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Points de vue

Que peut faire un homme seul ?

Rédigé par Alkhaliki Jaouad | Mercredi 31 Mars 2004

Nous apprenons aujourd’hui l’assassinat du Cheikh Yassine, un des fondateurs du mouvement Hamas et combattant de la première heure pour le retour du peuple palestinien sur ses terres occupées et violées par les israéliens.



Nous apprenons aujourd’hui l’assassinat du Cheikh Yassine, un des fondateurs du mouvement Hamas et combattant de la première heure pour le retour du peuple palestinien sur ses terres occupées et violées par les israéliens.

Le simple fait que l’armée israélienne ait pu se sentir sans danger en commettant un crime aussi odieux, montre l’impunité dont elle jouit. Le Cheikh Yassine n’a pas changé depuis ses débuts. Que lui vaut donc aujourd’hui ce soudain regain d’intérêts ? L’armée israélienne parlait depuis plus d’un an de Yasser Arafat comme étant l’élément bloquant de la paix et le grand défenseur des attentats ainsi que de son expulsion programmée de Palestine, et c’est le leader du Hamas qui est assassiné à sa sortie de la mosquée.

Le cheikh Yassine quoi qu’on en dise a toujours prôné le dialogue avec l’état d’Israël, mais  à la condition que ce dernier se retire d’abord des territoires violés et occupés de force comme l’a demandé l’ONU depuis plus de 40 ans. Mis à part la haine qui se cache derrière des gens capables de commettre un tel acte de terrorisme caractérisé, il y a le fait que la communauté internationale ne condamnera pas cet acte de terrorisme lâche de la même manière qu’elle a condamné les récents actes de terrorisme lâche de Madrid, et que les gouvernements se présentant comme défenseurs du peuple palestinien ne vont pas bouger d’un iota, craignant que leurs sièges déjà très glissants ne glissent encore plus.

Le cheikh Yassine a obtenu ce qu’il cherchait, il a obtenu ce pour quoi il s’est toujours battu. Le plus grand respect est dû à un homme qui meurt pour ses convictions qui sont la libération de son pays d’une occupation condamnée encore une fois par les Nations unies depuis plus de

40 ans. Cet acte barbare va forcément réveiller des consciences et l’armée israélienne a commis un acte dont elle ne mesure pas la portée tellement elle est aveuglée par sa haine et tellement elle est sûre et imbue de sa force. Se croyant soutenue par le monde entier « libre et démocratique » contre le « terrorisme », elle a franchi le pas qu’elle n’aurait pas dû franchir. Il ne s’agit plus que des Palestiniens ou des Musulmans mais bien de tout être humain sur terre.

Aujourd’hui, un pays dit démocratique et partenaire privilégié de la communauté européenne se permet d’abattre un homme qui se bat pour la liberté de son pays. Même les pays les moins

démocratiques de notre planète n’avaient pas franchi ce pas contre leurs opposants ; trois missiles contre un vieillard en chaise roulante sortant à découvert sans se cacher. Le Cheikh Yassine est mort pour sa cause, d’autres suivrons et à chaque fois c’est une nouvelle bataille gagnée par le peuple palestinien pour recouvrer sa liberté. Un homme seul peut donc souder encore plus fort des millions de gens au-delà des frontières géographiques, linguistiques, politiques, sociales ou encore religieuses.