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Société

L’islamophobie de Goasguen face aux partisans d'Israël, Abdallah Zekri réagit

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Lundi 10 Février 2014



Le palais Brogniart à Paris décoré aux couleurs du KKL qui y a tenu son gala le 2 février.
Le palais Brogniart à Paris décoré aux couleurs du KKL qui y a tenu son gala le 2 février.
Claude Goasguen, chantre du sionisme, se distingue à l'UMP par ses propos xénophobes récurrents. Cette fois, le député, également président du groupe d’amitié France-Israël à l’Assemblée nationale, est allé très loin dans sa stigmatisation des musulmans, à l’occasion du gala du KKL, le Fonds national juif. Cette organisation, accusée d’exproprier des terres dans le cadre d’une politique de judaïsation de la Palestine, a organisé son évènement annuel le 2 février au Palais Brogniart, à Paris.

Lors d'une table ronde à laquelle il était invité à participer, le maire du 16e arrondissement de Paris a vigoureusement accusé les militants des actions de boycott menées par la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) d’entretenir l’antisémitisme en France. Une rhétorique entretenue de longue date par le Conseil des institutions juives de France (CRIF) et ses alliés. « L’antisémitisme a basculé dans la haine d’Israël », a-t-il lancé à l’assemblée.

L’enseignement de la Shoah « menacé par des musulmans »

Claude Goasguen a surtout été remarqué, lors de son intervention, pour une phrase qui a choqué les musulmans a posteriori : il a déclaré qu’on osait plus enseigner la Shoah dans les lycées « tant on a peur des réactions des jeunes musulmans qui ont été drogués dans les mosquées » (séquence dès 1’12). Cette seule phrase, entendue dans une vidéo épinglée par le site Panamza, a de quoi indigner : non seulement honteuse, elle part d’un mensonge grotesque alimenté par l’essayiste Caroline Fourest pour qui l’enseignement de l’Holocauste est menacé dans les établissements scolaires.

Ces propos ont été tenus en présence du président du CRIF, Roger Cukierman, de Sammy Ghozlan, président du Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme (BNVCA), du député Meyer Habib et de l'éditorialiste du Figaro, Ivan Rioufol, sous les applaudissements nourris d’une salle comble (1 500 personnes selon le KKL).

La gravité des propos de Claude Goasguen n’ont jusque là pas suscité d’émoi dans la classe politique. Interpellé par Saphirnews sur la gravité des faits et après visionnage de la vidéo qui l’incrimine, Abdallah Zekri s’est déclaré prêt à porter plainte contre Claude Goasguen. « Je l’ai transmise à mon avocate pour voir s’il y a matière à poursuivre. Ce qu’il dit est très grave, il stigmatise les musulmans », nous indique, lundi 10 février, le président de l’Observatoire national contre l’islamophobie, rattaché au Conseil français du culte musulman (CFCM).

Pour Goasguen, les mosquées assimilés à des « des lieux de débauche »

Il condamne « avec la plus grande fermeté » des propos qui assimilent les mosquées à « des lieux de débauche »« le fondamentalisme » est inculqué aux fidèles. « On sait tous que les mosquées sont sous surveillance » en France, ajoute-t-il.

Le député UMP souhaite « une circulaire pénale adressée aux procureurs » pour que « les parquets fassent leur travail » sur l’antisémitisme. Une proposition que M. Zekri n'a pas manqué de tacler : en ce domaine, « on considère que la justice fait son travail. On peut pas en dire autant des attaques islamophobes », rappelant qu’il a déposé 29 plaintes en 2013, toutes classées sans suite.

La liberté de boycotter Israël

Le reste de son intervention a tout aussi choqué Abdallah Zekri. Cet ancien de l’UMP, qu’il a quitté avec fracas en 2011, a estimé que les citoyens sont « libres d’acheter ou pas les produits israéliens. Israël est une création de l’ONU, elle n’a jamais respecté aucune résolution prise à son encontre. (…) Justement, il (Goasguen) parle de démocratie et dit qu’Israël est la seule démocratie du Moyen-Orient. S’il veut jouer au démocrate, il doit accepter toutes les critiques. Il faut qu’il accepte que certaines personnes ou certains pays puissent boycotter les produits d’Israël ». Une déclaration que Claude Goasguen n’est pas à même d’entendre puisque, selon lui, Israël n’a « pas de leçons de démocratie à recevoir » de personne, même de la France.

Claude Goasguen ne fait pas que déraper. Pensant ne pas avoir de compte à rendre, il a dit tout haut le fond de sa pensée sans que personne sur place ne s’en offusque. Le Web vient changer la donne.






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