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Points de vue

La Liberté de la presse reste un rêve

Mourad Ghazli, parti radical-valoisien (UMP)

Rédigé par Mourad Ghazli | Samedi 4 Mars 2006



De la liberté de presse hypocrite


La liberté d’expression n’est pas valable pour tout le monde. Nicolas Sarkozy préfère, dit-il, un excès de caricature à la censure. Personne ne rappelle qu’il a fait pression personnellement pour qu’un livre rédigé avec l’accord de Cécilia Sarkozy ne soit pas publié. En outre, le Canard enchaîné a révélé que Nicolas Sarkozy conseille Jean-Pierre Elkabach, le patron d’Europe 1, pour la nomination d’un journaliste politique.

Nicolas Beau et Olivier Toscer dans « Une imposture française » ((éd. Les Arènes) nous apprennent que Bernard-Henri Lévy passe le plus clair de son temps à faire pression sur les directeurs de journaux pour empêcher des articles critiques. Mais BHL défend néanmoins la liberté d’expression !

Voilà une opinion que j’ai envoyée aux principaux médias qui à ce jour n’est jamais parue. Quand il s’agit d’être à contre-courant de la pensée dominante sur le communautarisme qui fait croire que ce sont les citoyens qui s’en rendraient coupables alors qu’en réalité ce sont les hommes politiques qui l’organisent sous forme de clientélisme. Heureusement que la cyberdémocratie existe !

La lâcheté des politiques communautaristes dans l'affaire Ilan Halimi


Un spectre nouveau hante la société française : celui du communautarisme. Et contrairement, aux clichés habituels, il vient de la France « d’en haut ». Plus précisément de son élite politique. Les hommes et femmes politiques sont censés incarner et déjouer les pièges de la passion et combattre les instincts primaires de la vengeance. C’est un signe de la civilisation. Que voit-on depuis l’annonce du tragique assassinat de Ilan Halimi ?

Les enquêteurs démantèlent un gang à un rythme très soutenu. Il est d’ores et déjà hors d’état de nuire. La piste crapuleuse est corroborée par les policiers. Aucun d’entre eux n’avalisent la motivation antisémite. Qu’à cela ne tienne. C’est sans compter sur les politiques. Dans toutes les écoles de la République, on nous apprend la stricte séparation des pouvoirs. On nous apprend que si la police enquête c’est le juge qui instruit. Les politiques, eux, légifèrent.
Pourtant, après l'affaire Outreau une vague d’indignation a submergé la France, toutes catégories confondues. Seule aujourd’hui, la classe politique rompt avec ce consensus. Elle ne respecte ni le secret de l’instruction et encore moins le travail des policiers. Les politiques tirent des conclusions hâtives qui ne peuvent qu’exacerber les crispations identitaires. Et voilà comment on fait le jeu du communautarisme.

La position la plus caricaturale n’est-elle pas celle d’Eric Raoult qui appelle les élus à respecter le shabbat dans les synagogues de Seine-saint-Denis ? On voudrait enterrer nos principes laïcs qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Le ministre de l’Intérieur, à l'occasion de la mort des deux jeunes de Clichy et de l’attaque de la mosquée avait bien réagi en rappelant, alors que l’émotion était tout aussi vive, qu’il fallait attendre la fin de l’instruction pour déterminer les responsabilités et ne pas céder à des conclusions rapides pour calmer ou satisfaire une population.

Pourquoi le ministre de l’Intérieur, cette fois-ci, ainsi que l’ensemble des responsables politiques, n’ont-ils pas respecté le secret de l’instruction et laissé travailler la justice afin de connaître les motivations des assassins qui ont tué un citoyen français. Ce n’est pas un juif qui a été tué mais bien un être humain et l’on ne doit pas mettre en avant dans un Etat laïc l’appartenance religieuse avant l’appartenance à la nation.

Le ministre de l'Intérieur doit défendre la police


Un gendarme est mort et personne ne s’est déplacé lors de ses obsèques, personne n’a reçu sa famille. Un représentant de l’autorité publique est-il un "sous-homme"? pour reprendre le vocable de monsieur Frêche sur les harkis ?

Si les policiers sont accusés par le président du CRIF de ne pas avoir fait correctement leurs travail, c’est son jugement. Personne n’est obligé d’adhérer à ses propos. Mais quand c’est le ministre de l’Intérieur qui ne défend pas la police, cela peut s’apparenter à de la lâcheté à des fins communautaires. Les politiques ne doivent pas, au nom de la solidarité, laisser croire à un hypothétique complot islamo-policier.