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Sur le vif

Le plus vieux bidonville de France bientôt démantelé ?

Rédigé par La Rédaction | Lundi 17 Août 2015



Jozsef Farkas, 17 ans, a lancé une pétition pour empêcher la destruction du camp où il vit.
Jozsef Farkas, 17 ans, a lancé une pétition pour empêcher la destruction du camp où il vit.
Situé rue Pascal, dans la zone industrielle de La Courneuve (Seine-Saint-Denis) entre l'autoroute A86 et les voies du RER B, le camp du Samaritain est, selon ses habitants, « le plus vieux bidonville de France ». Mais la mairie communiste de La Courneuve veut en finir avec ce camp construit en 2008. Elle a lancé une procédure d’expulsion en 2013, celle-ci devrait avoir lieu dans les prochaines semaines, selon l’association Médecins du Monde (MdM).

Le bidonville accueille 80 familles, soit 300 hommes, femmes et enfants. Parmi eux, Jozsef Farkas, âgé de 17 ans veut empêcher la destruction et a lancé une pétition. « Si la "Place du Samaritain" est détruite et que nous sommes jetés à la rue, tout ce que j'ai construit s'effondrera. Mon poste en service civique à l'association Les Enfants du Canal", où les 6 langues que je parle m'ont permis de devenir interprète et accompagnateur social. Mon projet de formation pour devenir aide-soignant. Ma participation à la prochaine édition de "The Voice", pour laquelle j'ai été sélectionné après des années de soliste à l'église... », écrit Jozsef.

Mais, de son côté, la municipalité dénonce des habitations indignes et justifie sa position par voie de communiqué : « La Courneuve comptait 11 lieux occupés illégalement sur lesquels vivaient dans des conditions humaines et sanitaires tout simplement indignes de notre société jusqu'à 2 000 personnes. » Depuis une circulaire de 2012, les expulsions de bidonvilles doivent être précédées d'un diagnostic social et accompagnées de propositions d'hébergement. Mais aucune solution n'est proposée par les autorités...

Une solution alternative ?

Les associations qui suivent les familles, considèrent, quant à elles, que le camp du Samaritain peut-être un exemple pour y mener des actions d'intégration et d'accompagnement sur place. Ce qui serait une solution alternative à l’expulsion. « la Fondation Abbé Pierre et Médecins du monde ont fait une proposition inespérée à notre maire : nettoyer le bidonville, y installer l'eau courante et le sécuriser avant d'entamer un travail suivi pour que nous puissions scolariser les enfants, travailler, et, petit à petit, quitter le bidonville », précise-t-on dans la pétition.

Un projet qui serait entièrement autofinancé et soutenu par plusieurs membres du conseil municipal, la communauté d'agglomération, des dizaines d'associations, et même le préfet délégué à l'égalité des chances. Selon MdM, « un quart des hommes a pu avoir des contrats de travail » , des formations et des emplois ont été proposés par la Fondation Abbé Pierre et MdM.

Les associations ont le soutien d'un élu indépendant de la Courneuve, Mehdi Bouteghmes, qui espère faire changer d'avis au maire dans une tribune. Mais la municipalité reste campée sur ses positions. Elle affirme n'avoir « pas été impliquée » dans le projet des associations et s'y oppose de peur qu'il ne tende à « pérenniser les bidonvilles ». Le démantèlement du camp reste prévu pour la fin du mois d'août.

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