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Sur le vif

Le PS ne pourra plus gagner sans l'électorat musulman (Bariza Khiairi)

Rédigé par La Rédaction | Jeudi 17 Avril 2014



« De quoi le "vote musulman" est-il le nom ? » Dans une tribune parue sur Mediapart jeudi 17 avril, Bariza Khiari, la sénatrice socialiste de Paris et vice-présidente du Sénat, analyse l’influence du vote musulman sur la déroute électorale du PS aux municipales, alors que jamais des élections intermédiaires n’avaient à ce point sanctionné le pouvoir en place.

Le recul historique des socialistes s’explique en partie par le détournement du « vote musulman » du PS, considéré comme acquis par des stratèges socialistes. Nombre de « musulmans de gauche » se sont abstenus ou se sont tournés vers les listes citoyennes, selon Bariza Khiari.

Les résultats des municipales « expriment une double sanction » : « le sentiment d’avoir encore une fois été bernés et trahis et le rejet d’un agenda politique centré principalement sur les questions sociétales », écrit-elle. La polémique autour du mariage pour tous ou de la théorie du genre, relevée par plusieurs candidats sortants non réélus, a eu une influence certaine auprès des musulmans, qui se singularisent « idéologiquement par des valeurs conservatrices sur les questions de société ».

Plus encore, c’est le non respect des engagements de François Hollande les « renoncements successifs » du PS, que cet électorat a sanctionné en n’apportant pas ses voix aux candidats socialistes. « L’électeur de confession musulmane à qui on avait promis, de surcroît, l’encadrement des contrôles au faciès, le droit de vote (des étrangers) aux élections locales, une politique visant à voter contre les discriminations » s’est senti trahi à plus d’un titre, souligne la sénatrice.

« Faut-il rappeler que le "curseur" des musulmans, comme le reste de nos concitoyens, n’est pas bloqué autour de la seule variable culturelle ? », lance-t-elle. Pour regagner les faveurs de cette frange de l’électorat « particulièrement sensible aux questions de justice sociale et d’égalité », elle appelle le PS à passer des promesses aux actes, sans quoi « il ne pourra plus gagner d’autres élections nationales ». Du moins, « il n’est pas interdit de (le) penser ».