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Sur le vif

Tunisie : l’interdiction de porter des accusations d’apostasie constitutionnalisée

Rédigé par La Rédaction | Lundi 6 Janvier 2014



L’ambiance à l’Assemblée constituante tunisienne a été électrique le week-end du 4 au 5 janvier alors que le vote des articles de la future Constitution venait à peine de démarrer. Les députés Habib Ellouze (Ennahdha) et Mongi Rahoui (Al Watad) se sont écharpés publiquement, le premier ayant accusé le second d'être « un ennemi de l'islam » dans la presse tunisienne pour son opposition à l'article 1.

Voté à l’écrasante majorité, celui-ci stipule que « la Tunisie est un État libre, indépendant et souverain, l'islam est sa religion, l'arabe sa langue et la République son régime ». La Constitution affirme ainsi que l'islam est la religion d'Etat mais elle ne fait pas non plus mention de l'islam, du Coran et de la Sunna comme source du droit, amendements rejetés par une majorité de députés.

Ennahdha a fermement condamné les propos de Habib Ellouze. Devant la polémique suscitée par ses accusations, le député s’est excusé publiquement et a tenté de rectifier le tir en affirmant qu'il n'avait pas appelé au meurtre de son opposant politique.

Mongi Rahoui, affirmant être désormais menacé de mort depuis les déclarations de son opposant, est monté au créneau. « Je suis musulman, ma mère est musulmane, mon père est musulman, mon grand-père est musulman (...) et je n'ai pas besoin de vous pour le savoir. Vous êtes le cheikh des menteurs, comme disait le martyr Chokri Belaïd », a-t-il jugé. Le député a été placé sous protection policière, a informé le ministère de l'Intérieur.

Cette dispute a poussé l’ANC à réviser dimanche l’article 6 portant sur la liberté de conscience en y ajoutant un amendement qui avait pourtant été rejeté la veille. Par 131 voix pour, 23 contre et 28 abstentions, l’interdiction de porter des accusations d’apostasie (« takfir ») y est désormais inscrite dans la Constitution. Les critiques ne se sont cependant pas faites attendre contre la nouvelle disposition qui portent atteinte, selon ses détracteurs, à la liberté d’expression. Jusque là, 19 articles sur 146 ont été adoptés. Les députés ont théoriquement jusqu'au 14 janvier pour adopter l'ensemble des articles.

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