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Politique

Hollande : un an après, espoirs déçus, musulmans désabusés

Rédigé par Maria Magassa-Konaté et H. Ben Rhouma | Lundi 6 Mai 2013

Il y a un an jour pour jour, le 6 mai 2012, François Hollande était élu président de la République. Un bilan de la première année de son quinquennat s’impose et n'est pas des plus reluisants de la 5e République.



Hollande : un an après, espoirs déçus, musulmans désabusés
Une crise économique persistante avec un taux de chômage record au mois de mars 2013 (10,2 %) et un taux de croissance qui ne décolle pas du 0 %, voilà qui marque la première année du quinquennat de François Hollande

En vertu du principe de cause à effet, l’impopularité du chef de l’Etat atteint des sommets. Selon différents instituts de sondage, sa cote de popularité n’a fait que dégringoler en un an pour se situer aujourd’hui autour de 25 %. Sa popularité suit la courbe d’un climat économique de plus en plus morose.

Après l’affaire Cahuzac, la confiance au gouvernement a bien cédé la place au scepticisme quant à la capacité de la gauche à donner une image plus transparente et saine de la politique.

Des mesures économiques insuffisantes

Pour faire face à la crise, la gauche a bien tenté des choses avec le lancement des emplois d’avenir en novembre 2012 et du contrat de génération en février. Mais en attendant des résultats, ces mesures restent insuffisantes pour endiguer le chômage et n'empêchent pas les plans sociaux de se multiplier comme l’illustre la fermeture de l’aciérie de Florange où une plaque des « promesses non tenues » de François Hollande a été inaugurée en avril.

Le chef de l’Etat a également suscité la grogne de chefs d’entreprise en octobre après l’annonce de la taxation de l’argent gagné lors de la vente d’une entreprise. Pour rectifier le tir, il a annoncé, fin avril, une série de mesures pour développer l’entrepreneuriat, notamment dans les banlieues, qui restent à mettre en œuvre.

Une nouvelle loi anti-voile en vue ?

La déception demeure vive chez beaucoup d'électeurs de Hollande. La promesse emblématique du droit de vote des étrangers extra-communautaires a été jetée aux oubliettes, tout comme les mesures en vue de lutter contre les contrôles au faciès. Et l’intransigeance du ministre de l’Intérieur Manuel Valls sur le volet de l'immigration est une désillusion pour les associations de défense des sans-papiers qui espéraient bien mieux avec l’arrivée de la gauche au pouvoir.

Quant aux musulmans qui ont voté majoritairement pour François Hollande lors de la présidentielle 2012, ils peuvent être légitimement déçus d’un président qui a dernièrement estimé nécessaire le vote d’une loi pour interdire les signes religieux dans les crèches après l'annulation, par la Cour de cassation, du licenciement d'une salariée voilée de la crèche Baby Loup. La montée inexorable de l'islamophobie à laquelle le gouvernement ferme les yeux nourrit toujours plus le sentiment de déception.

Bien que François Hollande ait un discours plus apaisé que son prédécesseur, les débats polémiques sur la laïcité sont aussi revenus sur le devant de la scène, au grand dam des citoyens de confession musulmane qui en avaient été gavés sous le quinquennat Sarkozy.

Le mariage pour tous, une promesse tenue contestée

François Hollande avait promis le changement. Force est de constater qu’il n'est pas prêt de venir. Si ses choix de retirer les troupes d'Afghanistan et d’intervenir au Mali, en janvier 2013, ont été salués par l’opinion, son obstination à faire adopter au plus vite la loi sur le mariage pour tous a suscité les mécontentements les plus vifs.

Après une première manifestation en novembre 2012, les rassemblements contre ce projet de loi ont pris une ampleur impressionnante en réunissant des centaines de milliers de personnes dès le mois de janvier. La loi a finalement été adoptée en avril mais la mobilisation continue.

Au regard de ce bilan, les Français sont sans appel. Une majorité (76 %) jugent négativement la première année du quinquennat de François Hollande, d’après un sondage TNS Sofres dévoilé lundi 6 mai.

Le chef de l'Etat a réuni pour le premier anniversaire de son mandat Jean-Marc Ayrault et ses 37 ministres en séminaire à l'Elysée pour discuter « bilan et perspectives ». Il lui reste bien des efforts à faire pour redresser la barre et reconquérir l'opinion, à l'approche des élections municipales de 2014 auxquelles le PS pourrait bien être sanctionné.






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