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Arts & Scènes

L’Institut du monde arabe plaide pour un musée en Palestine

Rédigé par Lina Farelli | Samedi 15 Septembre 2018

Jusqu’au 15 janvier 2019, l’Institut du monde arabe, à Tourcoing, présente « Pour un musée en Palestine ». Cette exposition constituée d’œuvres collectées grâce à des dons d'artistes internationaux préfigure ce que pourrait être le futur musée national palestinien. Un acte tout autant artistique que politique.



L’Institut du monde arabe plaide pour un musée en Palestine
Voilà trois ans que l’idée avait germé. Créer un musée en Palestine, malgré le conflit géopolitique. Depuis, la solidarité artistique a fait ses preuves. Plus de 340 œuvres‭ font désormais partie de la collection de ce musée sans murs.

Du 15 septembre 2018 au 15 janvier 2019, l’Institut du monde arabe (IMA) Tourcoing organise une exposition intitulée « Pour un musée en Palestine », sous la coordination d’Elias Sanbar, ambassadeur de la Palestine auprès de l’Unesco, et de l’artiste plasticien, Ernest Pignon-Ernest, tous deux à l'origine de cette idée de collection à la fois itinérante et en exil.

L’exposition a été inaugurée vendredi 14 septembre. Un spectacle de danse soufie est au rendez-vous durant le weekend du 15 et 16 septembre, à l'occasion des Journées européennes du patrimoine.

Une collection‭ de l’exil constituée par des dons solidaires


« La longue marche du peuple palestinien », une œuvre de Julio Leparc présentée dans le cadre de l’exposition « Pour un musée en Palestine », à l’IMA-Tourcoing.
« La longue marche du peuple palestinien », une œuvre de Julio Leparc présentée dans le cadre de l’exposition « Pour un musée en Palestine », à l’IMA-Tourcoing.
L’initiative d’une telle exposition est née de la volonté de plusieurs artistes arabes et internationaux d’édifier un musée d’Art moderne et contemporain en Palestine, à Jérusalem-Est. Le 16‭ ‬octobre 2015‭‭, ‬Jack Lang, président de l’IMA, et Elias Sanbar‭, ambassadeur de la Palestine auprès de l’Unesco‭,‬ ‬signent un partenariat pour‭ ‬œuvrer à la création du musée.

La démarche s’inspire du mouvement des artistes‭ internationaux qui dénonçaient ‬l’apartheid dans les années 1980 et ont créé le « musée de l’Exil ». Un projet bâti sur la contribution solidaire des artistes‭. ‬

Pour constituer le fonds du musée en Palestine, les appels aux dons lancés à l’intention des artistes mondiaux se sont avérés fructueux. Deux expositions ont déjà eu lieu en 2017 et en 2018, à l’Institut du monde arabe (Paris).

Coordonné par l’artiste Ernest Pignon-Ernest, l’ensemble de la collection‭ est pour l’heure conservé à l’IMA. Il comprend plus de 300 œuvres issues des courants artistiques des 50 dernières années, y compris l'art urbain, la photographie et la bande dessinée.


Hommage à Mahmoud Darwich

Cette année, de nouvelles pièces d’exposition sont dévoilées pour la première fois à Tourcoing. L’édition, après celles de Paris, voit la participation d’éminents artistes, à l’instar de Gérard Fromanger, de Rachid Koraïchi, de Robert Combas, etc. Au total, ce sont 50 artistes qui exposent « pour un musée en Palestine ».

Lors de ces quatre prochains mois d’exposition, un cours sur l’histoire de l’art moderne dans le monde arabe sera dispensé à l’IMA-Tourcoing. Une semaine d’hommage au poète palestinien Mahmoud Darwich se tiendra du 10 au 18 octobre. Une série de soirées-débats aura lieu du 16 au 18 novembre, avec la présence, notamment, de Leila Shahid, ancienne ‬ambassadrice de la Palestine auprès de l’Union européenne.


Même si le projet de construction d’un musée en Palestine reste encore en gestation, des démarches ont déjà été entreprises en matière de prospection de terrain où le bâtiment se dresserait, de collecte de dons solidaires et d’entretien avec d’illustres architectes.

Malgré la conjoncture politique qui secoue la Palestine et les pays voisins, ce projet initié par l’IMA et l’Association d’art moderne et contemporain en Palestine reste sur une bonne avancée.