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Politique

Laïcité : « Le port du voile dans l’espace public n’est pas mon affaire », dixit Macron

Rédigé par Lina Farelli | Vendredi 25 Octobre 2019



Laïcité : « Le port du voile dans l’espace public n’est pas mon affaire », dixit Macron
A l'heure où des élus réclament de nouvelles lois d'interdiction du voile en France, Emmanuel Macron, en voyage officiel à La Réunion, a affirmé que « le port du voile dans l’espace public n’est pas (son) affaire », au nom de la laïcité, lors d'une interview accordée à Réunion la 1ère et à Antenne Réunion jeudi 24 octobre.

A la question d'un journaliste « Le port du voile est-il "souhaitable" dans l’espace public ? » (qui rappelle les termes mêmes du ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer) posé au chef de l'Etat, la réponse de ce dernier est direct.

« Le port du voile dans l’espace public n’est pas mon affaire. C’est ça la laïcité », a-t-il balayé. Et d’ajouter : « Le port du voile dans les services publics, à l’école, quand on éduque nos enfants, c’est mon affaire. C’est ça la laïcité. »

« Quand on est dans un espace où le service public est rendu, il y a un devoir de neutralité des agents. Quand on éduque nos enfants - et c’est pour ça que ça vaut pour l’école maternelle, l’école, le collège, le lycée, et pas pour l’université -, on demande à ceux qui les éduquent, comme aux enfants, de ne pas avoir de signes religieux », a ainsi précisé le président de la République.

Il n'a pas évoqué à cette occasion le cas des accompagnateurs et accompagnatrices scolaires sur lequel, rappelons-le, le Conseil d'Etat a tranché contre l'interdiction du port des signes religieux. Toutefois, le Premier ministre Edouard Philippe avait rappelé, le 15 octobre, la ligne de son gouvernement en la matière, à savoir celui de dire non à une nouvelle loi d'interdiction visant les parents lors de sorties avec l'école.

Lire aussi : Le recadrage salutaire d'Edouard Philippe, qui refuse une loi d'interdiction du voile lors de sorties scolaires

Emmanuel Macron, qui a dénoncé, en coulisses, les amalgames et jugé « irresponsable de stigmatiser une partie de la communauté nationale » quelques jours plus tôt, a fustigé « le débat qui consiste à ne stigmatiser qu’un seul signe religieux », ce qu’il « n’aime pas ». « Ce qu’il se passe dans l’espace public, ce n'est pas l’affaire de l’État et du président de la République. La laïcité, ça n’est pas cela », a-t-il répété, rappelant l'une des principes fondamentaux de la loi de 1905, celui de « permettre (à chaque citoyen) de croire et de ne pas croire librement ».

Un président intraitable contre le communautarisme

Emmanuel Macron a aussi martelé l'importance de lutter contre le communautarisme. « Il y a aujourd’hui des femmes et des hommes, citoyens français, qui disent : "De par ma religion, je n’adhère plus aux valeurs de la République" », a-t-il indiqué. « Le voile, aujourd’hui, est utilisé dans certains quartiers, est utilisé dans certaines circonstances, par certains - qui ne sont pas majoritaires -, comme un élément de revendication, et comme un des instruments ou des signaux d’une forme de séparatisme dans la République, de ce qu’on appelle un communautarisme », a indiqué le président.

« Ça (le séparatisme), c’est un problème pour moi. (...) Et dans ce cas-là, j’ai un problème avec l’utilisation, la revendication, en quelque sorte, qui devient politique, de ce séparatisme. Si on confond les sujets, à ce moment-là on se met en situation de ne pas pouvoir véritablement régler le cœur du problème qu’à la République française, qui est le communautarisme », a-t-il appuyé.

Un grand discours d'Emmanuel Macron sur la laïcité est attendu dans les prochaines semaines mais il en a esquissé des lignes directrices depuis l'île de La Réunion. « Ce sont des débats importants, il faut les avoir sans que ce soit une réponse à une provocation d’un élu du RN ou à l’humiliation de qui que ce soit », a déclaré le chef de l’Etat lors de son déplacement à Mayotte mardi 22 octobre, promettant de revenir sur le débat autour de la laïcité « de manière apaisée quand je considérerai que c’est le bon moment ». « On a parfois tendance à confondre le débat sur la laïcité qui a un cadre, celui de 1905, et la question de l’islam », avait-il ajouté. Pour lui, « ce qui est important, c’est que notre pays ne se divise pas ».

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