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Points de vue

Le “nouveau féminisme” de Fadela/Fatiha Amara

« Sois Beur et tais-toi ! »

Rédigé par Youssef Girard | Lundi 17 Octobre 2005

Dans Le Monde du 10 octobre[1] nous apprenions que la pasionaria du “féminisme de banlieue”, Fadela/Fatiha Amara, avait “décidé” de se rapprocher du “néo-gauchiste” Laurent Fabius. De fait, elle rompait avec son mentor politique, le pâtissier millionnaire Julien Dray [2].



La presse lève un bout du “voile”

Information intéressante, car pour la première fois, dans la presse nationale, on apprenait que madame Fadela/Fatiha Amara était une militante active du parti socialiste, en sa qualité de conseillère municipale PS de Clermont-ferrand. L’“omerta”, pour parler comme madame Amara, du microcosme médiatico-politique sur l’identité réel de la présidente de Ni putes ni soumises commençait enfin à être brisé. En effet, jusqu'à maintenant un “voile” “pudique” avait été posé par l’ensemble de la presse sur son appartenance au parti socialiste. On pouvait, par exemple, lire dans l’Humanité du 11 février 2004 que Madame Amara était en “visite” à Clermont-ferrand ville où elle est pourtant conseillère municipale !

Il viendra le jour où la presse “libre” et “indépendante” du “pays des droits de l’homme” nous “révèlera” après une longue et difficile enquête sur Google[3][3][3] que Madame Amara s’appelle en fait Fatiha et qu’elle est l’ancienne présidente de la Fédération nationale des Maisons des potes, liée à SOS Racisme. Cette presse “libre” et “indépendante” nous apprendra alors que le doux prénom de Fadela fut trouvé par le publiciste Jacques Séguéla ; celui-là même qui, en son temps, avait créé la petite main jaune et trouvé un nom “marketing” à Harlem Désir. Ah ! La grande presse d’investigation !

Oui, la réification du colonisé et du post-colonisé, évoquée par Fanon, existe. Preuve en est l’utilisation marchande faite de ces “cautions ethniques” par la bonne vieille gauche coloniale. “Cautions ethniques” qui ne sont que des marionnettes colorées entre les mains de responsables socialistes en mal d’exotisme.

De Dray à Fabius : à la recherche d’un nouveau protecteur

Au-delà de l’“omerta” qui règne sur l’identité réelle de Fadela/Fatiha Amara dans la presse nationale, on peut se poser une question : que signifie ce ralliement soudain au “révolutionnaire” Laurent Fabius ? La question est d’autant plus centrale qu’elle était restée jusque-là sagement, sous la coupe de l’agent socialiste de la place Vendôme, Julien Dray.

Ce ralliement à l’ancien premier ministre n’est pas dû à ses prises de positions en faveur du non à la constitution européenne puisque Madame Amara avait reçu la consigne, émanant d’un certain Julien, de voter oui. Non, la décision de Fadela/Fatiha Amara est beaucoup moins politique. Le référendum, la politique et tout le reste, elle n’en a cure. La seule chose qui l’intéresse c’est de pouvoir gratter les fonds de gamelle et ronger les quelques os que ses maîtres voudront bien lui lancer.

En faite, Fadela/Fatiha Amara n’a pas digéré que le beau Julien Dray lui préfère sa cadette et rivale Loubna Meliane pour intégrer le conseil national du parti socialiste au congrès de Dijon en 2003. Pour la conseillère municipale de Clermont-ferrand, cette décision fut une "une mauvaise plaisanterie". Pourtant Fadela/Fatiha Amara et Loubna Méliane ont le même parcours politique de militante socialo-opportuniste. Toutes les deux ont construit leur notoriété en crachant sur leurs parents, leurs frères ou leurs quartiers devant des journaleux qui n’attendaient que ça. Toutes les deux ont accepté de jouer le rôle de “caution ethnique au discours de la peur”. Toutes les deux ont accepté de revêtir l’habit de la gentille beurette luttant contre les méchants musulmans fanatiques et misogynes. Bref, toutes les deux ont été formatées à l’école s ocialiste de Julien Dray.

Mais voilà Julien à fait son choix et a intronisé Loubna Méliane. Et pour “les beurettes” du PS, comme pour les immortels d’Highlander, il ne peut en rester qu’une !

Dès lors Fadela/Fatiha Amara dû se trouver un nouveau protecteur. Un homme capable de lui faire miroiter des postes des sous-secrétaires d’état délégué aux couscous, à la babouche ou à la musique orientale. Madame Amara s’en moque. La seule chose qui l’intéresse c’est sa carrière. Et si Laurent Fabius peut lui permettre d’assouvir ses ambitions alors tant mieux. Comme on dit chez les khobzistes, ces gens qui militent pour leur khobz (leur pain) : qu’importe le poste pourvu qu’on ait la caisse !

Les nouveaux “copains” laïco-assimilationniste

Afin de pouvoir justifier son ralliement alimentaire à Laurent Fabius, Madame Amara invoqua ses positions très “claires sur la laïcité”. Il est vrai que Monsieur Fabius a toujours eu un discours a peu près aussi “éradicateur” que Fadela/Fatiha Amara. Il fut, comme Madame Amara, un militant acharné de la loi anti-voile.

Le rapprochement entre la militante sans protecteur et le candidat à la présidentielle sans “beurette” pour colorer sa campagne devint évidant. Déjà le 2 juillet 2005, à Canteleu, en Seine-Maritime, Fadela/Fatiha Amara avait participé aux ateliers organisés par le courant fabiusien juste avant un grand "banquet de l'amitié". Après cet amical banquet, les deux acolytes sont devenus “copains”, selon la terme de la quadragénaire présidente de NPNS.

Le ralliement officiel de Fadela/Fatiha Amara au clan fabiusien s’est fait le 9 octobre dernier, au cours de la fête de la laïcité organisée par le député et maire du 20ième arrondissement de Paris, Michel Charzat. Là, devant plus de deux cents militants socialistes, Laurent Fabius à rendu hommage à sa nouvelle “copine”. L’homme qui pensait que Jean-Marie Le Pen posait les “bonnes questions”, en profita pour remettre la “bonne question” de la laïcité sur la table[4].

En bon démagogue populiste, Laurent Fabius sait que cette question, avec tout ce qu’elle charrie de fantasme xénophobe et islamophobe, peut lui permettre d’espérer piquer quelques voix à celui qui pose les “bonnes questions”. Ainsi il jugea le bilan de la loi du 15 mars 2004 qui permit d’exclure quelques centaines de jeunes filles fichutées de l’école publique et par la même de mettre leur scolarité en danger, comme “positif” mais “pas suffisante”.

Fabius :

Pour répondre à ces “insuffisances”, Monsieur Fabius a proposé une "charte des principes laïques dans les services publics". Cette charte, a-t-il expliqué, permettrait que "nous ne retrouvions pas d'ici quelques années, par exemple à l'hôpital, les mêmes difficiles problèmes que nous avons affrontés à l'école". Peut-être que dans un élan d’humanisme Monsieur Fabius voudrait interdire l’accès des femmes voilés aux services des urgences ! Sans accès au soin il serait au moins sûr que ces malotrues “disparaîtraient” de l’espace publique ! Mais au moins leur évitera-t-il, peut-être, d’être transfusé par quelques poches du sang contaminé !

L’ancien premier ministre profita de la fête de la laïcité pour poser “la bonne question” du moment : "Pourquoi ne pas reconnaître, même si juridiquement c'est différent, qu'il y a une pratique laïque à développer dans le milieu du travail ?". Laurent Fabius a également suggéré la mise en place d'un "projet civique obligatoire s'adressant aux fils et aux filles de France" qui les conduirait "à donner six mois de leur temps au service de l'intérêt général".

Monsieur Fabius a dû mal concevoir la société en dehors des ornières de la France de la Troisième République. Bel époque où la laïcité était respectée, où il n’y avait point de musulmans “ostensibles”, où l’Algérie était français et où les femmes n’avaient pas le droit de vote ! Comme quoi laïcité et droits des femmes ne vont pas toujours de pair.

Mais Laurent Fabius est bien plus préoccupé par la laïcité que par les droits des femmes ! Face à la candidature de Ségolène Royale, l’ancien Premier ministre n’a rien trouvé de mieux que se demander : "Qui va garder les enfants ?". Réflexion réconfortante d’un homme qui, semble-t-il, est un vigoureux défenseur de la cause féminine. Quelles positions doivent occuper les femmes dans notre société selon Monsieur Fabius ? Rester enfermées à la maison, s’occuper des enfants et faire la cuisine ? Pense-t-il que les femmes peuvent avoir un engagement politique ? Où préfère-t-il la France de 1905 ? “Belle époque” où les femmes n’étaient pas éligibles ? Elles pouvaient ainsi s’atteler à leur “vraie” tâche : “garder les enfants” !

Ces questions méritent d’autant plus être posées que Jean-Luc Mélanchon, le principal allier de Monsieur Fabius au sein du PS dans la course à la présidentielle, affirmait lui que "la présidence de la République n'était pas un concours de beauté". Attaque sexiste qui visait, elle aussi, Ségolène Royale.

“Nouveau féministe” ou vieil opportunisme ?

Madame Amara ne semble pas gênée outre mesure par les propos de ses nouveaux “copains”. Selon eux, les femmes semblent être cantonnées à un rôle de pin-up ou de mère pondeuse. Pour s’en tenir aux termes de Fadela/Fatiha Amara, les femmes selon Laurent Fabius et Jean-Luc Mélanchon, ne peuvent être que “pute” ou “soumise”.

On aimerait savoir ce que la pasionaria du “nouveau féminisme”[5][5][5] pense de ces déclarations sexistes ? En tant que “nouvelle féministe”, comment peut-elle s’allier avec des hommes qui tiennent des propos d’une telle violence envers les femmes ? Peut-on à la fois se déclarer “nouvelle féministe” et soutenir un homme qui tient des propos clairement misogynes ? Les “nouvelles féministes” acceptent-elles de collaborer avec des machistes déclarés ? Les “nouvelles féministes” pensent-elle que les femmes soit faites uniquement pour “garder les enfants” ?

Peut-être que le “nouveau féminisme” de Madame Amara n’est que de la poudre aux yeux ? Une nouvelle “arnaque” de khobzistes pour financer ses ambitions ? Ce “nouveau féministe” n’est peut-être qu’un discours servant à criminaliser un peu plus les quartiers populaires, l’islam ou les immigrés ? Un “nouveau féminisme” qui n’aurait uniquement pour but d’opposer les filles et les garçons des milieux populaires en général et ceux de culture musulmane en particulier ? Et pourquoi vouloir les diviser sinon pour perpétuer une domination ? Divisé pour régner comme au plus beau moment de l’Algérie Française.

Mais sur le machisme de ceux qui vous nourrissent rien, pas un mot, silence ? Silence complice. Quelle aurait été votre réaction si de tels propos avait été tenus par des “jeunes de banlieues” ? La faute aurait été sûrement mise au compte du machisme congénital des maghrébins. Ou sur le compte de l’islam.

La vérité est que Laurent Fabius, contrairement aux habitants des quartiers populaires, peut assurer à Madame Amara un poste et le train de vie qui va avec. En bonne khobzsite, en bonne gratteuse de gamelle, en bonne rongeuse d’os, Fadela/Fatiha Amara sait choisir les gens qu’elle attaque en fonction de se qu’ils peuvent lui rapporter. A ce petit jeu, Monsieur Fabius peut lui apporter beaucoup et les habitants des quartiers populaires rien. Cela a le mérite d’être clair. Ainsi nous savons d’avance contre qui Fadela/Fatiha Amara continuera de cracher votre venin.

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[1][1][1] Cf. http://minorites.org/article.php?IDA=12345

[2][2][2] Dray, fondateur SOS racisme, c’est fait une spécialité de fabriquer de bon petit beur, sage et soumis. Monsieur Dray qui aime a répété qu’il est “proche du peuple”, se plaie à exhiber des montres à complication pouvant dépasser les 200 000 francs. Cf. < /FONT>http://lmsi.net/article.php3?id_article=388

[3][3][3] Pour ceux qui n’ont jamais essayé tapé Fatiha Amara sur n’importe quel moteur de recherche sur Internet, vous trouverez des résulta éloquent. Cela en dit long sur la complicité des journalistes, ces “nouveaux chiens de gardes” selon Serge Halimi, dans la construction de mouvement tel qu’SOS Racisme puis Ni Pu tes Ni Soumises.

[4][4][4] Cf. http://minorites.org/article.php?IDA=12288

[5][5][5] Fadela/Fatiha Amara répète à longueur d’interview qu’elle est porteuse d’un “nouveau féminisme” qui a pour but de rompre à l’ancien féminisme qui serait “un truc de bourgeoise”. En fait être “bourgeoise” pour Madame Amara doit vouloir dire que ces femmes remettaient en cause les “bourgeois” alors qu’elle ne s ’attaque qu ‘au population des quartiers “issues de l’immigration”. On comprend d’emblé que se nouveau féminisme se caractérise par son “audace” et son “courage politique”. Haro sur les dominés pourrait être les slogan de se “nouveau féminisme”.