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Sur le vif

Mort d’Adama Traoré : un nouveau rapport médical fourni par la famille accuse les gendarmes

Rédigé par Lina Farelli | Mercredi 13 Mars 2019



Mort d’Adama Traoré : un nouveau rapport médical fourni par la famille accuse les gendarmes
L’affaire Adama Traoré connait de nouveaux rebondissements. Alors que les juges d'instruction sont à quelques jours de clôturer le dossier sans avoir prononcé de mise en examen des gendarmes mis en cause, la famille de ce jeune homme, décédé en 2016 à la suite de son interpellation à Beaumont-sur-Oise (Val d’Oise), a dévoilé, lundi 11 mars, un nouveau rapport médical émis par quatre professeurs en médecine de Paris. Cette nouvelle expertise révèle la responsabilité des gendarmes dans ce décès et contredit ainsi les conclusions du premier rapport.

Quatre experts sanitaires, mandatés par la justice, ont d'abord émis, en septembre 2018, les premières conclusions sur les circonstances du décès d’Adama Traoré. Ils ont alors expliqué le décès de celui-ci par une drépanocytose dont il souffrait associée à la sarcoïdose, une combinaison qui provoque l’asphyxie en cas de stress et d’efforts intenses. Selon ces médecins, le pronostic vital d’Adama Traoré était « engagé de façon irréversible », exonérant ainsi les gendarmes de toute responsabilité.

Cette fois-ci, les quatre médecins sollicités par la famille d’Adama Traoré, des spécialistes des deux pathologies rares dont souffrait le jeune homme de 24 ans, ont émis une tout autre conclusion. Selon eux, l’explication fournie par les médecins mandatés par la justice est « médicalement fausse, car elle ne repose que sur des spéculations théoriques sans fondement scientifique, en l’état actuel des connaissances ». Ces experts ont même dénoncé les « conclusions biaisées » du premier rapport et ont remis en cause « l’éthique médicale » de ceux qui l’ont rédigé.

Leur rapport médical reconnait l’asphyxie aiguë comme la cause du décès d’Adama Traoré et réfute la thèse de la combinaison drépanocytose-sarcoïdose. Les médecins contactés par la famille ont appelé à revenir sur « la question de l’asphyxie positionnelle ou mécanique », remettant ainsi sur le tapis le rôle joué par les gendarmes au moment de l’arrestation.

L’avocat de la famille d’Adama Traoré, Yassine Bouzrou, a exigé une nouvelle comparution des gendarmes mis en cause dans la mort du jeune homme. Il entend obtenir leur mise en examen et le renvoi du dossier devant la cour d’assises pour « violence ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». De son côté, les avocats des gendarmes a dénoncé, mercredi 13 mars, le choix de la famille du jeune homme de privilégier une « justice médiatique » en ayant transmis à la presse un rapport médical contredisant les conclusions de l'enquête. La balle est désormais dans le camp des magistrats.

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