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Points de vue

Mohammed Arkoun inhumé à Casablanca : « La terre de Dieu est grande »

Rédigé par Leïla Belghiti | Lundi 20 Septembre 2010

Mohammed Arkoun, a été inhumé vendredi au Maroc, à Casablanca, suivant ses vœux et la volonté de son épouse, d'origine marocaine. Dernière pantalonnade à une terre natale qu'il aurait tant aimé pouvoir chérir.



Mohammed Arkoun inhumé à Casablanca : « La terre de Dieu est grande »
La perte de l'intellectuel musulman franco-algérien Mohammed Arkoun a mis en émoi la communauté universitaire ainsi qu'un grand nombre de personnalités du monde entier. En France, pays d'accueil, pays de cœur de M. Arkoun, c'est un hommage très timide qui lui a été rendu, voire quasi inexistant de la part des autorités nationales et de la presse française. Pourquoi ? Le Collectif Mohamed Arkoun, créé juste après la mort du professeur, n'arrive pas à comprendre.

Au « setting de la paix » organisé dimanche 19 septembre Place du Trocadéro, à Paris, en hommage à « une sommité intellectuelle internationalement reconnue », une trentaine de personnes étaient venues lui porter de chaleureux témoignages.

Une initiative du collectif, pour combler les « manquements incompréhensibles » de l'État français. Seul le maire de Paris, Bertrand Delanoë, avait adressé ses condoléances. Parmi les admirateurs de M. Arkoun, certains ont envoyé un courrier au maire de Paris lui demandant de consacrer à l'intellectuel franco-algérien une place en son nom, pour pérenniser sa mémoire.

Hommage parisien à l'IMA, le 6 octobre

Le roi du Maroc Mohammed VI a rendu un vibrant hommage au penseur, qui l’a considéré comme l’une des grandes figures de la pensée moderne, et souligné son attachement aux idéaux de tolérance, de modération, au dialogue des religions et des civilisations. Nombreux sont ceux qui se sont élevés pour prévenir d'une éventuelle récupération politique.

Mohammed Arkoun a donc été inhumé vendredi 17 septembre au Maroc, à Casablanca, suivant ses vœux et la volonté de son épouse, d'origine marocaine. Dernière pantalonnade à une terre natale qu'il aurait tant aimé pouvoir chérir : l'Algérie. « La famille Arkoun ainsi que les très nombreux citoyens algériens et admirateurs de ce grand intellectuel, tout particulièrement ceux de la commune de Beni-Yenni, se voient ainsi privés de rendre un dernier hommage au défunt », écrit la famille du défunt dans un communiqué. Face à sa demande de rapatrier le corps vers l'Algérie, c'est un silence officiel affligeant qu'elle obtient en retour. « La terre de Dieu est grande », commentent des internautes, pour calmer le chagrin exprimé.

« Une foule nombreuse avait accompagné le défunt à sa dernière demeure, notamment son épouse, Mme Soraya El Yaakoubi, sa fille, Sylvie, ainsi que plusieurs personnalités du monde de la pensée, de la culture, de la politique, de la presse, en plus de ses amis et proches », selon la Maghreb arabe presse (MAP), apparemment la seule à pouvoir couvrir l'événement sur place.

« Après lecture des versets du Saint Coran, des prières ont été élevées au Très-Haut pour entourer le défunt de Sa sainte Miséricorde et le rétribuer amplement pour ses contributions et son riche apport à la pensée et à la culture », poursuit le communiqué.

Un hommage lui sera rendu le 6 octobre à l’Institut du monde arabe (Paris), à 18 h 30.