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Sur le vif

Mosquée : Carrières-sous-Poissy promet un terrain mais détruit une salle de prière

Rédigé par La Rédaction | Jeudi 21 Avril 2011



La construction des mosquées en France est une problématique qui se règle avant tout au niveau municipal. Comme beaucoup de villes françaises, les lieux de culte connaissent un problème de places pour les prières de la communauté musulmane.

A Carrières-sous-Poissy, la mairie vient d’annoncer la signature d’un bail emphytéotique avec l’Union des Musulmans de Carrières (UMC). Le but serait de leur louer un terrain pour un euro symbolique, « pour qu’ils puissent se concentrer sur la collecte de dons qui permettra de financer le bâtiment, nous faisons ainsi ce que la loi de 1905 nous permet, mais pas plus », précise le maire de la commune Eddie Aït dans un communiqué.

Mais ce qui ressemble à une bonne nouvelle vient plutôt masquer une autre réalité. La communauté musulmane de la ville dispose actuellement de trois lieux de prières : un salle gérée par la communauté turque de la ville, une salle dans l’ancien centre commercial Saint-Louis, gérée par l’UMC, ne pouvant accueillir suffisamment de fidèles et une salle de prières située dans le foyer de jeunes travailleurs Adef. Une salle qui existe depuis 25 ans, « la plus vieille salle de prières des Yvelines » ajoute Rachid de l’Association des Musulmans de Carrières (ACMC) qui gère cette salle. Or, cet endroit doit être prochainement détruit, officiellement pour des raisons d’insalubrité.

La fermeture de la salle du foyer Adef risque de poser des problèmes car elle accueillait « jusqu’à 600 fidèles tous les vendredis » explique Rachid. Si les cantonales lui ont donné un peu de sursis, l’annonce de la mairie sur le prêt du nouveau terrain sonne comme l’arrêt de mort de cette salle. « La destruction est pour bientôt, continue Rachid, le problème c’est qu’entre la destruction et la construction de la nouvelle mosquée, les fidèles n’auront pas d’endroit où prier. »

« Carrières illustre le problème à l’échelle nationale, chaque maire veut sa petite mosquée mais dans ce cas, la mairie travaille avec une association en lien avec le consulat du Maroc et c’est cela que nous dénonçons. » Pour Rachid, il y a eu une entente scandaleuse entre l’UMC, la mairie et le consulat. Si la mosquée voit le jour, « c’est très bien, on ira prier là-bas », explique-t-il, mais j’ai un doute, il n’y a pas d’argent donc je ne sais pas comment ils vont construire ».

En attendant, les fidèles de la salle du foyer Adef sont en sursis et risquent de ne pas retrouver de lieux de culte avant quelques années.

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