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Sur le vif

Tunisie : un imam limogé pour son refus de prier sur un mort

Rédigé par La Rédaction | Lundi 7 Juillet 2014



En Tunisie, le ministère des Affaires religieuses a annoncé, vendredi 4 juin, le limogeage d’un imam. Ce dernier a publiquement refusé de prononcer la prière funéraire pour un soldat tué la semaine passée au cours d’une opération contre un groupe radical armé, ont fait savoir les autorités.

« Le ministère des Affaires religieuses annonce avoir mis fin aux fonctions de l'imam de la grande mosquée de Ben Guerdane (sud-est de la Tunisie) après qu'il ait refusé d'effectuer la prière funéraire d'un de nos martyrs et soldat héroïque », précise le communiqué.

Moncef Gharsallah, l’imam en question, aurait qualifié le soldat mort en opération de « taghout », transgresseur de la loi divine en arabe, un terme fréquemment utilisé par les milieux salafistes pour désigner les policiers et les militaires chargés de les combattre. La police aurait alors évacué l’imam de la mosquée, d’après un témoin cité par l’AFP, alors qu’une foule de 300 personnes environ essayait de l’attaquer.

Interrogé, le responsable religieux a clamé son innocence, selon le parquet, mais il devrait être présenté à un juge, lundi 7 juillet, pour diffamation publique. Le soldat, inhumé jeudi 3 juillet, a été tué la veille dans l’explosion d’une mine, pendant une opération contre un groupe armé dans la région du Kef, à l’ouest de la Tunisie.

Dans son communiqué, le ministère des Affaires religieuses demande aux imams de tenir un discours dit modéré, mais aussi de faire preuve de responsabilité et de patriotisme. Le gouvernement de Mehdi Jomaa s’est lancé dans une reconquête des mosquées sous l’emprise d’imams radicaux, qui se sont multipliés après la révolution de 2011. Le pays a aussi vu la multiplication des mouvements dits jihadistes depuis cette période.

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