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Sur le vif

Gaza, Irak : l’UMP dénonce la passivité de la France et de l'Europe

Rédigé par | Mercredi 13 Août 2014



Gaza, Irak : l’UMP dénonce la passivité de la France et de l'Europe
« Le Proche-Orient brûle et l'Europe regarde ailleurs. » Dans une lettre adressé au chef de l’Etat François Hollande, François Fillon, Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin, coprésidents de l'UMP par intérim, ont dénoncé la passivité de la France et de l'Europe en matière de politique étrangère au Moyen-Orient.

« Nous ne pouvons pas nous contenter d'être des spectateurs engagés devant le drame qui se noue sous nos yeux : nous devons répondre sans attendre aux urgences humanitaires à Gaza comme en Irak », ont-ils écrit dans le courrier paru au Monde mercredi 13 août. Ils notent cependant que, dans le cas de l’Irak, « les initiatives de la France et de la Grande-Bretagne vont dans le bon sens, mais elles sont insuffisantes. C'est un engagement massif de l'Union européenne qui est nécessaire et c'est maintenant ! ».

Parmi les mesures prises ces derniers jours, la France a décidé de prêter main forte aux Etats-Unis pour intervenir en Irak contre l’Etat islamique, d’armer les Kurdes contre leurs ennemis, de livrer du matériel humanitaire et d’accueillir des réfugiés du conflit. « La question de l'accueil des réfugiés de ce conflit dans nos pays doit être résolue collectivement. Notre soutien aux actions militaires pour stopper l'avance des jihadistes doit être sans ambiguïté », disent-ils, ajoutant qu'il en va de l'intérêt de l'Europe que de contrer la « menace terroriste franco-européenne qui, demain, peut avoir des conséquences redoutables sur la sécurité de notre pays et de l'Europe » et « notre sécurité énergétique ».

« Le devoir de faire entendre sa voix »

« La trêve estivale ne saurait être un obstacle à une mobilisation générale des Européens sans laquelle les drames que vivent les chrétiens d'Irak, de Syrie et les populations civiles de Gaza risquent de devenir les détonateurs d'une grave crise mondiale qui affectera durablement notre avenir commun. La tentation de la violence et de la guerre naît de la faiblesse de la diplomatie. Le retour à une diplomatie singulière, non alignée, mais entraînante, notamment pour l'Europe, reste pour la France la manière d'assumer sa mission », lit-on plus loin, avant de conclure : « Parce que, face aux tragédies qui se déroulent sous nos yeux si ce n'est à nos portes, la France elle-même a le devoir de faire entendre sa voix. Au risque du déshonneur. »

Laurent Fabius a dénoncé la teneur de la lettre, estimant que « chacun reconnaît combien la France a été et est active par elle-même et pour mobiliser l’Europe et la communauté internationale en Irak, dans le conflit israélo-palestinien, en Syrie, au Liban, et plus généralement au Proche et au Moyen-Orient ». Si cela est vrai pour l'Irak, il n'en est rien de même pour Gaza.

La voix de la France sur le dossier israélo-palestinien s’est tue au profit d'Israël. L’alignement de l’Elysée sur la position de Benjamin Netanyahu dès le début de l’opération « Bordure protectrice » a été vigoureusement dénoncé en France lors de grandes manifestations de solidarité pour Gaza. Le Quai d'Orsay a par la suite, le 4 août, réclamé un cessez-le feu qui devra être « imposé » en cas d'impasse des négociations, sans appeler à un règlement juste du conflit ou à des sanctions contre l'Etat hébreu.

Les présidents de l’UMP appellent, dans ce dossier, à la tenue d’un conseil européen extraordinaire où sera « réaffirmer l'exigence d'un cessez-le-feu et d'un programme humanitaire pour les Palestiniens de Gaza ». Les Palestiniens attendent plus que tout une solution politique au conflit qui les oppose à Israël.



Rédactrice en chef de Saphirnews En savoir plus sur cet auteur


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