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Grâce à nos différences

La gratuité changera le monde !

Rédigé par | Jeudi 6 Décembre 2018



La gratuité changera le monde !
5 décembre ! Pendant que la France répare les dégâts de la mobilisation sociale des gilets jaunes, eux-mêmes essayant de réparer les dégâts de l’humiliation et de la violence du capitalisme, la communauté internationale célèbre aujourd’hui (et comme chaque année) la journée mondiale du bénévolat.

Pendant que la rémunération du capital augmente à la vitesse des eaux remplissant la baie du mont Saint-Michel, les moins fortunés s’entraident toujours davantage. Depuis dix ans, la hausse du bénévolat est presque aussi spectaculaire que la hausse des inégalités. Il n’y a évidemment aucun lien entre les deux, mais il est bon de souligner que les arbres qui s’abattent feront toujours plus de bruit qu’une forêt qui germe. En effet, nous sommes passés de 36 % à 39 % de Français bénévoles, et de 22 % à 25 % des Français bénévoles au sein d’une association d’intérêt général.

Lire aussi : Solidarité : donner de soi, de son temps, de son argent

On définira le bénévolat comme du temps gratuit et solidaire donné en dehors de sa famille. Le bénévolat recouvre trois réalités bien distinctes et complémentaires : d’abord le bénévolat associatif au sein d’une association de loi 1901 d’intérêt général ; ensuite le bénévolat indirect au sein d’une organisation d’opinions politique, syndicale ou religieuse au service d’une communauté de convaincus ; enfin, le bénévolat direct ou l’entraide avec ses voisins ou ses amis sans lien familiaux.

En moyenne, toutes formes de bénévolats confondus, les Français bénévoles donnent deux heures et demie par semaine de gratuité. Des organisations comme le Secours catholique peuvent compter sur 67 000 recrues gratuites, la Croix-Rouge 52 000, Les Restos du cœur 51 000 et les Scouts et Guides de France 17 000. Merci d’ailleurs à ces derniers de m’avoir appris le bénévolat !

Les 15-35 ans, injustement réputés égoïstes, sont, malgré leur manque de temps et d’autonomie, bénévoles à 21 %. Il est vrai que plus le niveau d’études est faible, plus le niveau de la catégorie socio-professionnelle est précaire, plus il est difficile aux individus de trouver du temps et même la possibilité économique de s’engager, tant la vie est difficile à boucler.

Parmi ceux qui ne s’engagent pas, 46 % sont freinés à cause du manque de temps, et seulement 8 % par manque d’intérêt. Il y a de bonnes raisons d’espérer ! J’en profite pour remercier les 8 000 jeunes qui depuis dix ans ont un jour été bénévoles à Coexister.

Mais la question reste, pour que la gratuité puisse sauver le monde, de trouver un moyen de motiver les Françaises et les Français qui ne sont pas encore bénévoles et qui en ont le temps, l’envie et les moyens. 38 % d’entre eux aimeraient passer à l’action mais ne savent pas comment. Bénévoles, unissez-vous et mobilisez les hésitants autour de vous !

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Chronique publiée en partenariat avec RCF et Médiapart



Samuel Grzybowski
Samuel Grzybowski est entrepreneur social et militant associatif. Il est fondateur de Coexister... En savoir plus sur cet auteur