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Sur le vif

Le siège de BarakaCity et le domicile de son fondateur perquisitionnés

Rédigé par Lina Farelli | Mercredi 14 Octobre 2020 à 20:40

           


Le siège de BarakaCity et le domicile de son fondateur ont été perquisitionnés mercredi 14 octobre par les autorités. © BarakaCity/Facebook
Le siège de BarakaCity et le domicile de son fondateur ont été perquisitionnés mercredi 14 octobre par les autorités. © BarakaCity/Facebook
Les locaux de l’association BarakaCity, dont le siège se trouve à Evry-Courcouronnes, dans l’Essonne, ont été perquisitionnés, mercredi 14 octobre, de même que le domicile de son controversé fondateur, Idriss Sihamedi, suscitant une vague d'émotion parmi leurs soutiens. « Des lits retournés, table cassée, paniers et linge retourné. La police a empêché à l’épouse du président Idriss Sihamedi de s’habiller et de couvrir d’une couette son fils de 4 ans qui dormait avec elle », a fait savoir Barakacity sur ses réseaux sociaux.

L’homme a été placé en garde à vue « pour harcèlement moral sur Twitter et pour vol de documents avec dégradations », a indiqué l’avocat Samim Bolaky, qui déclare que son client a subi « de lourdes violences policières ».

Idriss Sihamedi, qui se présente comme un « journaliste » et « lanceur d’alerte », est l’auteur d’une série de tweets en septembre visant les militantes, elles aussi controversées, Zohra Bitan et Zineb El-Rhazoui. Des tweets à travers desquels il dénonçait « le double discours » entre leurs prises de position publiques et leurs vies privées.

Une plainte de Zohra Bitan à l'origine de l'opération

Selon Le Parisien, le placement en garde à vue du militant fait suite à une plainte du 18 septembre de Zohra Bitan, chroniqueuse sur RMC, pour harcèlement sur les réseaux sociaux. « Elle faisait état de la diffusion de 120 tweets diffamatoires, depuis le compte Twitter de Driss Yemmou, dit Sihamedi, et de la création par celui-ci d'un hashtag dénonçant sa personne, repris dans près de 1 500 tweets », écrit dans un communiqué la procureure d'Evry-Courcouronnes, Caroline Nisand, ajoutant que « le compte Twitter de Driss Yemmou avait procédé à la publication de la photographie d'un courrier recommandé volé dans sa boîte aux lettres ».

Une enquête préliminaire est ouverte par le commissariat d'Évry « pour des faits de harcèlement au moyen d'un support numérique ou électronique ayant entraîné une ITT supérieure à 8 jours et vol de correspondance avec dégradation, faits réprimés par une peine maximale de 5 ans d'emprisonnement », selon le parquet.

Un rassemblement en soutien à Idriss Sihamedi, réunissant quelques dizaines de personnes, a été organisé mercredi 14 octobre devant l’hôtel de police d’Evry-Courcouronnes pour exiger sa libération.

Ce n'est pas la première fois que BarakaCity fait l’objet de perquisitions. Dans le viseur des autorités, une enquête pour des soupçons de financement du terrorisme avait été ouverte en 2016 avant d’être finalement classée sans suite en 2019.

Cette nouvelle perquisition intervient en plein débat autour du projet de loi contre « les séparatismes » sur lequel le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, s'est exprimé auprès de Saphirnews mais qui suscite de l'hostilité parmi des musulmans, dénonçant un « traitement d’exception ».

Mise à jour jeudi 15 octobre: Idriss Sihamedi a été libéré de sa garde à vue. Selon son avocat qui s'exprimé sur les réseaux sociaux, il a été placé en contrôle judiciaire simple, « avec interdiction d’entrer en relation avec (ses) supposés victimes et (obligation de) répondre aux convocations » et sera jugé le 4 décembre.

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