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Religions

Morts du coronavirus : pourquoi le CFCM recommande de ne pas pratiquer les toilettes rituelles

Rédigé par | Vendredi 27 Mars 2020 à 20:20

Malgré l'assouplissement des recommandations émises par Haut conseil de la santé publique (HCSP) concernant la prise en charge des patients décédés du coronavirus, le Conseil français du culte musulman (CFCM) conseille vivement aux familles endeuillées et aux pompes funèbres musulmanes de ne pas réaliser les toilettes mortuaires selon les rites islamiques à l'heure où l'épidémie continue de sévir en France. Explications.



Morts du coronavirus : pourquoi le CFCM recommande de ne pas pratiquer les toilettes rituelles
Le Haut conseil de la santé publique (HCSP) a émis de nouvelles recommandations concernant la prise en charge des patients décédés du coronavirus. Dans un nouvel avis rendu mardi 24 mars, l’instance a assoupli les modalités à adopter vis-à-vis des défunts, incluant notamment la possibilité de réaliser les toilettes rituelles sous couvert de précautions.

Prenant acte des nouvelles recommandations du HCSP, le Conseil français du culte musulman (CFCM) a émis un nouvel avis, vendredi 27 mars, et il se veut clair : il conseille de ne pas pratiquer les toilettes rituelles, précisant que « les précautions exigées par le HCSP sont, dans la pratique difficiles, voire impossible à mettre en œuvre ».

Le manque de moyens de protection et la responsabilité face aux risques invoqués

« Il va sans dire que dans le contexte actuel de manque de moyens de protection, y compris pour le personnel de santé, des charges de travail qui pèsent sur le personnel de santé et la complexité du protocole de mise et de retrait des tenues de protection, il n’est pas responsable de faire prendre un risque certain au personnel funéraire et aux proches du défunt en voulant réaliser la toilette mortuaire », explique l’institution, présidée par Mohammed Moussaoui depuis janvier.

« Au vu de ces risques, nous conseillons de ne pas pratiquer la toilette mortuaire », indique en conséquence l’institution, qui rappelle que « l’avis du HCSP réaffirme le risque infectieux du patient, même si les voies de transmission sont réduites, et en particulier les voies respiratoires ».

Une exigence pour fil rouge : la préservation de la vie

« Malgré ce nouvel avis du HCSP, les hôpitaux vont très probablement continuer à prendre les mêmes précautions qu’auparavant », poursuit-elle, au regard de l’insuffisance de moyens de protection (masques, gants, tabliers antiprojection…) dont les professionnels de santé de cessent de dénoncer depuis le début de la crise sanitaire en France.

« Les musulmans de France doivent rester fidèles aux principes de la religion musulmane, notamment celui de la préservation de la vie ». Or, « mobiliser le personnel de santé, déjà très sollicité dans la prise en charge des malades, pour pouvoir réaliser la toilette mortuaire, est en contradiction avec le principe de la préservation de la vie qui donne priorité à la prise en charge des vivants », fait part le CFCM pour qui « la plus grande aumône que nous pouvons offrir à nos défunts c’est de permettre au personnel de santé d’utiliser toute son énergie pour sauver des vies et non pour s’occuper de leur toilette mortuaire ».

Dans la tradition musulmane, « il est utile de rappeler que les décédés en période de pandémie sont élevés au rang des martyrs. Et que, même s’ils n’ont pas le statut de martyrs de guerre pour qui aucune toilette mortuaire n’est pratiquée, ils sont victimes d’une guerre contre l’épidémie qui exige des pratiques exceptionnelles. La suspension de la toilette mortuaire fait partie de ces pratiques exceptionnelles prévues dans la tradition musulmane », veut rassurer l’instance, qui appelle les musulmans à « accepter dans la paix et la sérénité les décisions prises par les institutions hospitalières, seules en mesure d’évaluer la situation réelle ».

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Rédactrice en chef de Saphirnews En savoir plus sur cet auteur