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Sur le vif

Goasguen renvoyé à son passé d'extrême droite

Rédigé par La Rédaction | Mercredi 26 Février 2014



Tensions dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, mardi 25 février. Manuel Valls a suscité un tollé dans les rangs des députés UMP en s’en prenant à Claude Goasguen, lors de la séance des questions au gouvernement.

Prenant la parole pour répondre au député UMP Yannick Moreau, qui dénonçait un laxisme des forces de l’ordre face aux opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, samedi 22 février à Nantes, le ministre de l’Intérieur a pris à parti Claude Goasguen qu’il voyait réagir à ce sujet.

« M. Goasguen, vous en venez, vous, de l’extrême droite », a-t-il lancé au député UMP et maire du 16e arrondissement de Paris. « Contrairement à vous, nous ne sommes complaisants avec personne, vous, vous avez été complaisants avec ceux qui s’en prenaient aux valeurs de la République » lors des manifestations anti-mariage pour tous, a encore clamé Manuel Valls en direction de l'opposition.

Outrés, presque l’ensemble des députés UMP a quitté l’hémicycle. Jugeant les propos de Manuel Valls « ignobles » et « faute d’excuses formelles », ils ont décidé de boycotter, mercredi 26 février, la dernière séance de questions au gouvernement, avant la trêve de cinq semaines liée aux municipales.

Un ancien partisan de l'Algérie française...

A l’issue de cette séance très agitée, le chef de file des députés PS Bruno Le Roux est revenu sur l’accusation de Manuel Valls, en affirmant que Claude Goasguen avait appartenu au mouvement d’extrême droite Occident à la fin des années 1960 lorsqu’il était étudiant.

L’intéressé s’est défendu en expliquant n’avoir « jamais été membre d’Occident, contrairement à des proches comme Alain Madelin, Gérard Longuet (qui a co-fondé Occident, ndlr), Patrick Devedjian, mais président de la Corpo d’Assas », un syndicat étudiant étiqueté de droite. En 2007, il déclarait cependant sur LCP que la Corpo « n’était guère mieux (qu'Occident, ndlr), je dois bien le reconnaître ».

« Etant alors partisan de l’Algérie française, j’ai soutenu Jean-Louis Tixier-Vignancourt (candidat d’extrême droite, ndlr). Mais tous ceux qui défendaient l’Algérie française n’avait pas une démarche d’extrême droite », a estimé le député, ardent défenseur de la politique d’Israël, également à la tête du groupe parlementaire d'amitié France-Israël.

... aux liens manifestes avec l'extrême droite

Pourtant, mercredi, il est noté sur Wikipédia que Claude Goasguen fut « proche de figures telles qu'Alain Madelin, Hervé Novelli, Patrick Devedjian, Gérard Longuet, alors membres du mouvement d'extrême droite Occident, "à la direction duquel, il était chargé, en 1967, avec Gérard Longuet et Jean-Jacques Guillet, de l'entrisme dans les syndicats" ». Cette information provient directement du livre de Frédéric Charpier intitulé Génération Occident, de l'extrême droite à la droite (Seuil, 2005).

Sur la fiche biographique du député publiée sur le site de la Bibliothèque Nationale de France (BNF), citée notamment par Le Parisien, on peut toujours lire que Claude Goasguen a « dirigé » les mouvements d’extrême droite Occident puis Ordre nouveau, inspiré du mouvement néofasciste italien Ordine Nuovo et qui fut à l'origine de la création du Front national en 1972.

Pour Frédéric Charpier, Claude Goasguen a eu, a minima, des « liens manifestes » avec Occident. Comme lui, de nombreux ex-responsables du mouvement, qui était ouvertement raciste, ont choisi de continuer leur vie politique à l'UMP. Un passé que chacun d'eux tente de faire oublier pour s'éviter les critiques que d'aucuns estiment légitimes au regard des propos xénophobes successifs qui leur sont attribués sans être pour autant condamnés.

Le dernier exemple nous vient justement de Claude Goasguen, qui a déclaré qu’on n’osait plus enseigner la Shoah dans les lycées « tant on a peur des réactions des jeunes musulmans qui ont été drogués dans les mosquées ». Des propos que la gauche comme la droite n’ont toujours pas daigné dénoncer.