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80% des interpellés en banlieues seraient connus de la police  15/11/2005

Le directeur général de la police nationale (DGPN), Michel Gaudin, établit un lien entre les violences urbaines de ces trois dernières semaines et la criminalité de droit commun.

"Nous ne voyons aucun lien dans ces violences avec des institutions ou des préoccupations religieuses", déclare-t-il dans une interview au journal Le Monde. "En revanche, le lien avec la criminalité de droit commun est établi, puisque la police connaissait déjà 80% des interpellés."

Selon un bilan du ministère de l'Intérieur, 2.838 personnes ont été interpellées en 19 nuits de troubles.

"Nous devons tirer les leçons de cette crise", souligne Michel Gaudin, qui fait état de la préparation d'une cinquantaine d'opérations des groupes d'intervention régionaux (GIR), spécialisés dans la lutte contre l'économie souterraine.

"Il faut aussi régler le problème de l'adéquation entre les horaires de la police et les activités des délinquants", ajoute-t-il. "Jusqu'à présent, il n'y avait pas assez de policiers disponibles la nuit."


Villepin au Maroc pour célébrer l'indépendance sans 'amertume'  15/11/2005

Dominique de Villepin, qui se rend mercredi au Maroc pour les cérémonies du cinquantenaire de l'indépendance, souligne que les "moments délicats" de l'Histoire n'ont laissé "aucune amertume" et que l'amitié entre Paris et Rabat est "exceptionnelle".

"Nous avons avec le Maroc un partenariat exemplaire, caractérisé par des relations exceptionnelles, denses et confiantes. Celui-ci est bien évidemment le fruit d'une longue histoire, qui a pu connaître des moments délicats, mais n'a laissé aucune amertume", déclare le Premier ministre français dans un entretien au Matin et aux journaux du groupe Maroc Soir, à paraître mercredi mais déjà diffusé sur internet.

"Cet héritage historique commun est pour nos deux pays une force", souligne-t-il avant d'estimer que la relation entre Paris et Rabat est "aujourd'hui rythmée par des contacts à haut niveau particulièrement denses qui témoignent du caractère exceptionnel de cette amitié".

Dominique de Villepin, qui est né à Rabat il y a 52 ans, se dit "convaincu qu'un heureux dénouement peut toujours être trouvé lorsque deux pays le veulent vraiment, et qu'ils bâtissent sur une histoire commune riche d'enseignements".

"Le simple fait que nous puissions célébrer aujourd'hui si naturellement avec nos partenaires le cinquantième anniversaire de leur indépendance est plus éloquent que bien des discours", note le chef du gouvernement, qui sera accompagné mercredi à Rabat par l'épouse du président français, Bernadette Chirac.

Dominique de Villepin, qui rappelle que 85.000 soldats marocains ont combattu dans les armées alliées pendant la seconde guerre mondiale, salue "le refus de Mohammed V de s'incliner devant les lois antisémites du régime de Vichy et son souci de veiller sans discrimination à la sûreté de tous ses sujets", qui "sont un autre témoignage de son engagement en faveur de la liberté".


Le président du CFCM dénonce 'une islamophobie inquiétante et entretenue'  15/11/2005

Le jet d'engins incendiaires contre une mosquée de Saint-Chamond (Loire) illustre "une islamophobie inquiétante et savamment entretenue" à la faveur de la crise des banlieues, a dénoncé mardi Dalil Boubakeur, président du Conseil français du culte musulman (CFCM).

"Cet acte méprisable est une illustration d'une islamophobie inquiétante et savamment entretenue dont est victime l'ensemble des musulmans de France", selon un communiqué de M. Boubakeur, qui est aussi recteur de la Grande Mosquée de Paris.

"L'argument trop commode de faire de l'islam le bouc émissaire des violences observées ces derniers jours dans les banlieues trouve malheureusement des échos complaisants qui risquent de mettre en danger les lieux de culte", poursuit M. Boubakeur, avant de saluer "le discours ferme" du président de la République, "une réponse claire à tous les amalgames".

Selon le communiqué, trois bouteilles incendiaires ont été projetées sur les murs de la mosquée, provoquant des dégâts sur la façade et l'arrière du bâtiment. La police et le trésorier de la mosquée, installée depuis 1994 dans un ancien garage, ont fait état de très peu de dégâts.

Le président du Conseil régional du culte musulman (CRCM) Rhône-Alpes, Azzedine Gaci, a appelé à ne pas céder à ces "provocations", estimant qu'"il ne faut pas transformer cette crise sociale et économique en crise religieuse".

Dans la nuit de samedi à dimanche, la grande mosquée de Lyon avait été la cible d'un engin incendiaire, qui n'a pas fait de dégâts.

Vendredi, au milieu de la grande prière, deux engins incendiaires avaient été lancés contre la mosquée de Carpentras (Vaucluse), causant de légers dégâts.

Dans la nuit du 7 au 8 novembre, un engin incendiaire avait été lancé en direction d'une salle de prière musulmane à Annemasse (Haute-Savoie), sans faire de dégâts.

Quatre mois de prison ferme contre José Bové pour arrachage  15/11/2005

L'ancien chef de la Confédération Paysanne José Bové a été condamné à quatre mois de prison ferme pour le fauchage d'un champ de maïs transgénique le 24 juillet 2004 à Menville (Haute Garonne).

José Bové, qui conserve ses droits civiques, n'était pas présent à l'annonce de ce jugement en délibéré par la cour d'appel de Toulouse. Il avait comparu devant cette cour les 20 et 21 septembre derniers en compagnie de sept autres prévenus.

Le député Vert Noël Mamère et son homologue européen Gérard Onesta ont été condamnés à trois mois de prison avec sursis et les autres prévenus, tous écologistes, à deux mois avec sursis.

Les avocats de José Bové ont annoncé leur intention d'engager un pourvoi en cassation suspensif.

Lors du procès, l'avocat général, Marc Gaubert, avait requis un an de prison ferme à l'encontre de José Bové et la privation de ses droits civiques, au regard de sa situation de récidive.

Les avocats de la défense avaient plaidé la relaxe dans ce procès jalonné de batailles de procédure. Au total, 222 personnes avaient revendiqué ce fauchage et exigé de comparaître avec les prévenus, ce qui leur a été refusé.

"Je suis atterrée par une telle décision judiciaire contre laquelle nous allons nous pourvoir évidemment en cassation", a dit à Reuters un avocate des prévenus, Marie-Christine Etelin.

"Dans son jugement, la Cour d'Appel avait la possibilité d'innover judiciairement mais elle est restée finalement au niveau d'une analyse très traditionnelle, et du coup très répressive", a ajouté l'avocate toulousaine.

Le Pen repasse à l'offensive à la faveur de la crise dans les banlieues  14/11/2005

Le chef de l'extrême droite française, Jean-Marie Le Pen, arrivé en deuxième position à l'élection présidentielle de 2002, profite de la crise des banlieues pour repasser à l'offensive en enfourchant son cheval de bataille favori : la dénonciation de l'immigration.

Le retour au premier plan des questions d'immigration et d'insécurité, depuis le début des émeutes, le 27 octobre, est du pain béni pour le président du Front national (FN) qui, à 77 ans, prévoit d'être candidat pour la 5ème fois à l'Elysée en 2007, après avoir provoqué un séisme politique en 2002 en devançant Lionel Jospin, le candidat socialiste.

Sortant du relatif silence qu'il avait observé depuis le début des violences urbaines -une discrétion due, selon lui, à «l'ostracisme» des médias à son égard- M. Le Pen multiplie depuis quelques jours initiatives et déclarations.

Alors que le gouvernement vient de proroger pour trois mois l'état d'urgence, après la 18e nuit de violence, le FN organisait un rassemblement ce lundi à Paris, sur le thème «immigration, émeutes, explosions des banlieues : assez!».

Ce sera l'occasion pour Jean-Marie Le Pen de réaffirmer son leadership à l'extrême droite. Depuis le début de la crise, c'est surtout Philippe de Villiers, le président du Mouvement pour la France (MPF, droite nationaliste), qui a occupé le devant de la scène sur le créneau habituel de l'extrême droite en dénonçant la «déferlante migratoire».

Une «concurrence» balayée d'un revers de la main par Jean-Marie Le Pen, pour qui M. de Villiers n'est qu'un «servant de la majorité» qui «singe de manière assez caricaturale un certain nombre de (ses) positions». «On l'appelle duplicator», a-t-il dit.

Le leader du FN est persuadé que les électeurs préfèreront toujours «l'original à la copie». Une maxime qui vaut aussi pour Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur et président du parti gouvernemental UMP, qui nourrit lui aussi des ambitions présidentielles. Jean-Marie Le Pen se garde toutefois de le prendre directement pour cible.

«Le fait que mes électeurs puissent trouver Sarkozy sympathique ne les empêchera pas de voter pour moi car ils se diront que le Pen a eu raison», a-t-il déclaré dimanche.

Pour le leader d'extrême droite, les événements actuels viennent en effet confirmer toute la thématique développée par son parti contre «l'immigration massive et incontrôlée venant du Tiers-Monde» et ses dangers pour la paix civile.

Le FN a d'ailleurs ressorti sur son site Internet un clip datant des élections européennes de 1999, montrant en images de synthèse un Paris d'apocalypse, dévasté et incendié. «Immigration, explosion des banlieues : Le Pen l'avait dit», a été rajouté en surtitre.

Il se dit «submergé par des milliers et des milliers de mails» et affirme que son parti a enregistré «des centaines» et même «plusieurs milliers d'adhésions» depuis le début de la crise.

Et s'il pouvait s'inquiéter sur sa capacité à recueillir les 500 parrainages d'élus nécessaires pour présenter sa candidature en 2007, il affirme aujourd'hui qu'il ne «doute pas» de pouvoir les réunir.


Banlieues: Jacques Chirac veut mobiliser la République contre les discriminations  14/11/2005

Jacques Chirac, qui voit dans les violences urbaines de ces dernières semaines "une crise de sens, une crise de repères, une crise d'identité", veut y répondre par la mobilisation de la République contre les discriminations.

Le chef de l'Etat, critiqué pour sa discrétion depuis le début de la crise des banlieues, s'est adressé aux Français solennellement lundi soir par le biais d'une allocution radiotélévisée.

Jacques Chirac, qui avait mis fin en 1996 au service militaire obligatoire, a annoncé la création d'un service civil volontaire, qui concernera 50.000 jeunes en 2007.

"Pour mieux aider les jeunes en difficulté à aller vers l'emploi, j'ai décidé de créer un service civil volontaire, associant accompagnement et formation", a-t-il expliqué.

Le chef de l'Etat, qui intervenait au soir de la prorogation pour trois mois de l'état d'urgence décrété en France le 8 novembre, a expliqué la flambée de violence à la périphérie des villes par "une crise de sens, une crise de repères, une crise d'identité". "Nous y répondrons en étant fermes, en étant justes, en étant fidèles aux valeurs de la France", a-t-il dit.

Jacques Chirac a répété le message de fermeté destiné aux émeutiers: "Des problèmes, des difficultés, beaucoup de Français en ont. Mais la violence ne règle jamais rien. Quand on appartient à notre communauté nationale, on en respecte les règles". Il a redit que la justice serait "sans faiblesse" pour ceux interpellés lors des troubles.

Mais, comme il s'y était engagé, Jacques Chirac a voulu mettre l'accent sur la main tendue par les autorités françaises aux jeunes des banlieues.

"Je veux dire aux enfants des quartiers difficiles, quelles que soient leurs origines, qu'ils sont tous les filles et les fils de la République", a-t-il lancé.

Pour le chef de l'Etat, "l'adhésion à la loi et aux valeurs de la République passe nécessairement par la justice, la fraternité, la générosité". "C'est dans les mots et les regards, avec le coeur et dans les faits, que se marque le respect auquel chacun a droit", a-t-il martelé.

"RIEN DE DURABLE SANS LE RESPECT"

"Nous ne construirons rien de durable sans le respect. Nous ne construirons rien de durable si nous laissons monter, d'où qu'ils viennent, le racisme, l'intolérance, l'injure, l'outrage. Nous ne construirons rien de durable sans combattre ce poison pour la société que sont les discriminations", a-t-il averti.

"Nous ne construirons rien de durable si nous ne reconnaissons pas et n'assumons pas la diversité de la société française. Elle est inscrite dans notre Histoire. C'est une richesse et c'est une force", a-t-il insisté.

Soulignant que "le devoir de la République est d'offrir partout et à chacun les mêmes chances", Jacques Chirac a fait le bilan de l'action menée par les gouvernements qui se sont succédé depuis 2002: zones franches urbaines, plan de rénovation urbaine, plan de cohésion sociale, loi sur l'école.

"Sachez que cette volonté politique et cet engagement financier majeur de la France sont sans précédent. Ils commencent à apporter des réponses aux problèmes des quartiers difficiles. Mais il s'agit nécessairement d'un effort de longue haleine", a-t-il plaidé.

Jacques Chirac a voulu appeler à une "profonde évolution des esprits" contre les discriminations.

Mais le chef de l'Etat a rejeté la discrimination positive, chère au coeur du ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, comme moyen de remédier aux inégalités face à l'embauche.

"Il n'est pas question d'entrer dans la logique des quotas, qui montre en quelque sorte du doigt ceux qui en bénéficient et qui est injuste pour ceux qui n'y ont pas droit", a-t-il dit en indiquant qu'il rencontrerait "dans les prochains jours" les représentants des partenaires sociaux pour évoquer les moyens de "donner aux jeunes les mêmes chances face à l'emploi".

Il a en revanche appelé les représentants des communes à respecter la loi qui leur impose d'avoir au moins 20% de logements sociaux. "J'ai conscience des difficultés. Mais on ne sortira pas de la situation actuelle si l'on ne met pas en cohérence les discours et les actes", a-t-il dit.

Jacques Chirac a annoncé son intention de rencontrer les responsables de l'audiovisuel, jugeant que "les médias doivent mieux refléter la réalité française d'aujourd'hui".

"Et j'invite les chefs des partis politiques à prendre leur part de responsabilité: les élus, la représentation nationale doivent eux aussi refléter la diversité de la France. C'est une exigence pour faire vivre notre démocratie", a-t-il souligné.


Le Conseil d'Etat valide le décret sur l'état d'urgence  14/11/2005

Le Conseil d'Etat juge légal le décret du 8 novembre dernier par lequel le gouvernement a proclamé l'état d'urgence en France, mais en rappelle certaines limites.

Le juge des référés de cette juridiction, qui avait été saisi par un professeur de droit, Frédéric Rolin, a estimé ne pas pouvoir retenir un "doute sérieux quant à la légalité de ces actes". Les mesures ne peuvent être jugées "disproportionnées", comme le déclarait le plaignant.

Selon un communiqué de la juridiction, le juge mentionne dans son ordonnance "l'aggravation continue des violences urbaines depuis le 27 octobre 2005, leur propagation à une partie importante du territoire métropolitain et des atteintes à la sécurité publique". Il considère qu'il n'est pas abusif d'étendre l'état d'urgence à toute la France.

L'état d'urgence se fonde sur une loi de 1955, époque de la guerre d'indépendance en Algérie. Elle n'avait été utilisée que pour ce conflit et, depuis lors, pour des troubles en Nouvelle-Calédonie en 1984-1985.

Le juge des référés souligne que les mesures rendues possibles par l'état d'urgence en peuvent être mises en oeuvre que graduellement, par décret. Le couvre-feu est une des seules mesures d'application immédiate.

Ces mesures sont assorties de garanties. Ainsi, les décisions d'interdiction de séjour dans un département comme les assignations à résidence, "doivent pouvoir faire l'objet de recours gracieux soumis à la consultation d'une commission départementale", souligne le juge.

Ces commissions n'existent pas à l'heure actuelle et le juge "rappelle au gouvernement (leur) nécessaire institution".

Il estime aussi que l'autorité judiciaire a toujours le contrôle des pouvoirs de perquisition dévolus à la police de jour et de nuit.


Iran: Khatami dénonce les extrémistes iraniens qui tentent 'de copier Ben Laden'  14/11/2005

L'ancien président iranien Mohammad Khatami a dénoncé les extrémistes iraniens qui tentent "de copier Ben Laden" et donnent de "meilleurs prétextes aux ennemis pour agresser l'islam et l'Iran", a rapporté lundi l'agence estudiantine Isna.

Certains extrémistes iraniens "croient que la fidélité à la démocratie, à la liberté et aux progrès ternit l'image révolutionnaire de notre pays dans le monde islamique", a dit l'ancien président Khatami. "Ils tentent de faire concurrence aux talibans en prônant la violence et menant des actions extrémistes contraires à la religion", a-t-il souligné.

"Mais ces groupes ne doivent pas oublier qu'ils ne pourront jamais prendre la place de Ben Laden et des Talibans (dans le monde islamique) et seront au dernier rang d'une colonne dirigée par Ben Laden", a-t-il ajouté.

L'ancien président réformateur a estimé que ces groupes ne font que donner "de meilleurs prétextes à l'ennemi pour agresser l'islam et l'Iran".

M. Khatami, qui prône un islam modéré et ouvert au monde, n'a pas précisé qui était visé par ses propos.

Le 30 octobre dernier, il avait critiqué implicitement son successeur, Mahmoud Ahmadinejad, qui avait déclaré qu'Israël "doit être rayé de la carte". Ce qui avait provoqué la réprobation internationale.

"Nous n'avons aucune vocation mondiale et nous ne sommes pas là pour transformer le monde entier et oeuvrer à l'instauration de gouvernements qui nous conviennent. Nous ne devons pas prononcer de paroles qui nous créent des problèmes économiques et politiques dans le monde", avait dit M. Khatami.

Islamophobie: Deux élus FN alsaciens jugés pour 'incitation à la haine raciale'  14/11/2005

Deux conseilleurs régionaux FN alsaciens, Patrick Binder et Xavier Codderens, ont comparu lundi devant le tribunal correctionnel de Strasbourg pour "incitation à la haine raciale" après la diffusion d'un tract jugé discriminatoire à l'égard des musulmans.

Les deux élus avaient distribué en mars dernier à Strasbourg et dans quatre communes du Haut-Rhin un tract dénonçant un projet du conseil régional d'accorder une subvention de 423.000 euros pour la construction de la grande mosquée de Strasbourg.

Sur le tract, qui appelle à soutenir le "combat contre l'islamisation de l'Alsace", figure le dessin d'une terre alsacienne rasée sur laquelle culmine un minaret vers lequel son tournées deux personnes.

A la barre, M. Binder, le numéro un du FN en Alsace, a expliqué avoir "émis une opinion". Le dessin était destiné, a-t-il déclaré, à "permettre d'accrocher le lecteur". "C'est une véritable atteinte à ma liberté d'élu et liberté d'opinion et ce procès est dirigé contre la liberté d'expression d'un élu", a-t-il expliqué.

Cité comme témoin, le député européen et numéro 2 du FN Bruno Gollnisch a défendu ce tract "chargé de traduire les sentiments de nos électeurs" et qui "ne critique pas l'islamisme mais les votes de l'instance régionale".

Pour Me Nizan, avocat de la Licra et de l'association de la grande mosquée de Strasbourg, ce tract constitue "une incitation à la haine raciale" avec un dessin destiné "à semer la terreur".

L'avocat de la défense, Me de Saint-Just, a fait valoir que les éléments constitutifs du délit de provocation à la haine raciale ou religieuse n'étaient pas réunis, ceux-ci devant entre autres être explicites et directs, et que ses clients étaient libres de critiquer la subvention votée par le conseil régional. Dénonçant un procès d'intention, il a demandé la relaxe de ses clients.

Le procureur s'est dit "atterré" par un tract "clairement discriminatoire incitant à la haine religieuse" qui dépasse clairement la prise de position politique. Il a réclamé une peine de 4 à 6 mois de prison avec sursis et 10.000 euros d'amende.

Une cinquantaine de militants du Front national mais aussi une dizaine de sympathisants de la LCR s'étaient rassemblés sans incidents devant le Palais de Justice avant l'ouverture de l'audience.

Le jugement a été mis en délibéré au 21 novembre.

Ouverture lundi à Vienne d'une conférence sur l'islam  13/11/2005

Plusieurs dirigeants musulmans, dont le président irakien Jalal Talabani et son homologue afghan Hamid Karzaï, sont invités à s'exprimer lors d'une conférence sur l'islam qui s'ouvre lundi en Autriche et à donner leur vision de la place de cette religion dans une société mondialisée.

Les sujets d'actualité ne manqueront pas d'alimenter cette réunion de dirigeants politiques, d'universitaires, de chercheurs et de personnalités du monde musulman, dont l'avocate iranienne et prix Nobel de la paix 2003 Shirin Ebadi.

"Cette conférence doit vraiment faire ressortir non seulement les problèmes mais aussi les moyens de vivre ensemble, de coexister et de trouver les bonnes voies en vue d'une compréhension et d'une coexistence mutuelles", a souligné Ralph Scheide, directeur du département Proche-Orient et Afrique au ministère autrichien des Affaires étrangères, hôte de la réunion, dont le pays exercera la présidence tournante de l'Union européenne à partir du 1er janvier.


Paris demande à Tunis 'toute la lumière' sur l'agression d'un journaliste  13/11/2005

Paris a demandé dimanche, dans un communiqué, aux autorités tunisiennes une enquête pour faire "toute la lumière" sur l'agression dont a été victime un journaliste français vendredi à Tunis.

"Nous avons fait savoir aux autorités tunisiennes, à Paris comme à Tunis, que nous comptions sur elles pour faire toute la lumière sur l'agression dont M. Christophe Boltanski, journaliste (au quotidien) Libération, a été victime" dans la soirée de vendredi, affirme le ministère français des Affaires étrangères.

Paris demande également "à être tenu informé du déroulement de cette enquête", ajoute le minstère dans son communiqué.

Le ministère souligne "à cette occasion la nécessité d'assurer la sécurité des représentants de la presse à la veille de l'ouverture du Sommet mondial de la société de l'information".

Christophe Boltanski, venu enquêter sur les droits de l'homme en Tunisie, a été attaqué vendredi soir dans une rue du centre-ville, où il circulait seul, par quatre hommes qui l'ont frappé à coups de pied et de poing et lui ont donné un coup dans le dos avec un objet contondant avant de s'enfuir en lui dérobant son sac contenant notamment ses papiers et des documents professionnels.

Cette agression a suscité l'indignation notamment du Syndicat national des journalistes (SNJ) et de l'organisation française de défense des journalistes Reporters sans frontières (RSF).

"Au vu des circonstances de l'agression, sous le regard passif de policiers tunisiens, nous pensons qu'il faut chercher les agresseurs du côté des services de sécurité tunisiens", a estimé RSF dans un communiqué.

Christophe Boltanski, journaliste à Libération, "a été agressé quelques heures seulement après la publication" dans le quotidien "d'un reportage sur le tabassage du président de la Ligue tunisienne des droits de l'Homme (LTDH), Mokhtar Tifri, le 8 novembre à Tunis", a souligné pour sa part le SNJ dans un communiqué.


Pour Azouz Begag, 'le réponse sécuritaire ne suffit pas'  13/11/2005

Azouz Begag, ministre délégué à la Promotion de l'égalité des chances, estime que les jeunes des banlieues "ont plus besoin d'un ascenseur social que d'un car de CRS".

"En trente ans, la démonstration a été faite: la réponse sécuritaire ne suffit pas. Les jeunes ont plus besoin d'un ascenseur social que d'un car de CRS", déclare-t-il dans un entretien publié par Le Parisien.

Pour autant, Azouz Begag, qui avait dénoncé la "sémantique guerrière" du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, assure que "la polémique, c'est fini".

"Il y a aujourd'hui un consensus national pour sortir de la crise. (...) Rétablir l'ordre est un impératif absolu. On ne tergiverse pas avec cela", souligne-t-il.


Sarkozy exprime sa 'solidarité' au recteur de la Grande mosquée de Lyon  13/11/2005

Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a exprimé dimanche sa "solidarité" à Kamel Kabtane, recteur de la Grande mosquée de Lyon, visée par un cocktail Molotov dans la nuit de samedi à dimanche, déclarant que "tout sera entrepris pour retrouver et punir l'agresseur".

M. Sarkozy "a appris avec émotion et tristesse que la Grande mosquée de Lyon avait été l'objet, dans la nuit de samedi à dimanche, d'un jet de cocktail Molotov. Il a fait part de sa solidarité à M. Kamel Kabtanelors d'un entretien téléphonique en fin de matinée", selon un communiqué du ministère de l'Intérieur.

"Tout sera entrepris pour retrouver et punir l'agresseur", conclut le communiqué.

Un cocktail Molotov a été lancé dans la nuit de samedi à dimanche contre la grande mosquée de Lyon, mais le projectile n'a pas explosé et n'a donc pas provoqué de dégâts, a annoncé auparavant à l'AFP M. Kabtane.

"Les gens qui ont fait ça utilisent le discours incohérent qui présente l'islam comme le responsable de la situation dans les banlieues", a-t-il estimé.

Le recteur a indiqué avoir demandé samedi à la police de faire des patrouilles régulières, car il avait "un mauvais pressentiment après l'attaque de Carpentras".

Vendredi, au beau milieu de la grande prière, deux engins incendiaires artisanaux avaient été lancés contre la mosquée de Carpentras (Vaucluse), causant de légers dégâts à l'extérieur du bâtiment.

Le »Collectif banlieues respects» a réuni 300 manifestants à Paris  12/11/2005

Quelque 300 personnes ont participé vendredi à Paris à un rassemblement »pour la paix», organisé par le collectif banlieues respects, demandant au gouvernement »une écoute forte et sincère» des habitants des quartiers populaires »relégués au rang de citoyens de seconde zone».
Cernés par les médias français et étrangers, les porte-parole du collectif se sont serrés devant le Mur de la Paix du Champ-de-Mars (VIIe) pour délivrer des »messages très simples» tels que »le respect des jeunes par rapport aux forces de police et le respect des forces de police par rapport aux jeunes».

Créé il y a quelques jours, le collectif dit regrouper plus de 150 associations de quartiers en France. Ses porte-parole ont été récemment reçus par le Premier ministre Dominique de Villepin et entendent poursuivre »une démarche de concertation».

»Nous voulons nous intercaler entre la violence urbaine dans les quartiers populaires et la violences institutionnelle des forces de l'ordre et du gouvernement», a déclaré Rachid Nekkaz, qui rejette les »mesures d'exception (état d'urgence, couvre-feu, expulsions d'étrangers en situation régulière)» et attend du gouvernement qu'il trouve »des solutions aux frustrations, au désoeuvrement des jeunes».

»Que les policiers vouvoient les jeunes, ce serait déjà une bonne chose», suggère Hassan Ben M'Barek (Citoyenneté et démocratie), qui a travaillé »quatre ans au conseil général des Hauts-de-Seine» présidé par le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy. Son contrat de chargé de mission en direction des jeunes des quartiers sensibles, précise-t-il, s'est arrêté récemment, avant les émeutes.

Les mains sur les épaules de sa fille de 10 ans, Djamel Atallah (Droits, devoirs et citoyenneté) se présente »comme un ancien leader de la marche des Beurs de 1983, qui avait rassemblé 100.000 personnes à Paris».

»On ne cassait pas, on demandait une main tendue à la République, elle ne nous avait pas écoutés...», dit ce père de famille sans travail, concluant: »En 1995, j'avais entendu parler de la fracture sociale. En 2005, elle est devenue un fossé!».

Face à la foule, le président du Club Africagora, Dogad Dogui, lance: »Dans nos banlieues, nous avons des talents, des diplômés, des créateurs. Il est grand temps qu'ils soient considérés comme des citoyens à part entière et non pas entièrement à part!»

Dans un communiqué, le collectif avait auparavant estimé que les populations des quartiers étaient certes »considérées comme françaises» mais dans les faits »reléguées au rang de citoyens de seconde zone».

Le collectif avait dû renoncer à la »marche pour la paix» qu'il prévoyait sur les Champs-Elysées. »Nous avons été informés de rumeurs selon lesquelles des jeunes pourraient provoquer des troubles, nous avons décidé en accord avec la préfecture de faire un rassemblement dans un lieu plus neutre», a dit M. Nekkaz. »S'il y a avait eu des troubles, on nous les aurait imputés, on préfère commencer petit», ajoute M. M'Barek.

Un journal affirme que le Maroc a torturé pour la CIA  12/11/2005

Un hebdomadaire marocain affirme que son pays a participé directement au programme de sous-traitance de la torture mis en place par la CIA. Des avions affrétés par l'agence américaine auraient fait au moins dix déplacements au Maroc de 2002 à 2005.

"Le Journal hebdomadaire" cite un ex-agent de la DST marocaine, qui vient de quitter son service, affirmant avoir assisté en janvier 2004 à un transfert de détenus à la base aérienne de Salé, près de Rabat. "On a débarqué quatre hommes menottés, les yeux bandés, et escorté de 8 hommes en civil, vraissemblablement de la CIA" d'un Boeing 737, a-t-il témoigné.

Le magazine cite également une "autre source" qui affirme avoir vu la même chose à l'été 2002. "J'ai vu un dizaine d'hommes vêtus de costards sombres qui parlaient anglais en train d'embarquer six personnes cagoulées et menottées" dans un Boeing 737 blanc, a-t-il ajouté.

Selon "Le Journal hebdomadaire", un Gulfstream V a fait pour sa part au moins dix déplacements au Maroc de décembre 2002 à février 2005. Il affirme que "les suspects étaient interrogés par des agents de la DST réputés pratiquer des interrogatoires très musclés".

Il cite à ce propos le témoignage recueilli par Amnesty en septembre d'un britannique d'origine éthiopienne, soupçonné d'appartenir à al-Qaïda, qui affirme "avoir été détenu et torturé" au Maroc pendant 18 mois, après avoir été arrêté le 10 avril 2002 par la police pakistanaise à Karachi.

Début novembre, le "Washington Post" avait affirmé que la CIA aurait envoyé plus de 100 suspects dans un réseau secret de prisons. Environ 30 prisonniers, considérés comme des figures importantes du terrorisme, sont dans des centres financés et gérés directement par du personnel de la CIA.

Plus de 70 autres suspects, jugés moins importants, ont été confiés à d'autres services de renseignements, notamment en Egypte, en Jordanie, au Maroc et en Afghanistan. Ces "sites noirs" sont sous la responsabilité des pays concernés et sont financés par la CIA.

Deux suspects arrêtés après l'agression d'un journaliste fançais à Tunis  12/11/2005

Deux suspects ont été arrêtés après une agression vendredi soir à Tunis contre un reporter du journal Libération venu enquêter sur la situation des droits de l'homme en Tunisie, a-t-on appris de source officielle.

Christophe Boltanski, 43 ans, a été blessé, frappé à coups de poing et de pied, ainsi que d'un coup de couteau ou d'un objet tranchant, lors d'une agression perpétrée par quatre hommes, en milieu de soirée, près de son hôtel où il revenait seul et à pied.

"Aussitôt après l'agression une enquête a été diligentée. Deux supects ont déjà été arrêtés", a-t-on indiqué de source officielle, sans fournir de précision sur les suspects.

M. Boltanski a indiqué à l'AFP qu'il n'avait pas été en mesure de reconnaître ses agresseurs lorsqu'il a déposé plainte samedi matin dans un commissariat de police, ayant été aveuglé par un jet de gaz lacrymogène au début de l'attaque.

"Les autorités tunisiennes, a-t-on ajouté de source officielle, assurent qu'elles ne ménageront aucun effort pour que le ou les auteurs de cette agression criminelle soient arrêtés et traduits devant la justice conformément à la loi".

Arrivé mardi dernier à Tunis pour des reportages sur la situation des droits de l'homme, le journaliste est un spécialiste du Proche-Orient et il a déjà effectué plusieurs séjours en Tunisie.

Il a raconté à l'AFP avoir été attaqué vendredi vers 21H30 (20H30 GMT) dans la rue de Palestine, au centre-ville, près de son hôtel où il revenait seul et à pied après avoir dîné dans un restaurant voisin.

"C'est étonnant car c'est une rue tranquille. Il y a une synagogue et plusieurs ambassades gardées par la police à proximité de l'hôtel", a-t-il dit sans émettre d'hypothèse sur les raisons de son agression.

Aspergé de gaz vaporisé avec une mini bombe, il a été immobilisé puis jeté sur le trottoir où il a reçu des coups de poings et de pieds.


Revolte urbaines: Paris sous haute surveillance  12/11/2005

Les rassemblements sont interdits à Paris en vertu de l'état d'urgence visant à contenir les violences qui embrasent les banlieues depuis deux semaines. Les policiers ont dit leur ras-le-bol après l'incarcération d'un des leurs.

L'état d'urgence, décrété mercredi et qui a permis d'instaurer des couvre-feux dans une vingtaine d'agglomérations du pays, a été invoqué pour la mise en oeuvre d'une mesure d'exception à Paris: le préfet de police y a interdit tous les rassemblements "de nature à entretenir ou à provoquer le désordre" entre samedi 10h00 et dimanche 08h00.

La capitale a été globalement épargnée. Mais les autorités y craignent une extension des violences des banlieues situées à quelques kilomètres de son centre historique, ce qui "aurait un effet désastreux".

Selon la préfecture de Paris, "des messages diffusés depuis quelques jours par internet et par SMS ont appelé le 12 novembre à des rassemblements dans Paris et à des actions violentes".

Devenu un indicateur du niveau des troubles, le nombre de voitures incendiées dans la nuit de vendredi à samedi s'est élevé à 502 contre 463 la veille et 1400 au plus fort des violences, déclenchées le 27 octobre par la mort accidentelle de deux adolescents près de Paris.

Alors que l'accalmie se confirme en région parisienne une recrudescence des incidents a été signalée en province, en particulier dans des zones considérées par la police comme des "poches de résistance", comme à Toulouse.

L'avocat des policiers a accusé le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy d'avoir "sacrifié" ces policiers alors qu'il "pousse au crime" dans les banlieues, où ses propos sur la "racaille" ont été très mal perçus par de nombreux jeunes.


Mosquée de Carpentras: multiplication des condamnations, auteur en fuite  12/11/2005

Les condamnations se sont multipliées samedi au lendemain du jet de deux engins incendiaires contre la mosquée de Carpentras, lancés par un homme casqué d'allure jeune, activement recherché par les enquêteurs après avoir pris la fuite en scooter.

Les dégâts ont été qualifiés de très "minimes" par une source policière. Il n'y a eu aucun blessé.

"Je suis venu apporter le soutien de toutes les structures de l'Etat" à la communauté musulmane de Carpentras, et "l'assurer que tout est mis en oeuvre pour retrouver l'auteur de cet acte", a dit le préfet du Vaucluse, Hugues Parant, qui s'est rendu sur les lieux.

Le représentant de l'Etat a été accueilli à la mosquée, une ancienne boîte de nuit reconvertie voici trois ans et située dans une zone industrielle du sud de la ville, par Mohamed Elad, président de l'association des musulmans de Carpentras, ainsi que par l'imam de la mosquée, Mfedel Rafik.

"J'ai souhaité assurer le président de la mosquée" de la "poursuite de nos efforts" pour que la communauté "puisse continuer à vivre dans la sérénité", a ajouté M. Parant.

Dès vendredi soir, cet acte avait été condamné par le président de la République Jacques Chirac, le Premier ministre Dominique de Villepin et le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy.

Samedi, le ministre de l'Emploi Jean-Louis Borloo l'a également condamné, témoignant de sa "solidarité" avec la communauté musulmane, tout comme le Parti socialiste.

Le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Dalil Boubakeur, a dénoncé "les provocations qui continuent à troubler les lieux de culte musulmans" tandis que SOS Racisme a parlé "d'incitation à la haine raciale".

De source policière, on invitait toutefois à la plus grande prudence sur les motivations de cet acte, soulignant qu'aucun élément ne permettait d'accréditer la thèse d'un éventuel acte xénophobe ou à caractère politique.

Vers 18H00 samedi, le spacieux bâtiment a été visé par deux engins incendiaires artisanaux, dont un seul a fonctionné, explosant contre un mur extérieur, qui a été noirci par la fumée, selon des sources policières.

Une vingtaine de fidèles se trouvaient alors dans le lieu de culte, qui accueille régulièrement une cinquantaine de personnes mais où se rendent lors des moments forts de la vie religieuse entre 1.500 à 2.000 personnes, voire 3.000 lors des grandes fêtes musulmanes.

La communauté musulmane de Carpentras, une ville de 30.000 habitants, est essentiellement originaire du Maroc.

Mohamed Elad a indiqué aux journalistes, citant des témoins, que l'auteur présumé, d'allure jeune, était casqué. Ce dernier a franchi le portail d'entrée du lieu de culte pour se retrouver sur l'allée d'une cinquantaine de mètres conduisant au bâtiment, où il est tombé sur deux fidèles. Il a alors pris la fuite après avoir jeté les deux cocktails Molotov.

L'enquête a été confiée à l'antenne d'Avignon du SRPJ de Montpellier.

Interrogé sur un lien éventuel avec les violences actuelles dans les banlieues, le directeur général de la police nationale, Michel Gaudin, a déclaré qu'on pouvait "difficilement isoler cet événement du contexte global".

15e nuit d'émeutes : 463 véhicules brûlés, 201 interpellations  11/11/2005

463 véhicules ont été incendiés et 201 personnes interpellées en France dans la nuit de jeudi à vendredi lors des émeutes dans les banlieues, un bilan conforme aux nuits précédentes, selon le bilan définitif de la direction générale de la police nationale communiqué vendredi matin.

Le décompte établi par la police nationale pour la 15e nuit de troubles urbains avoisine le bilan des incidents survenus la veille, dans la nuit de mercredi à jeudi, où 482 véhicules avaient été incendiés et 203 personnes interpellées en France.

La région parisienne a connu cette nuit une légère augmentation des actes de violence avec 111 véhicules brûlés contre 84 la veille, a-t-on indiqué de même source.

En province, 352 véhicules ont été détruits contre 398 la nuit précédente, a-t-on ajouté.

"Il y a une légère entrave à la baisse du phénomène en Ile-de-France", a reconnu le directeur général de la police nationale Michel Gaudin. Il note cependant qu'il n'y a eu que "deux communes de cette région" où un maximum de 7 véhicules ont été incendiés et que dans aucune autre on ne dépasse le chiffre de 5.

Des affrontements entre émeutiers et forces de l'ordre (qui sont "en baisse" sur l'ensemble du territoire), ont fait 8 blessés dans les rangs de la police la nuit dernière à Lyon.

Lyon constitue d'ailleurs avec Toulouse, a indiqué M. Gaudin, une des "poches de résistance, des sites préoccupants" en province où "le repli du phénomène se poursuit", a-t-il souligné.

Au total, depuis quinze nuits, police et gendarmerie ont interpellé 2.234 personnes, tandis que d'autres interpellations, relatives à cette même période, interviendront encore dans la mesure où les enquêteurs procèdent au "suivi de plusieurs dossiers pour confondre des délinquants afin de pouvoir les interpeller".

L'Institut français d'Athènes attaqué par des jeunes anarchiste : des dégâts  11/11/2005

Une quarantaine de jeunes gens, qualifiés d'anarchistes par la police, ont brièvement attaqué vendredi matin l'Institut français d'Athènes, situé dans le centre-ville, une action liée aux troubles actuels dans les banlieues françaises, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les assaillants, encagoulés et casqués, ont fait irruption dans la cour de l'Institut, brandissant des drapeaux rouge et noir, et ont brisé une trentaine de vitres par des jets de boulons et de pierres, a dit le directeur de l'établissement, Alain Fohr.

Ils ont aussi maculé les murs de peinture rouge et noire et d'inscriptions proclamant "qui sème des armées récolte la guerre civile, à Paris, Athènes, et partout", jonchant la cour de tracts avec le même slogan, a-t-il précisé.

"Notre estimation est que cette attaque est liée aux troubles dans les banlieues françaises", a affirmé M. Fohr. Selon la police, le groupe s'est ensuite replié à l'intérieur d'une université proche, où la police ne peut pas entrer en vertu d'un régime d'immunité universitaire.

"L'attaque, sans violences contre les personnes, a été très brève et était bien organisée", a souligné le directeur. Les jeunes s'en sont aussi pris à l'Ecole Française d'Archéologie, à proximité, où ils ont brisé quelques vitres, a ajouté M. Fohr.

Une attaque similaire avait été menée jeudi soir par une quarantaine de jeunes contre l'Institut français de Salonique, la deuxième ville grecque, dans le nord. Le groupe avait brisé des vitres et laissé des tracts affirmant que les "Insurgés ont le droit avec eux".

L'ambassade de France à Athènes va examiner s'il est nécessaire de demander un renforcement de la protection policière de ses établissements en Grèce, en liaison avec la commémoration, le 17 novembre, de la répression par la junte des Colonels (1967-74) du soulèvement des étudiants de l'école Polytechnique d'Athènes, en 1973.

Cette célébration donne traditionnellement lieu à une forte mobilisation de la mouvance anarchiste locale, avec son cortège d'incidents et d'affrontements avec la police.


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