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Sur le vif

Jordanie : des émeutes après la flambée des prix du carburant

Rédigé par La Rédaction | Jeudi 15 Novembre 2012



Face à la flambée des prix du carburant et du gaz, les Jordaniens ont voulu exprimer leur colère mardi 13 et mercredi 14 novembre en descendant dans les rues. Grèves et manifestations ont été organisées après une nuit d’émeutes.

Un manifestant a été tué et plusieurs autres ont été blessés, mardi, dans la deuxième ville la plus peuplée du pays, à Irbid, rapporte Reuters. Un commissariat y avait été visé par les protestataires. A Salt, ce sont des bâtiments gouvernementaux qui ont été pris pour cible. Le même jour, à Amman, la capitale, plus de 2 000 manifestants avaient décidé de manifester près du ministère de l'Intérieur. 24 personnes ont été arrêtées par la police.

Un responsable de la sécurité a également fait état d'« émeutes violentes » dans les villes de Karak, Tafileh et Maan, dans le sud du pays.

Ces violences ont éclatés après que le gouvernement ait annoncé, mardi soir, une hausse des prix de l'essence (de 0,71 dinar à 0,80 dinar, soit 0,88 €) et de la bonbonne de gaz domestique (de 6,5 dinars à 10 dinars, soit 11 euros), soit + 53 % d’augmentation. Le tarif des transports publics a également augmenté de 11 %.

La pilule a du mal à passer auprès de la population qui, lors des manifestations, a réclamé la démission du gouvernement mené par le Premier ministre Abdallah Nsour. Celui-ci avait annoncé un déficit budgétaire de 3,8 milliards d'euros en 2012 et a parlé d'une situation économique « très précaire » pour justifier les augmentations. « La décision de réexaminer les subventions sur le carburant aurait dû être prise il y a deux ans », avait-t-il ajouté.

Près de la moitié des 120 000 professeurs des écoles publiques ont fait grève mercredi, selon le syndicat d'enseignants, qui a assuré que le mouvement « continuera jusqu'à ce que le gouvernement revienne sur sa décision (...) irresponsable ». Des avocats ont également cessé de travailler.

Cette vague protestation intervient à quelques semaines des élections législatives de janvier 2013 que Les Frères musulmans, la principale force de l'opposition, comptent boycotter. Ils ont mis en garde contre un mouvement de « désobéissance civile » après les dernières annonces du gouvernement.

Depuis près de deux ans, la Jordanie vit un « Printemps arabe » pacifique. Jusque là, les revendications portaient sur l'accélération des réformes politiques et la limitation des pouvoirs du roi mais à présent, avec la hausse des prix du carburant et du gaz, la contestation prend une plus grande ampleur.

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