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Sur le vif

Népal : une loi contre les conversions religieuses en vigueur

Rédigé par Benjamin Andria | Mercredi 22 Août 2018



Népal : une loi contre les conversions religieuses en vigueur
La loi contre les conversions religieuses, adoptée en 2017, est entrée en vigueur vendredi 17 août au Népal. Cette loi qui sanctionne toute conversion à une autre religion que l’hindouisme, le prosélytisme et toute forme d’atteinte aux sentiments religieux, inquiète les minorités religieuses de ce pays majoritairement hindou.

Dans ce pays qui compte 80 % d'hindous sur les 26 millions d’habitants recensés, le nombre de chrétiens est estimé à 364 000 et celui de musulmans à 1,160 millions.

Le Népal se situe à la 25e place de l’Index mondial de persécution des chrétiens 2018., selon l'ONG de défense des chrétiens Portes ouvertes pour qui il est « difficile d'évaluer avec certitude le nombre de chrétiens car les nouveaux convertis craignent d’afficher leur appartenance chrétienne et continuent de se faire recenser en tant qu’hindous ». Toutefois, « les statistiques du gouvernement relèvent une croissance de la population chrétienne ».

Les chrétiens pour boucs émissaires

Le Premier ministre népalais Sher Bahadur Deuba a fait, à de multiples reprises, des déclarations publiques ciblant les chrétiens, dernièrement après le meurtre récent d’un prêtre hindou dans la ville de Virat Nagar, en Inde. Sur les lieux, un tract faisant mention du mot « Bible » a suffit à orienter les soupçons envers les chrétiens, accusés d’être derrière le groupe « Armée nationale mongole », auteur présumé du crime.

Dans le même tract, le groupe aurait également affirmé que le Népal se muerait en une nation chrétienne d’ici 2025. Des éléments ainsi relayés qui ont conduit des hindous à manifester contre les chrétiens du Népal, allant même jusqu’à menacer des pasteurs.

Tanka Subedi, président du Forum de la liberté religieuse au Népal, a attesté, lors d’une interview avec World Watch Monitor, que « ce groupe n’est pas issu de la communauté chrétienne. Mais le ministre de l’Intérieur a tenu les chrétiens comme responsables ».

Selon un député local Lokmani Dhakal, la loi criminalisant la conversion à une autre religion que l’hindouisme n’est pas cohérente avec la Constitution du Népal l’instituant comme un État laïc, et avec les traités internationaux protégeant la liberté de religion et les droits de l’Homme dont le Népal est signataire. Dans ce contexte tendu, la marginalisation des minorités religieuses ne fait que s'accentuer avec l’entrée en vigueur de la loi.