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Sur le vif

Australie : les musulmans exigent des excuses du Premier ministre après ses propos post-attentat

Rédigé par Lina Farelli | Lundi 12 Novembre 2018



Australie : les musulmans exigent des excuses du Premier ministre après ses propos post-attentat
Plusieurs organisations musulmanes en Australie ont uni leurs voix pour dénoncer les propos du Premier ministre, Scott Morrison, tenus après une attaque au couteau survenue vendredi 9 novembre qui a coûté la vie à un restaurateur de Melbourne et revendiqué par le groupe Etat islamique.

Le Premier ministre a affirmé soutenir la liberté de religion tout en exprimant sa volonté de combattre « l’islam radical, violent, extrémiste qui s’oppose à notre mode de vie » et a appelé les musulmans à en faire bien plus contre le radicalisme. Un appel aussi formulé par le ministre de l'Intérieur Peter Dutton qui a été mal reçu par les organisations musulmanes, qui ont condamné à l'unanimité l'attentat mais refusent d'endosser une plus forte responsabilité face au geste d'un individu vraisemblablement déséquilibré, selon sa famille.

Le Conseil national des imams australiens (ANIC) refuse que « les actions d’un malade mental souffrant d’un épisode psychotique » soient attribuées à « l’ensemble de la communauté religieuse ». Elle comme d'autres instances réclament des excuses de l'exécutif mais Scott Morrison n'est pas prêt à en faire.

Il refuse de reconnaître tout problème mental à l'assaillant, ce que les organisations musulmanes déplorent. « Il nous semble que, dès lors qu'un musulman commet de tels actes, tous les autres facteurs possibles sont soit minimisés, soit ignorés. Ceci est un privilège étendu à la plupart des incidents imputés à de tels auteurs » reconnus comme musulmans, affirment-elles.

Le grand mufti d'Australie Mohamed Abdalla estime, pour sa part, que ce sont les agences de sécurité australiennes qui sont à blâmer dans cette tragédie. « Nous n’avons pas besoin d’un plaidoyer de Dutton pour nous rappeler nos devoirs », a-t-il affirmé. Pour l'ANIC, il est « décevant en ces temps difficiles, et lors d’une tragédie nationale où tous les Australiens de toutes les confessions et de toutes les origines doivent être appelés à s’unir et à se montrer solidaires contre toute forme d’extrémisme et de violence, de voir notre leader national politisé cet incident et l’utiliser à des fins politiques ».

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