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Khadafi s’achète une nouvelle image

Rédigé par Colin Zohra | Jeudi 4 Septembre 2003 à 00:00

           

Le vendredi 15 août dernier, la Libye reconnaissait sa responsabilité dans les attentats de Lockerbie (Ecosse). L’explosion en vol du Boeing de la PANAM avait fait 270 morts le 21 septembre 1988. De plus, La Libye admettait sa responsabilité dans l’attentat contre le DC-10 de la compagnie UTA sur la ligne Brazaville-Paris, le 19 septembre 1989, dans le désert du Ténéré, au Niger. Le bilan fut de 170 morts, dont 54 Français.



Le vendredi 15 août dernier, la Libye reconnaissait sa responsabilité dans les attentats de Lockerbie (Ecosse). L’explosion en vol du Boeing de la PANAM avait fait 270 morts le 21 septembre 1988. De plus, La Libye admettait sa responsabilité dans l’attentat contre le DC-10 de la compagnie UTA sur la ligne Brazaville-Paris, le 19 septembre 1989, dans le désert du Ténéré, au Niger. Le bilan fut de 170 morts, dont 54 Français.

 

La menace du veto français
La président Khadafi a convenu d’indemniser les familles des victimes de ces attentats. Elles attendaient, depuis de longues années, que la Libye reconnaisse sa responsabilité. L’indemnisation pour les attentats de Lockerbie, a été estimée par la Lybie à 2,7 milliards de dollars. Soit une somme de 10 millions de dollars par famille. Tandis que les familles des victimes du DC 10 ne seront indemnisées que de 33780 dollars. Un montant qui ne satisfait pas la France qui menace de bloquer le vote du Conseil de Sécurité sur le projet d’une résolution sur la levée des sanctions par l’ONU imposée à la Libye en 1992 et suspendue en 1999. La France exige la révision du montant du préjudice des attentats qui ne lui semble pas équitable.

Un accord est trouvé
Les familles dans ce procès sont représentées par un Collectif et par l’association SOS Attentats, présidée par Françoise Rudetzki. De retour de Tripoli dimanche dernier, Françoise Rudetzki annonce qu’un accord a été trouvé mais que rien n’a encore été signé. Lors d’un discours télévisé, le président Libyen a indiqué que Tripoli et Paris avaient trouvé un accord ' Nous nous sommes convenus de parvenir à une formule par le biais de la Fondation Kadhafi pour résoudre la question des compensations ' a-t-il déclaré.

La fondation caritative Kadhafi dirigée par Seif Al Islam, le fils du président libyen. Elle est à la base des négociations avec les familles des victimes. Seif Al Islam assure que ' la négociation s’est faite avec les familles des victimes ' et qu’il s’agissait ' d’une formule d’entente satisfaisante pour toutes les parties à la suite de nombreuses rencontres et négociations qui ont commencé il y a 1 an '. Il ajoute, sans autres explications, que l'accord devrait permettre de 'résoudre' la question des six Libyens condamnés à la prison à vie, par contumace, en France en 1999, pour avoir provoqué l'attentat du DC-10. La Libye s’est refusé à extrader les six accusés (dont un beau-frère de Kadhafi), membre des Services Secrets libyens. La fondation a continué de soutenir leurs innocences.

De son côté le Colonel Kadhafi tente de minimiser cette tension diplomatique : ' les affaires d’UTA et de Lockerbie sont derrière nous, dit-il, nous avons entamé, à présent, une nouvelle page dans nos relations avec l’Occident. De plus, l’argent ne nous importe pas. Nous avons notre dignité '.

Rien n’est encore signé
Le Collectif des familles et le ministre des affaires étrangères, Dominique de Villepin, ont estimé la fin de l’accord n’était qu’ ' une question d’heure '. Depuis leur retour de Tripoli, il y a eu de nouveaux contacts avec la Fondation Kadhafi. Mais ' il n’y a pas eu d’avancé ' a déclaré à AFP le porte parole du collectif des familles, Guillaume Denoix de Saint-Marc. Il indique ' que le contact se poursuivait. La balle est dans le camp libyen ', ajoutant que la situation n’avait ' rien de dramatique '. Pour l’heure, ces négociations se déroulent par téléphone entre la Fondation Kadhafi et le collectif des familles. Un nouveau voyage à Tripoli serait prévu, probablement pour procéder à la signature de l’accord trouvé.






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