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Sur le vif

Maroc : le silence face aux violences contre les migrants dénoncé

Rédigé par La Rédaction | Mercredi 16 Avril 2014



Après avoir lancé un appel demandant aux autorités marocaines de cesser de maltraiter les migrants subsahariens, plusieurs ONG ont dénoncé mardi 15 avril le « silence » de ces mêmes autorités.

« Trois semaines plus tard, cet appel n'a fait l'objet d'aucune réaction des instances gouvernementales », ont-elles déploré dans un communiqué, tout en fustigeant le rôle des forces de l’ordre dans les exactions commises contre les sans-papiers. Lors d'une conférence de presse, Mehdi Alioua, le président du Groupe antiraciste d'accompagnement et de défense des étrangers et migrants (Gadem), a directement mis en cause « les forces auxiliaires ». « Nous ne comprenons pas pourquoi elles cassent les tibias de migrants, les têtes, volent leurs affaires », s'est-il indigné.

« Nous étions dans une situation d'euphorie après la demande du Roi de changer radicalement de politique. Nous étions persuadés que ce genre de violences allait cesser. Aussi, nous ne comprenons pas pourquoi nous trouvons encore des actes de barbarie », a-t-il poursuivi, en référence à la nouvelle politique du Maroc qui est engagé depuis septembre 2013 dans une vaste campagne de régularisation de sans-papiers.

M. Alioua a manifesté le souhait de « travailler en bonne entente avec le gouvernement ». « Mais de façon manifeste, les forces auxiliaires ne le veulent pas, puisqu'elles n'obéissent même pas à la volonté royale », a-t-il jugé. Le président du Gadem a aussi mis en cause l'Espagne, où les agents de la Guardia civil « tabassent et violent systématiquement le droit international en rejetant les migrants de l'autre côté de la frontière ». « Un nombre considérable de blessés » revenus à Rabat l’ont d’ailleurs été par les forces espagnoles après avoir tenté de rejoindre ce pays par les enclaves de Ceuta et Melilla. D’un côté ou de l’autre de la frontière, les migrants subsahariens subissent de graves violations de leurs droits.

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