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Sur le vif

Tariq Ramadan réclame le report de son procès prévu en plein mois du Ramadan

Rédigé par Lina Farelli | Mercredi 7 Janvier 2026

           


© CC BY-SA 4.0 / Irfan Kottaparamban
© CC BY-SA 4.0 / Irfan Kottaparamban
Tariq Ramadan réclame, par le biais de ses avocats, la récusation de la magistrate qui préside son procès pour viols devant la cour criminelle départementale de Paris. Corinne Goetzmann se voit reprocher d'avoir ignoré les demandes de supplément d’information formulées par sa défense, « fondées sur des éléments nouveaux ».

La juge est aussi accusée d’avoir ignoré sa demande de report du procès, prévu à ce stade tout au long du mois de mars. Or les dates tombent en grande partie pendant le mois du Ramadan et la fête de l'Aïd al-Fitr.

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Pour l'islamologue suisse, la magistrate ne présente « pas les garanties d’impartialité qu’impose l’équité de l’audience ». Selon la requête qu'il a signée, consultée par 20 Minutes, « son état de santé est déjà dégradé » et Tariq Ramadan risque d’être affaibli « physiquement et intellectuellement encore davantage », durant cette période de jeûne.

« Il est particulièrement difficile de concevoir qu’un homme qui devra répondre d’accusations devant la cour criminelle départementale pendant près d’un mois soit interrogé durant la période de Ramadan, période durant laquelle il ne disposera certainement pas pleinement de toutes ses facultés, d’autant plus qu’il est affecté par la maladie », font part ses avocats, qui estiment que « seul un renvoi permettra d’empêcher une atteinte irréversible à l’exercice effectif des droits de la défense ».

Tariq Ramadan continue de clamer son innocence. Ces derniers mois, les avocats de l'islamologue ont multiplié les recours en produisant des notes supplémentaires pour appuyer la défense.

Dans le volet suisse de l'affaire, Tariq Ramadan a été condamné à trois ans de prison dont un ferme pour viol. La condamnation est devenue définitive en août 2025 après le rejet de son recours par le Tribunal fédéral suisse, mais il a demandé une révision de son procès sur la base de nouveaux éléments.

Fin septembre 2025, les conclusions d'une expertise en stylométrie ont été présentées publiquement par ses avocats pour remettre en cause la version des plaignantes. Selon la défense, des messages prouvent qu'elles ont préparé un « piège » contre Tariq Ramadan et, de cette façon, qu'elles ont « trompé et manipulé la justice ».

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