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Points de vue

Ramadan : l’unité des musulmans doit primer

Rédigé par Fouad Alaoui | Vendredi 6 Juin 2014



Le mois de Ramadan est à nos portes. Il est fort utile de rappeler que ce mois est l’un des plus immenses dons que Dieu a accordé à l’humanité entière pour qu’elle puisse baigner dans Sa miséricorde, débarrassée des méfaits de son ennemi éternel, Satan.

Cette joie se trouve malheureusement entachée ces dernières années par les choix divergents quant à la méthode de fixation du début et de la fin de ce mois sacré.

L’année dernière a été triste pour notre communauté de foi en France. Personne ne peut se réjouir de l’état de division qui avait régné. La fête a été gâchée par une irresponsabilité partagée, et il serait inutile de préciser à ce niveau les degrés d’implication des uns et des autres.

Devant cet état des choses, et suivant de près les positions affichées, j’aimerais faire part de ma position au sujet de la détermination du début et de la fin du mois de Ramadan. Je résume cette position dans les points suivants :

1. Aucun avis avancé ne peut prétendre à l’exclusivité de la vérité. Nous sommes dans le domaine de l’interprétation humaine des textes religieux révélés.

2. Un accord existe depuis longtemps entre les structures musulmanes nationales en France sur l’obligation de tenir compte des données astronomiques pour fixer le début et la fin du mois de Ramadan (ce qui est bien évidemment valable pour les autres mois de l’année). Il est tout à fait inexact de présenter le sujet comme s’il existait des structures musulmanes qui optent pour le calcul astronomique et d’autres qui sont contre.
En réalité, la divergence réside dans l’obligation ou non d’exiger la visibilité en tenant compte des données astronomiques. Et c’est à ce niveau que le désaccord persiste. Par ailleurs, je rappelle qu’il n’y a pas qu’une seule méthode de calcul astronomique pour trancher sur la possibilité de visibilité du croissant lunaire. Je me fais l’économie ici de noyer le lecteur dans le détail des motivations de chaque méthode, tout simplement car l’enjeu n’est pas à ce niveau. Et de ce fait, je m’abstiendrais à ce jour d’exprimer mon propre point de vue sur les différentes méthodes avancées par les uns et les autres.

Notre rêve est certainement que les musulmans partout dans le monde débutent et finissent ensemble leur jeûne. La réalisation de ce rêve n’est pas impossible, mais, en attendant, il est possible que cette unité se réalise à l’échelle de chaque pays.

3. Aussi, les structures religieuses musulmanes en France sont dans l’obligation religieuse de s’unir pour déclarer le début et la fin de Ramadan, leur divergence dans ce domaine impliquera inévitablement la discordance au sein de notre communauté de foi. Dans ce cas, la solution ne réside pas dans les positions figées où chacun considère que son avis est LA vérité. En l’absence d’une référence religieuse nationale unique, les structures musulmanes n’ont d’autre choix que de s’entendre, pour pouvoir passer à des sujets beaucoup plus importants qui souffrent de l’inertie générale actuelle, et qui préoccupent les musulmans de France tout au long de l’année…

En attendant, préparons-nous à bien accueillir ce mois sacré et à célébrer ces journées et ces nuits selon les enseignements de notre belle religion, l’islam. Enfin, j’espère que lors de ce mois nos concitoyens non musulmans partageront avec nous ces moments de joie et de spiritualité, et que nous serons à même de profiter de cette occasion pour nous enrichir spirituellement.

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Fouad Alaoui, ancien président de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) et ancien vice-président du Conseil français du culte musulman (CFCM).