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Sur le vif

Inde : un site sacré pour musulmans et hindous disputé

Rédigé par La Rédaction | Mardi 10 Mai 2011



La Cour suprême indienne a suspendu, lundi 9 mai, une décision de justice rendue fin septembre ordonnant la partition du site d’Ayodhya, disputé depuis 150 ans entre hindous et musulmans, rapporte le quotidien La Croix.

La Haute cour de l’État de l’Uttar-Pradesh avait ordonné que ce site, sacré pour les deux confessions, soit divisé en trois parties, l’une pour les musulmans, l’autre pour un temple hindou et la dernière pour une organisation hindoue.

Pourtant, « ce (jugement) est très étrange et surprenant. Personne n’a demandé la partition du terrain. La Haute cour d’Allahabad a pris une décision qui n’avait été demandée par personne », a déclaré l’un des deux juges de la Cour suprême qui ont ordonné que le statu quo soit maintenu sur le site et qu’aucune construction ne soit élevée.

Ayodhya est au cœur de controverses depuis un siècle et demi quand les hindous ont commencé à dénoncer la mosquée Babri, construite en 1528 par l’empereur moghol Babur. Selon les nationalistes hindous, elle se situe sur le lieu de naissance de Rama, un des principaux dieux de l’hindouisme, et a été érigée sur les ruines d’un temple hindou dédié à ce dieu et rasé par l’envahisseur musulman.

Le conflit a pris de l’ampleur à partir de 1949 quand des statues de Rama ont été déposées dans la mosquée, et que des hindous ont réclamé le droit d’y prier. Les musulmans saisirent alors la justice. Mais depuis, l’affaire traîne devant les tribunaux.

Le site a été la cause de nombreuses violences interconfessionnelles ces dernières décennies. Elles atteignirent son apogée en 1992 lorsque des dizaines de milliers de militants nationalistes ont détruit la mosquée, déclenchant les pires violences depuis l’indépendance de l’Inde, en 1947, faisant plus de 2 000 morts, en majorité de confession musulmane.

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