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Points de vue

Une difficile parité homme - femme

Rédigé par MAYOUFI Naziha | Lundi 14 Avril 2003

La parité hommes femmes est un concept à la mode dans le paysage politique français et le CFCM ne déroge pas à la règle. En effet, depuis la reprise du dossier de la Consultation par l'actuel gouvernement on ne cesse de marteler que ce Conseil doit faire une place significative à la femme. Il convient de préciser que partant d'un système de représentation basé sur la gestion des lieux de cultes il était d'emblée difficile d'espérer une présence massive des femmes dans ce Conseil. Pour palier à cela c'est à travers les personnalités qualifiées que cette présence féminine devait être assurée. il va sans dire donc que lorsque la seule femme présente dans le CFCM, Mme Betoule démissionne un tel geste ne passe pas inaperçu ...Inaperçu l'entrée de Mme Bouzar dans ce conseil ne l'a pas plus été. En effet la démission de Mme Lambiotte comme l'entrée de Mme Bouzar ont suscité bien des commentaires mais cette dernière n'entend pas faire dans la figuration.



La parité hommes femmes est un concept à la mode dans le paysage politique français et le CFCM ne déroge pas à la règle. En effet, depuis la reprise du dossier de la Consultation par l'actuel gouvernement on ne cesse de marteler que ce Conseil doit faire une place significative à la femme. Il convient de préciser que partant d'un système de représentation basé sur la gestion des lieux de cultes il était d'emblée difficile d'espérer une présence massive des femmes dans ce Conseil. Pour palier à cela c'est à travers les personnalités qualifiées que cette présence féminine devait être assurée. il va sans dire donc que lorsque la seule femme présente dans le CFCM, Mme Betoule démissionne un tel geste ne passe pas inaperçu ...Inaperçu l'entrée de Mme Bouzar dans ce conseil ne l'a pas plus été. En effet la démission de Mme Lambiotte comme l'entrée de Mme Bouzar ont suscité bien des commentaires mais cette dernière n'entend pas faire dans la figuration.


L'entrée de Dounia Bouzar, quelle légitimité ?

Ainsi la démission de Mme Lambiotte et l'entrée de Mme Bouzar ont remit de l'huile sur le feu quant au processus qui consiste en  la cooptation  de. personnalités. En effet au moment ou Mme Bouzar était reçue au ministère de l'intérieur pour officialiser son entrée, l'UOIF et la  FNMF continuaient de faire barrage à cette entrée ce qui soulevait bien des interrogations. Le président de L'UOIF nous assure qu'ils 'ont une bonne opinion de Mme Bouzar et que l'objection faite était 'sur la procédure et non sur la candidature de Mme Bouzar'.
C'est toujours sur cette question d la procédure que Fouad Imaraine est très critique, pour lui ces entrées et sorties traduisent bien l'état d'esprit des initiateurs du projet, on met une femme parce qu'il faut une femme. Selon ce dernier si la réelle préoccupation était l'équité 'on ne serait pas dans une proportion d'une femme sur un bureau de quinze personnes, en l'état je ne vois pas ce quel poids elle peut  avoir, ce sera plus de la figuration. Pour être plus jsute il aurait fallu au moins un tiers de femmes'.
Au ministère de l'intérieur on se défend d'une quelconque influence gouvernementale sur l'entrée de Mme Bouzar. Sa candidature nous annonce un proche de M. Sarkozy,  a été' proposée par les personnalités qualifiées donc ça n'est pas notre choix mais le ministre a trouvé que la candidature de Mme Bouzar était une excellente candidature'. Toujours dans le cabinet ministériel on insiste sur la pertinence de la place de Mme Bouzar et ce à l'aune de ses travaux de terrain,en tant que sociologue ainsi que son parcours personnel de musulmane convaincue. Selon le ministère : 'Mme Bouzar réunit toutes les qualités attendues et les membres de la Consultation sont unanimes sur ce choix, donc le ministre de l'intérieur ne fait que relayer l'opinion des membres de la Consultation.'


    
Les chantiers prioritaires
Pour Dounia Bouzar, la participation effective des musulmanes aux questions de société  est le meilleur moyen  de désamorcer les arguments de ceux qui attaquent l’Islam par la question des droits des femmes. Le fait d’être une femme ne va donc pas la cantonner aux « questions des femmes » ! En revanche, refusant le concept de  « représentation », elle parle de son rôle comme d’un « trait d’union »: « Je ne suis pas théologienne. Mais le fait de ne pas toujours avoir été musulmane , le fait d’avoir été longtemps éducatrice, d’être aujourd'hui chercheuse sur la question de ceux qui sont nés en France et qui veulent pratiquer au grand jour leur religion,  me permet peut-être de mieux trouver les mots pour expliquer  ce que les musulmanes et les musulmans vivent et ressentent  aujourd’hui ici ». C’est cette mission dont elle se sent la charge : « Cela ne peut être un hasard : j’ai fait partie des gens qui avaient  peur de l’islam et maintenant,  je me retrouve désignée pour défendre l’islam et le faire aimer à tous les Français.. »
Pour elle, deux priorités : faire comprendre que ’islam n’est plus « la religion de l’ étranger, des autres », mais bien une référence qui vient rejoindre les autres références qui constituent déjà le patrimoine Français. Ce repositionnement lui  semble fondamental afin d’empêcher les médias de lier le comportement  des jeunes à l’actualité internationale, en enfermant les garçons dans le stigmate de  'l’intégriste' et les filles dans celui de «femme-soumise », dès lors qu’ils ne  cachent pas leur  lien à l’Islam. Deuxièmement, placer le débat sur le plan des valeurs et ne pas le réduire au plan « juridico-laïque ». A ses yeux, la laïcité est bien souvent un prétexte pour ne pas aborder  les questions de fond, qui sont souvent liées à la représentation d’une religion  « archaïque». Elle voudrait faire passer l’idée selon laquelle il est aussi possible de passer par l’Islam pour accéder à la modernité, que les valeurs universelles ne sont pas l’apanage de l’histoire de France. Elle remet en question  « tous  les modèles uniques » en insistant sur le fait que « le principal , c’est que tous les Français se retrouvent sur des valeurs de base communes, mais qu’on leur laisse la liberté de choisir les références qu’ils veulent pour y accéder ». Lorsqu’on lui demande sa position sur le foulard, elle répond : « Je voudrais que les femmes qui choisissent de ne pas porter le voile soient considérées comme aussi dignes et aussi musulmanes que les voilées, et que les femmes qui choisissent de porter le voile soient considérées comme autant françaises que les autres…»
Pour agir logiquement dans ce sens, elle compte ouvrir un site pour fédérer toutes celles et tous ceux qui  veulent se battre sur la question des discriminations vécues par les musulmanes, tant sur le plan privé et familial que public et professionnel. Elle commencera par lancer un appel à témoignages – dont elle voudrait  publier les plus représentatifs, pour ensuite réfléchir avec les associations qui travaillent déjà en ce  sens et tous les volontaires.  Il s’agira dans un deuxième temps de mettre en place des  actions pour améliorer les problèmes diagnostiqués, de promouvoir ce qui existe déjà ici et là et de le mettre en réseau. Ce site lui permettra aussi de consulter les musulmanes  (par discussions et votes) dès lors qu’elle aura besoin de trancher  une  question au sein du CFCM ; indispensable pour faire « trait-d’union » !