caricature, signée de Ali al-Saadi, représente le logo d’al-Jazeera sur un fond rougeâtre, formé de vipères entrelacées, pointant leurs langues.

Propos d’Ahmadinejad : L’Iran qualifie d’« illogique » la réaction européenne  19/12/2005

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Hamid Reza Assefi, a qualifié hier d’« émotionnelle et illogique » la réaction des Européens aux propos du président Mahmoud Ahmadinejad qui a nié l’Holocauste, le qualifiant de « mythe ». « Le type de réponse des Européens au débat théorique et scientifique de M. Ahmadinejad n’a pas de place dans un monde civilisé et est totalement émotionnel et illogique. C’est le signe de la fragilité de la partie adverse », a déclaré M. Assefi lors de son point de presse hebdomadaire. « Les Européens doivent s’habituer à entendre les opinions des autres même si elles leur déplaisent », a encore déclaré M. Assefi.
Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale, en charge notamment du dossier nucléaire, a également pris la défense du président iranien. Réagissant aux propos du président américain George W. Bush, qui avait déclaré vendredi que le président iranien était un « drôle de type », M. Larijani a affirmé que « Bush lui-même est un type bizarre pour toute l’histoire de l’humanité ».
Les 25 chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne ont « condamné sans réserve l’appel du président Ahmadinejad à éradiquer Israël et sa négation de l’Holocauste ». « Ces déclarations sont totalement inacceptables et n’ont pas leur place dans un débat politique civilisé », indiquait cette déclaration adoptée tôt samedi à l’issue du sommet de Bruxelles. Le conseil européen a, par ailleurs souligné qu’il réévaluerait ses « options diplomatiques » en fonction des « déclarations et des actions iraniennes ». L’Allemagne souhaite proposer au Conseil de sécurité des Nations unies de sanctionner l’Iran pour les récentes déclarations du président Mahmoud Ahmadinejad, a, en outre, déclaré le directeur de cabinet de la chancelière Angela Merkel, Thomas de Maizière, dans une interview parue hier dans le Welt am Sonntag.
Le président israélien, Moshé Katsav, a néanmoins accusé hier l’Union européenne de faire preuve « d’hésitation et de faiblesse » face à l’Iran qui, selon Israël, cherche à se doter de l’arme nucléaire sous le couvert de son programme nucléaire civil.

Egalité des chances: la Halde interpelle les grandes entreprises  18/12/2005

La Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde) a écrit à 150 grandes entreprises en leur demandant des engagements d'ici mi-février, explique son président Louis Schweitzer dans un entretien publié lundi dans le quotidien économique La Tribune.

"Il me semble nécessaire d'interpeller les grandes entreprises qui doivent faire plus d'efforts" pour la diversité, dit M. Schweitzer. "Notre lettre, adressée à 150 entreprises, leur propose une liste d'actions très concrètes".

"Les entreprises ont jusqu'à la mi-février pour répondre en prenant des engagements précis", poursuit-il, soulignant que "la Halde n'hésitera pas à faire du +name and shame+, c'est à dire à montrer du doigt les mauvaises pratiques".

Avec la loi sur l'égalité des chances la Halde pourra "faire la publicité légale des décisions prononcées contre les entreprises, par le biais d'insertions" et décider de sanctions. Le Premier ministre Dominique de Villepin a annoncé début décembre que la Halde pourrait infliger jusqu'à 25.000 euros d'amende.

Pour M. Schweitzer, "la suppression des photos et de toute mention d'origine sur les CV doit devenir la règle". Il suggère aussi "le recours à des méthodes de recrutement qui privilégient le savoir-faire et pas seulement les diplômes", "la transparence la plus complète" pour l'accès à l'emploi et aux stages" et le respect des droits des handicapés.

"Pour les stages, les entreprises pourraient confier un quota à des établissements scolaires, à charge pour ceux-ci de choisir les stagiaires", ajoute-t-il, plaidant également pour "un bilan des risques de discrimination dans l'évolution de carrière" notamment pour la parité hommes/femmes.

M. Schweitzer n'est "pas favorable au comptage ethnique" et pense qu'"entrer dans une logique de quotas n'est souhaité par personnes". Il compte sur "l'émulation" entre les entreprises, notamment les grandes qui "doivent être exemplaires".

La Halde "va engager avec les entreprises un véritable dialogue pour mettre en place une centrale d'échange sur les bonnes pratiques". Le suivi sera assuré grâce aux réponses des entreprises mais aussi au "testing" qui est "la manière la plus efficace de pointer les pratiques de discrimination".

Communication officielle en Algérie: divergences entre presse privée et médias publics  18/12/2005

Entre presse publique et medias privés, le débat fait rage en Algérie sur la politique de communication des autorités concernant l'état de santé du président Abdelaziz Bouteflika, qui est sorti samedi de l'hôpital du Val-de-Grâce à Paris après trois semaines d'hospitalisation.

Alors que les quotidiens privés continuent à réclamer samedi la fin de l'"embargo sur l'information" maintenu selon eux par les autorités, la presse publique, télévision en tête, évoque la "transparence" manifestée et dénonce les spéculations et rumeurs "tendancieuses" entretenues par les médias étrangers.

"Maladie du président de la république: où est la vérité?", titre l'influent quotidien El Watan en affirmant que "l'équipe qui se trouve auprès du chef de l'Etat", hospitalisé depuis le 26 novembre, "semble maintenir un embargo sur l'information".

L'équipe médicale algérienne qui accompagne le président à Paris a mis fin à cet "embargo" en annonçant samedi que M. Bouteflika avait quitté l'hôpital dans la matinée et que son état de santé "évolue très favorablement".

El Watan a fait état de "sources à Alger (qui) évoquent une zone d'exclusion communicationnelle, hermétiquement gérée par des proches de Bouteflika". "La communication officielle, avec l'épisode du chanteur Mami, semble évoluer loin des canaux de l'exécutif", poursuit le journal.

Vendredi, le chanteur de raï Cheb Mami avait déclaré qu'il avait rencontré M. Bouteflika jeudi dans sa chambre au Val-de-Grâce et qu'il allait "vraiment bien".

"Il y a devoir, pour les autorités, de freiner cette spirale de la rumeur destabilisatrice par la publication d'un bulletin de santé, le plus exhaustif possible, qu'accompagneraient des images télévisées du chef de l'Etat", affirme El Watan.

Parlant d'"absence d'une stratégie de communication cohérente", Le Soir d'Algérie estime que "les autorités algériennes n'ont fait que réagir aux rumeurs". "Il est étonnant qu'un chanteur soit la première personne à témoigner directement sur l'état de santé" du président, ajoute-t-il.

"Lorsque Cheb Mami devient une source qui informe sur l'état de santé du Président, les hauts responsables de l'Etat doivent être mis à la retraite obligatoire", écrit le quotidien arabophone Ech-Chorouk (conservateur).

Le quotidien gouvernemental El Moudjahid fait au contraire état d'une "transparence sans équivalent dans nombre de pays".

"Informer les populations et les médias est l'une des conditions fondamentales pour toute évolution de la démocratie. Les pouvoirs publics se sont bien conformés à ce principe, en informant en temps réel", affirme-t-il, dénonçant les "tentatives de parasitage et d'amalgame entourant l'hospitalisation du chef de l'Etat".

La télévision nationale a souligné la "grande transparence" avec laquelle le chef de l'Etat a "ordonné de lui même de rendre publique sa maladie et d'informer son peuple ainsi que toute l'opinion publique des développements de son état de santé d'une manière sereine", en évitant "de verser dans l'exhibitionnisme et encore moins dans la désinformation et le mensonge".

Elle avait dénoncé vendredi soir des rumeurs "tendancieuses et mesquines", reflétant selon elle "toute la haine et la rancoeur que d'aucuns portent aux peuple et à l'Etat algériens".

La radio publique a pour sa part dénoncé les "perfides ragots" de la presse marocaine, accusée d'être "curieusement dans la même ligne éditoriale qu'une certaine presse française".

Des journaux marocains s'étaient interrogés mercredi sur l'aptitude de M. Bouteflika à reprendre les rênes du pouvoir à Alger après son hospitalisation.

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