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Points de vue

Droit de regard

« Minute de sens », par Hamza Braiki*

Rédigé par Hamza Braiki | Jeudi 13 Décembre 2012



Il y a tant de choses exprimées par le regard, tant de signes placés sous nos yeux, tellement d’images parviennent à nos consciences. Mais quelle est la puissance de l’œil sur nos cœurs et nos pensées ? Serait-ce uniquement les yeux qui peuvent s’aveugler ou les raisons peuvent-elles également s’obscurcir ?

L’organe le plus exposé draine un monde d’informations. À chacun de porter un regard préservé face à la nature des tentations, un regard pudique néanmoins couvert de politesse.

Contrôler son regard est en effet important pour ne pas laisser de visions parasites aveugler l’esprit et le cœur. Un cœur regardant est conscient du regard de Dieu. D’ailleurs, une des clés pour atteindre la plénitude spirituelle est de porter sur soi un regard critique : ce que je pense, ce que je dis, ce que je fais, ma voie, ma trajectoire.

Le droit de regard de sa conscience, sur son essence, son âme ne fait que peu de cas du regard des gens, du « qu’en dira-t-on ? ».

Mais regard sur soi ne signifie pas repli sur soi. Il suffit parfois d’un doux regard pour désamorcer une querelle. Même s’il est vrai qu’un regard de travers ou soupçonneux suffit pour accoucher d’une hostilité, voire donner naissance à un regard assassin.

De même, quelle pensée, reflétée par mon regard, aurai-je sur mes congénères ? Un regard envieux sur les biens que Dieu a distribués justement, un regard d’empathie envers les jeunes, d’affection envers les aînés, un œil averti prêt à tirer leçon des actes d’autrui ? Que dire alors d’un œil myope, incapable de voir venir la vie et les signes ; d’un œil presbyte qui laisse filer des occasions si proches. Autant ôter les œillères de ses yeux et élargir son champ de vision et son horizon.

Enfin, le regard du temps n’entame point les sentiments, donc je réserve un regard de compassion, de douceur sur mes parents, un regard de braise à ma bien-aimée, le plaisir des yeux orientés sur les versets coraniques, et l’œil du tigre pour mes combats, avec, parfois, une larme chaude pour dire mes émotions.


* Hamza Braiki, opticien… de cœur, Lyon.