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Sur le vif

Tunisie : l’ONU s’inquiète du sort des femmes

Rédigé par La Rédaction | Mercredi 22 Août 2012



Lors de la Fête nationale de la femme en Tunisie, lundi 13 août, les femmes sont descendues en masse dans la rue pour manifester pour le maintien de leurs droits et l’égalité hommes-femmes. L’ONU rejoint leurs revendications. Dans un communiqué, mardi 21 août, le Groupe de travail des Nations unies sur la discrimination à l'égard des femmes dans la législation et dans la pratique a appelé le « nouveau gouvernement tunisien à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les acquis du pays en matière d'égalité, de non-discrimination et des droits fondamentaux des femmes ».

Comme les Tunisiennes, l’instance proteste contre un article présenté par le parti Ennahda, qui pourrait prochainement être inscrit dans la future Constitution du pays et qui stipule que « l’Etat assure la protection des droits de la femme, de ses acquis, sous le principe de la complémentarité avec l’homme au sein de la famille ».
« Le groupe de travail s'inquiète que, (…) les gains en matière d'égalité et de droits fondamentaux des femmes, ainsi que le statut des femmes dans la société acquis au cours des cinq dernières décennies, risquent de subir une rétrogression », a déclaré la présidente du groupe, Kamala Chandrakirana.

Or, dans le projet d'article constitutionnel d'Ennahda, « les droits sont garantis aux femmes non par le fait qu'elles soient des êtres humains, mais plutôt sur la base qu'elles sont complémentaires des hommes », a-t-elle déploré.
« Bien qu'il fasse référence au rôle des femmes dans la construction nationale, le texte conditionne ceci au fait que les femmes sont complémentaires des hommes, ce qui ne permet pas d'établir les bases d'une pleine indépendance et autonomisation des femmes, ainsi que leur participation en tant que citoyennes actives du changement », a-t-elle ajouté. Après le Printemps arabe, la chute de Ben Ali et la transition politique, elle estime au contraire que l’État doit consolider et renforcer les droits fondamentaux des femmes. « Aucune régression n'est dès lors permise », a-t-elle jugé.

C’est également ce que beaucoup de femmes tunisiennes pensent, elles qui, jusqu’à présent, et depuis la promulgation du Code du statut personnel (CSP), le 13 août 1956, bénéficiaient d’un statut unique dans le monde arabe.

Le gouvernement tunisien a accepté une visite des cinq expertes du groupe de travail de l’ONU pour novembre prochain. Peut-être le signe que la Tunisie souhaite conserver les acquis concernant la condition de la femme ?
Le président Moncef Marzouki, avait d’ailleurs assuré, à la veille de la journée de la femme, inscrire l’égalité totale entre les hommes et les femmes dans la prochaine Constitution.

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