Connectez-vous S'inscrire






Sur le vif

Indonésie : une femme en prison pour s’être plainte du bruit d’une mosquée

Rédigé par Lina Farelli | Mercredi 22 Août 2018



Indonésie : une femme en prison pour s’être plainte du bruit d’une mosquée
Au nom de la loi fort controversée sur le blasphème en Indonésie, une Chinoise de confession bouddhiste a été condamnée à 18 mois de prison par le tribunal de la ville de Medan, sur l’île de Sumatra. Selon la justice locale, les propos et les plaintes de cette femme ont déclenché des émeutes qui se sont soldées par le pillage de plusieurs temples bouddhistes.

En 2016, Meiliana avait exhorté les responsables de la mosquée locale, située près de son domicile, à baisser le volume des haut-parleurs au moment de l'appel à la prière car ceux-ci lui faisaient mal aux oreilles. Deux ans après ces déclarations, le tribunal de Medan s’est prononcé et l’a « légalement et irréfutablement reconnu coupable (…) d’avoir commis un blasphème contre une religion professée en Indonésie ».

Pour Amnesty International, il s’agit d’une « violation flagrante de la liberté d’expression ». Usman Hamid, directeur de la section indonésienne de cette organisation internationale, a d’ailleurs précisé que « condamner quelqu’un à 18 mois de prison pour quelque chose de si trivial est une flagrante démonstration de l’application de plus en plus arbitraire et répressive de la loi sur le blasphème ». D’autres défenseurs de droits de l’homme soutiennent d’ailleurs que cette affaire aurait dû être réglée à l’amiable.

Un responsable de l’Institut indonésien d’aide juridique a reconnu auprès du Jakarta Post qu’il s’agissait d’une « vieille affaire » qui a refait surface. Pour lui, la pression populaire a sans nul doute joué dans les poursuites et le jugement du tribunal. « Dans une affaire de blasphème comme celle-ci (ceux qui sont chargés d’appliquer la loi) écoutent souvent les fatwas du MUI », le Conseil indonésien des oulémas, a-t-il ajouté.

L'emprisonnement de Mieliana est la dernière en date d’une série de condamnations très critiquées au nom de la loi contre le blasphème dans ce pays à majorité musulmane. L’avocat de cette quadragénaire, Ranto Sibarani, a déclaré qu’il fera appel au jugement du tribunal.

Lire aussi :
Indonésie : une ado en prison après avoir avorté d’un enfant conçu de viols incestueux
Indonésie : en plein séisme, un imam continue de diriger la prière plutôt que de fuir (vidéo)