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Points de vue

Tout le monde n’est pas fan de foot

Rédigé par Assmaâ Rakho Mom | Vendredi 9 Juin 2006

Il y a les fans de foot…et les fans de tranquillité, de calme, loin des stades et de leur vacarme. Stephan Barbarino, metteur en scène munichois, et Karl-Heinz Shwaiger, publiciste et ami du premier, sont de ceux-là, qui ont décidé, au moment du Mondial allemand, de lancer une campagne intitulée « Zones interdites de football » ( fussballfreie zone).



Au moment où tous les yeux se tournent vers les villes allemandes qui accueilleront les matches du Mondial 2006, deux Allemands ont lancé sur Internet (www.fussballfreiezone.de une campagne ayant pour but de boycotter la compétition mondiale. L’initiative porte le slogan Zones interdites de football. Elle ne vise pas à lutter contre le tapage, la cohue provoquée par les supporters, mais plutôt à attirer les personnes en recherche de calme, loin de la fournaise du Mondial qui va envahir l’Allemagne à partir du 9 juin et pour un mois.

Mais pour les entraîner où ? Barbarino, pourtant fan de football, et son acolyte, placent leur initiative dans la perspective d’un « contrepoint à la grande symphonie qu'est la Coupe du monde ». Aux gens « qui ne sont pas monopolisés par le football », les deux hommes proposent de découvrir ou redécouvrir les zones touristiques allemandes, la gastronomie locale, bref c’est la culture qui est mise en avant afin de contrer l’invasion footballistique. Sur le site Internet qu’ils ont créé pour soutenir leur initiative, Stephan Barbarino et Karl-Heinz Shwaiger donnent par exemple la liste des restaurants partenaires de leur opération. Car il y en a. Tandis que la grande majorité des restaurants et autres lieux publics misent sur l’événement mondial pour augmenter leur chiffre d’affaires en permettant principalement à leur clientèle de pouvoir suivre les matches dans un espace et un esprit de convivialité, d’autres s’affichent clairement fussballfreie zone (zone interdite au football), tel le restaurant Mairot, à Dorfen. Un bistrot-restaurant de Berlin a même accroché une pancarte indiquant : « Ici pas de programme spécial Coupe du monde ! ».

« Il y a suffisamment de gens qui ne regardent pas le football 24 heures sur 24 ou qui ne veulent pas être assis devant des écrans géants » lance Stephan Barbarino. Et les chiffres de l’Institut de recherche sur les loisirs tendent à confirmer ses dires, puisqu’un sondage réalisé auprès de 2000 Allemands révèle que 34% des femmes et 21% des hommes ne s’intéresseront pas à l’événement. D’ailleurs, certains voyagistes y voient un marché potentiel et saisissent l’occasion pour proposer des vacances « garanties sans Mondial ». C’est en tout cas ce que propose le voyagiste Marco Polo, qui met en avant des régions du monde où il n’y a quasiment pas de téléviseurs, dont pas de frénésie autour de l’événement.