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Sur le vif

Plantu dénonce la « fatwa de la CGT »

Rédigé par La Rédaction | Lundi 7 Octobre 2013



Le dessinateur du Monde Plantu est revenu sur la polémique suscitée par son dessin mettant en parallèle un extrémiste musulman et la CGT.

« Le boulot du dessinateur est de faire parler ! », s’est-il justifié sur Europe 1, vendredi 4 octobre. « Il n’y a rien de pire qu’un dessin qui ne fait réagir ! J’ai été gâté à ce niveau-là ! On se rend bien compte que je défendais les gens qui veulent travailler le dimanche et ils ont bien le droit, sinon les hôtesses de l’air ou les ouvreuses de théâtre peuvent rester à la maison », a-t-il commenté.

Sa caricature où l’on pouvait voir un syndicaliste CGT interdire à une salariée de travailler le dimanche et un musulman arborant une barbe interdire à sa petite fille - voilée - de ne pas aller à l’école n’a pas manqué de faire réagir effectivement. Un dessin « indécent » et « anti-républicain », avait dénoncé le secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon. Choqué d’être comparé à la « face la plus violente d'un extrémisme politique liberticide », le syndicat a même demandé la publication d'un droit de réponse que le journal a jugé irrecevable.

« Le fait de voir toute la polémique autour… C’est une autre fatwa ! C’est la fatwa de la CGT ! » a vilipendé Plantu. « Il faut savoir que tous les dessinateurs de presse depuis 1945 n’ont jamais le droit de critiquer le syndicat du Livre-CGT. Les dessinateurs danois n’ont pas le droit de dessiner Mahomet, les dessinateurs français n’ont pas le droit de critiquer la CGT ! », a-t-il ajouté.

Le médiateur du Monde a fait savoir vendredi que les lecteurs avaient été nombreux à critiquer l’islamophobie de ce dessin, qui a d’ailleurs fait débat au sein de la rédaction du journal. « Je sais bien que le dessin force le trait. Mais il ne s'agit pas de mettre un taliban et un syndicaliste à égalité : il s'agit d'un combat contre toutes les formes d'intolérance », se justifiait alors Plantu sur le site du Monde.

La direction du Monde, elle, assume ce choix. « Un dessin peut peut-être choquer, heurter des sensibilités. Mais sa publication relève d'un principe que nous entendons défendre avec vigueur : l'indépendance éditoriale absolue, cela passe aussi par l'humour », a commenté Natalie Nougayrède, la directrice. Plantu devrait encore faire rire, blesser ou choquer - c'est selon - encore longtemps pour le compte du journal.

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