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Sur le vif

Les agresseurs de Saïd Bourarach, noyé à Bobigny, aux assises

Rédigé par La Rédaction | Mardi 17 Mars 2015



Les agresseurs de Saïd Bourarach, noyé à Bobigny, aux assises
Le procès des quatre hommes accusés d’avoir provoqué la mort de Saïd Bourarach, noyé dans le canal de l’Ourcq en 2010, s’est ouvert mardi 17 mars devant la cour d’assises de Bobigny, en Seine-Saint-Denis.

Les accusés comparaissent jusqu’au 26 mars pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, avec usage ou menace d’une arme ». Trois d’entre eux se sont présentés, libres, tandis que le quatrième, absent, sera jugé par défaut. Agés de 23 à 30 ans, ils sont passibles de 15 ans de réclusion.

La mort de Saïd Bourarach, vigile dans un magasin de bricolage, avait suscité une vive émotion. Une marche solennelle avait été organisée à Paris, dans les jours qui ont suivi le drame, entre la République et la Bastille. La famille de la victime et des associations musulmanes s’était étonnées de l’absence de réactions politiques, et d’une couverture médiatique relativement faible.

Surtout, les proches de Saïd Bourarach estiment que celui-ci a été victime d’un crime raciste en raison des liens supposés des agresseurs, de confession juive, avec la Ligue de défense juive (LDJ), un groupe extrémiste sioniste qui s'est rendu coupable de nombreuses agressions visant les personnes d'origine maghrébine. Mais le caractère raciste de l’agression n’avait été que brièvement retenu par la police avant d’être écarté.

Agent de sécurité et maître-chien pour l'enseigne de bricolage Bobigny Baktor, Saïd Bourarach avait empêché l’accès d’un client au magasin qui s'apprêtait à fermer, le 30 mars 2010. Pris à partie, le vigile a reçu des coups du client qui s'est vu asperger en conséquence de gaz lacrymogène. Après l'altercation, le client mécontent met ses menaces à exécution et revient avec un cousin et des amis. Le groupe de jeunes hommes ont alors poursuivi le vigile le long du canal. Son corps est retrouvé noyé le lendemain, mais les agresseurs affirment que Saïd Bourarach s’est jeté de lui-même dans le canal. A l'époque, ils avaient également accusé le vigile d'avoir proféré des insultes antisémites, une version qui avait alors été contestée par des témoins.

La justice estime cependant que ses agresseurs ont exercé sur lui une « pression psychologique » telle qu'il n'aurait eu d'autre alternative que le saut pour leur échapper. Cette analyse demeure contestée du côté de la famille Bourarach, pour qui la « qualification criminelle » ne correspond pas aux faits. Après cinq années d'attente, elle attend plus que jamais des réponses sur les circonstances de la mort de l'un des siens. Le procès dure jusqu'au 26 mars.

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