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Sur le vif

Le Syndicat national des journalistes dénonce la venue de Benjamin Netanyahou en France

Rédigé par Benjamin Andria | Lundi 4 Juin 2018



Le Syndicat national des journalistes dénonce la venue de Benjamin Netanyahou en France
La venue du chef du gouvernement israélien Benjamin Netanyahou en France, programmée mardi 5 juin, crée des remous, trois semaines après le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem à l’origine de violences de l’armée israélienne envers les Palestiniens de Gaza.

Le Syndicat national des journalistes (SNJ), avec le SNJ-CGT et la CFDT Journalistes, a dénoncé la réception du Premier ministre israélien par Emmanuel Macron, qualifiée d’« insupportable à plus d'un titre ».

« Ne survient-elle pas alors que ces dernières semaines la répression à Gaza contre la population civile - qui manifeste pour le droit au retour des réfugiés - a fait plus de 100 morts et quelques 8 000 blessés par des tirs à balles réelles. Parmi les victimes figurent des enfants, des jeunes, des secouristes », font part les signataires dans un communiqué écrit sur un ton très offensif.

« Ne survient-elle pas au moment où lors de ces manifestations les tireurs d'élite de l'armée visent délibérément les journalistes palestiniens pourtant reconnaissables à leur gilet PRESSE ? N'est-il pas inconcevable que cette visite du Premier ministre israélien se déroule comme si rien n'avait eu lieu, alors que nombre d'associations, de juristes, parlent de crimes de guerre ? La Cour pénale internationale (CPI) a été saisie par les Gazaouies », ajoutent les syndicats français, annonçant avoir saisi l'ambassade d'Israël en France « après l'assassinat de deux journalistes à Gaza et où 13 d'entre eux ont été blessés dans une seconde opération des snipers. En vain ».

« Aujourd'hui, nous appelons la France à exiger d'Israël que les responsables des tirs à balle explosive contre nos confrères palestiniens et l'ensemble des civils gazaouis soient recherchés et poursuivis. Puisque M. Macron n'a pas jugé bon d'annuler la réception de Benjamin Netanyahou, nous attendons de lui qu'il demande des comptes au Premier ministre israélien. Il faut que cesse la répression contre les civils désarmés, contre nos confrères palestiniens et que tous les journalistes arrêtés et incarcérés soient libérés », concluent-ils, apportant leur solidarité au syndicat des journalistes palestiniens.

De son côté, le Collectif national pour une paix juste et durable au Proche-Orient, qui regroupe une cinquantaine de signataires, appelle non seulement à manifester le 5 juin contre la présence sur le sol français de Benjamin Netanyahou mais réclame aussi l’annulation de la saison croisée France-Israël, organisée pour les 70 ans de la création de l’Etat hébreu. « Pour Israël, il s’agit de reconstruire une image positive, de tenter, à travers la science, l’art et la culture, de le blanchir de ses crimes. (...) Cet événement serait en contradiction totale avec le signal clair et le ferme avertissement qu’il faut adresser à Israël », appuie l'organisation.

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