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Sur le vif

Négrophobie : un enfant mendiant subsaharien insulté et giflé en Algérie, la justice saisie

Rédigé par Lina Farelli | Vendredi 13 Juillet 2018



Négrophobie : un enfant mendiant subsaharien insulté et giflé en Algérie, la justice saisie
La négrophobie sévit encore et toujours au Maghreb et l’Algérie ne fait pas exception. Alors que ce pays a été récemment accusé d’avoir abandonné 13 000 migrants subsahariens dans le désert, sans eau et sans nourriture, une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux depuis quelques jours choque et provoque de vives réactions sur la Toile.

La scène s'est déroulée dans la station de bus Souidani Boudjemâa, à Annaba, dans l'est de l'Algérie. Les images montrent un enfant originaire d'Afrique subsaharienne se faire violemment frappé par un homme de forte corpulence alors que le gamin demandait l’aumône. Il est giflé si fort qu’il tombe par terre sur un sol mouillé par la pluie.

En plus du coup, l’homme insulte également l’enfant avant de rentrer dans le bus. Les témoins complices ricanent de cette odieuse scène tandis que l’enfant pleure en se levant. Alors que celui-ci est encore en sanglots, un homme incite un autre enfant subsaharien à frapper le premier.

Une plainte contre X pour maltraitance a été déposée par les autorités de la région (wilaya) d’Annaba, qui ont affirmé dans un communiqué que « toute atteinte à l’intégrité physique ou psychologique d’une personne, sans distinction de sa race ou de sa nationalité, fera l’objet de poursuite pénale, conformément aux lois de la République ».

A peine l'enquête ouverte, l’auteur présumé de cette violence et un autre homme accusé d’incitation à la violence ont été arrêtés jeudi 12 juillet. Celui qui a filmé la scène a été également identifié mais demeure recherché.

Le Conseil algérien des droits de l’homme (CNDH) a déclaré être « profondément choqué et bouleversé » par la violence exercée contre un enfant par des adultes. Il a exhorté les services compétents à « prendre leurs responsabilités et exercer leurs attributions pour que cet acte ignoble puisse être puni avec toute la rigueur que requiert la loi pour de telles violences exercées contre une personne vulnérable ».

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