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Sur le vif

Un vendredi de prière sous haute tension pour les musulmans du Sri Lanka

Rédigé par Lina Farelli | Vendredi 9 Mars 2018



© AFP / ISHARA S. KODIKARA
© AFP / ISHARA S. KODIKARA
Les musulmans du Sri Lanka, leurs commerces et leurs mosquées sont les cibles d’attaques d’extrémistes cinghalais depuis plusieurs jours. En ce vendredi de prière, les inquiétudes sont montées d'un cran, d’autant l’inefficacité des forces policières à contenir les violences est largement pointée du doigt par la minorité.

Pour parer aux violences qui interviendraient pendant la prière hebdomadaire, des soldats et policiers ont été postés devant de nombreuses mosquées du pays. Aucun indicent majeur n'a été signalé. La grande majorité des commerces sont également restés fermés.

Alors que le gouvernement sri-lankais a déclaré, mardi 6 mars, l’état d’urgence sur l’ensemble du territoire national, de nombreux actes de violence contre les musulmans ont été observés. Seule mesure radicale prise jusqu’ici par les autorités, l’interdiction totale d’accès aux réseaux sociaux pendant trois jours, ceci pour espérer faire baisser les tensions.

« La police et le gouvernement ont eu plus qu’assez de temps pour stopper ces éléments racistes et ils ont beaucoup de preuves, mais rien n’est fait pour autant et nous, on regarde notre vie partir en fumée », a indiqué à Al Jazeera Ashar Careem, un musulman de 36 ans qui tient le gouvernement comme responsable des tensions.

Le Premier ministre sri-lankais lui-même a déploré cette volonté d’extrémistes religieux à lever la majorité cinghalaise contre la minorité musulmane, notamment par le biais des réseaux sociaux. Plus de 140 personnes suspectées d’avoir pris part aux émeutes ont été arrêtées, ont indiqué les forces de police. Parmi les suspects figure Amith Weerasinghe, un Cinghalais connu pour son activisme anti-musulman.

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