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Monde

L'amitié « indestructible » de Hollande pour Israël, exit la Palestine

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Mardi 19 Novembre 2013

« Je suis votre ami et je le resterai toujours. » C’est par ces mots lancés en français et en hébreu que François Hollande, en voyage officiel au Proche-Orient du 17 au 19 novembre, a déclaré son amour à Israël dès son arrivée à Tel Aviv. Une amitié indéfectible exprimée de la même façon que son prédécesseur Nicolas Sarkozy et qui témoigne d’une solide coopération franco-israélienne que Hollande veut intensifier, au détriment du peuple palestinien qui se voit refuser l'exercice de leurs droits depuis 65 ans sur leurs propres terres.



François Hollande aux bras du président israélien Shimon Pérès lors de son arrivée le 17 novembre en Israël en compagnie de Valérie Trierweiler.
François Hollande aux bras du président israélien Shimon Pérès lors de son arrivée le 17 novembre en Israël en compagnie de Valérie Trierweiler.
« Je suis votre ami et je le resterai toujours. » C’est par ces mots lancés en français et en hébreu que François Hollande, en voyage officiel au Proche-Orient, a déclaré son amour à Israël dès son arrivée dimanche 17 novembre à Tel Aviv, où il a été chaleureusement accueilli par son homologue Shimon Pérès et le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Pour conforter cette amitié que le Parti socialiste cultive depuis fort longtemps, le président français s’est notamment recueilli sur la tombe du fondateur du mouvement sioniste Theodor Herzl, et a réaffirmé sa position de fermeté contre l’Iran vis-à-vis du dossier nucléaire. Autant de gestes qui ont rassuré les Israéliens mais reçus comme une douche froide pour les Palestiniens.

Sa phrase « Longue vie à l'amitié entre la France et la Palestine » lancé le lendemain à Ramallah sonnait bien trop creux face à une amitié franco-israélienne « indestructible » qu'il a loué à nouveau devant un parterre de députés de la Knesset. « Cette amitié, elle vous est acquise. Elle est d’autant plus forte qu’elle dépasse les alternances politiques », a-t-il martelé au Parlement israélien, appelant au renforcement de la coopération bilatérale sur les plans économique, culturelle et universitaire.

Des « négociations » dans l’impasse

Sa visite en Cisjordanie s'est résumée à Ramallah. Avant son passage à la Knesset, basée à Jérusalem, le président de la République y a été reçu quelques heures, lundi 18 novembre, par Mahmoud Abbas avec qui il a déposé une gerbe sur la tombe de Yasser Arafat, décédé en 2004 en région parisienne. Le président de l'Autorité palestinienne (AP), impliqué dans un processus de « négociations de paix » pourtant sans lendemain face à l’intransigeance d’Israël, n’est pas prêt à faire preuve d’une fermeté nécessaire pour s'opposer résolument à la politique israélienne et défendre ainsi pleinement les droits politiques de son peuple.

La dépendance de l'AP à l’aide internationale n’est pas étrangère à cette position. Le président français est d’ailleurs venu avec une enveloppe de 10 millions d'euros d'aide budgétaire pour la mise en place d’un programme de formation de fonctionnaires de l'Autorité palestinienne et l'ouverture d'un lycée français à Ramallah.

Les Palestiniens encore réduits à faire des compromis

François Hollande a demandé « l'arrêt total et définitif de la colonisation » israélienne en Cisjordanie, estimant qu’elle « complique les négociations et rend difficile la solution à deux Etats ». Il n'a cependant pas émis la moindre menace de sanctions le cas échéant et s’est refusé de qualifier publiquement la colonisation d’illégale et illégitime, ce que le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, a même accepté de dire lors de son dernier voyage dans la région le 8 novembre. Il n’a pas non plus exigé le démantèlement des colonies existantes qui morcellent totalement la Cisjordanie, rendant impossible la construction d'un État que le président déclare vouloir. Par ailleurs, il a encouragé les Palestiniens à faire – encore - des « gestes », sans délivrer plus de détails, en vue d’un règlement du conflit.

La France en est encore à demander à un peuple occupé, placé par Hollande sur le même plan que la puissance occupante, de faire des concessions alors même que l'Autorité palestinienne s'est déjà bien compromise, non sans conséquence sur sa popularité. La fin de la colonisation n’est qu’une des exigences des Palestiniens pour aboutir à une paix juste et durable dans la région. La fin de l’occupation, le droit au retour des réfugiés ou encore la levée du blocus sur Gaza - la grande oubliée - sont autant de revendications passées à la trappe par une communauté internationale incapable jusque là de sanctionner Israël pour ses incessantes violations du droit. La paix, ce n'est pas pour maintenant.






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