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Points de vue

Le cœur à gauche et l’engagement à droite !

Par Zohra Bitan, fondatrice de ma6tvachanger.fr

Rédigé par Zohra BITAN, militante socialiste, Thiais (94) | Lundi 2 Juillet 2007

Les minorités visibles, candidates malheureuses de ce dernier scrutin, fustigent la gauche, le PS en particulier, de les avoir non seulement trompées, trahies et, pour certains, envoyés au « casse-pipe ».



Le Parti socialiste a manqué plusieurs rendez-vous et de volonté,
Le Parti socialiste ne sait plus s’adresser aux classes populaires,
Le Parti socialiste a fait preuve d’angélisme à l’égard des délinquants,
Le Parti socialiste promu parti de l’assistanat et de la discrimination.
Bref, le Parti socialiste a échoué en banlieue !
C’est ce que l’on entend çà et là, dès que les micros se tendent et la parole se libère.
Il y a beaucoup de vérités dans ce constat, mais il manque tout de même quelques éclairages et ces faits ne justifient en rien de se compromettre avec le camp qualifié d’ennemis.

Etre encarté, être un militant au parti socialiste ou se proclamer de gauche ne repose pas sur un héritage subit ou bien encore un voyage touristique intellectuelle.
Non, c’est un choix qui correspond à des valeurs, à un projet de société, à des orientations auxquelles on adhère même si parfois la maison qui les porte se fissure, que des fuites surgissent et que se profile la menace qu’elle s’écroule.

L’UMP, par la voix de son candidat, devenu Président, a fait part aux Français d’un projet clair, précis auquel 53% des électeurs ont donné leur approbation. Cela revient donc à dire que chacun sait la société que ce gouvernement nous prépare ; il n’y a donc pas de surprises possibles quant à ce qui anime les gagnants de ces deux scrutins.

Alors, au nom de la défaillance, du manque, voire du mépris du Parti socialiste à l’égard de certains de ses militants, on peut partir à droite, à l’UMP par exemple y faire vivre les idées de droite tout en se proclamant de gauche !
La raison du besoin de reconnaissance est donc suffisante, pour saluer une composition gouvernementale en martelant à qui veut l’entendre et l’écrire, la phrase devenue symbole « la gauche en a rêvé, la droite l’a fait ». Mais qu’est-ce qui conduit ces militants à choisir le Parti socialiste, saluer les gestes de la droite et continuer de se revendiquer de gauche ?

C’est à l’intérieur de son camp qu’il faut rester si toutefois les valeurs défendues correspondent aux siennes. Et si le Parti socialiste a quelques années de retard dans la reconnaissance des compétences, des qualités de certains de ses militants, tant pis, le travail fait portera ses fruits pour les générations qui viennent.

L’engagement ne se résume pas à sa propre carrière ou à sa promotion même si la reconnaissance est indispensable, légitime pour voir vivre très concrètement les idées que l’on défend.

Mais on s’engage avant tout pour servir des causes qui nous paraissent justes, nécessaires, utiles pour la société et si au passage le pouvoir nous est confié, il faut le prendre.

Il n’y a pas de quoi polémiquer sur la nomination de Fadéla AMARA, ou bien la saluer, en prétextant la posture de victime du camp d’en face. Le choix de cette personne n’engage qu’elle et n’est en rien un honneur ou une reconnaissance. C’est simplement un choix individuel qui révèle la faiblesse des convictions de cette personne qui ne cesse de se qualifier de gauche. Or, il ne s’agit sans doute que d’une stratégie pour semer la confusion et tromper l’ennemi.

On ne peut insister sur son appartenance à une famille et dès que l’occasion se présente, la quitter en l’accusant de tous les maux.
Quand on aime les siens, on reste avec eux pour les éclairer et les aider à corriger ce qui n’est pas en adéquation avec les valeurs portées.

Pour ma part, encartée au PS, je ne suis pas la dernière à distribuer les mauvais points à ce parti vers lequel je suis allée naturellement il y a maintenant plus de 16 ans. Mais j’ai su prendre de la distance avec mon histoire, m’approprier les valeurs de gauche, fonder mes idéaux, apprivoiser l’appareil qu’est le parti et œuvrer dans l’intérêt général.

Le Parti Socialiste est, certes, en retard sur la question de la reconnaissance de certains de ses militants, mais son retard n’est pas insurmontable et l’on peut considérer que le plus dur est derrière nous.
Alors je me dis que si je n’ai pas eu l’occasion de cette reconnaissance, je suis sure que mes enfants l’obtiendront. Rien que cette perspective pour les générations qui arrivent motive mon désir de continuer de me battre dans les rangs du Parti Socialiste.