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Sur le vif

Suisse : une étude balaye la thèse d'un « islam piloté par l’étranger en Suisse »

Rédigé par Lionel Lemonier | Mardi 12 Avril 2022 à 08:00

           


Selon une étude du Centre suisse Islam et Société (CSIS) publiée le 30 mars, l’influence étrangère sur les mosquées et les associations musulmanes aurait diminué en Suisse ces dernières années. « Les réseaux tels que les Frères musulmans ou la Ligue islamique mondiale, financée par l’Arabie Saoudite, ont moins pris pied en Suisse que dans d’autres pays », rapporte Cath, le portail catholique suisse.

Rattaché à l’université de Fribourg, le CSIS assure même que ces acteurs internationaux y auraient perdu de l’influence alors qu’ils ont joué un rôle actif dans la mise sur pied de plusieurs mosquées et associations musulmanes. L’étude s’est intéressée aux principales communautés musulmanes arabophones et les auteurs, qui ont analysé « le débat politique et l’espace médiatique, qui attribue souvent un rôle central à l’influence présumée de l’étranger », ont constaté que des associations faîtières organisées au niveau cantonal occupent aujourd’hui des fonctions de représentation importantes vis-à-vis des milieux politiques, des médias, des églises et de la société civile.

« La grande mosquée de Genève est ainsi fortement imprégnée du contexte politique en Arabie saoudite, mais elle laisse néanmoins la place à des groupes de femmes et à un enseignement religieux axé sur la réalité de la vie en Suisse », note le CSIS. L’exemple d’une mosquée à Zurich montre aussi une gestion transparente du financement par les Emirats arabes unis, émanant de relations d’hommes d’affaires.

L’étude, financée par le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), fait apparaître un fort dynamisme des organisations musulmanes locales et réfute ainsi la vision d’un islam piloté par l’étranger. Ce faisant, elle démontre la nécessité d’une analyse minutieuse des relations transnationales distinguant les dimensions personnelles, idéologiques et institutionnelles.

« Ce sont les acteurs musulmans eux-mêmes qui ont construit et continuellement développé le paysage organisationnel musulman en Suisse », signifie le CSIS, estimant qu’ils peuvent encore « intensifier les liens locaux et rendre leurs activités encore plus transparentes ». Les acteurs politiques suisses peuvent également « contribuer à renforcer les relations et l'implication locale des communautés musulmanes ». « Un échange intensifié et une plus grande prise de conscience de leurs besoins seraient déjà un premier pas vers une reconnaissance sociale », conclut l’étude. « L'augmentation des possibilités de financement en Suisse, par exemple dans le domaine des services sociaux, renforcerait encore leur intégration dans le contexte suisse. »

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