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Sur le vif

L’imam tagueur de Pau forcé de quitter la France

Rédigé par La Rédaction | Lundi 20 Janvier 2014



Khalil, l’ancien imam de la mosquée de Pau (Pyrénées-Atlantiques), connu pour avoir tagué le lieu de culte où il officiait, fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, fait savoir La République des Pyrénées, samedi 18 janvier.

La préfecture a signé un arrêté portant refus du renouvellement de la carte de séjour de l’homme de nationalité marocaine, le 6 janvier. Deux jours avant, l’imam, qui avait reconnu avoir tagué en octobre 2013 le lieu de culte où il officiait, avait été condamné à 1 000 € d’amende avec sursis lors d’une comparution sur reconnaissance de culpabilité. L’imam de 47 ans avait alors expliqué avoir commis ce geste pour se venger d’un fidèle qui l'avait pris à partie lors d'une prière.

A l'époque, les inscriptions insultantes avaient choqué les fidèles. Quinze jours plus tard, l’imam avouait son méfait à la police. L’association cultuelle en charge du lieu de culte, décida alors de le licencier sur le champ pour faute grave et en informa la préfecture. C’est ce licenciement qui a motivé la décision de cette dernière car l’imam était titulaire d’une carte de séjour temporaire portant la mention « salarié ». A présent, sans contrat de travail, la préfecture a refusé de lui renouveler un titre, qui lui a été accordé pour la première fois en novembre 2009 et qui était depuis renouvelé chaque année.

L'arrêté préfectoral du 6 janvier précise que « l'autorité administrative n'a pas méconnu l'intérêt supérieur des quatre enfants mineurs » de l'imam (nés en 1997, 2003, 2006 et 2008) et que son épouse est en situation régulière en France. « La présente mesure n'a pas pour objet de séparer les enfants de leurs parents, ni de les mettre dans l'impossibilité de poursuivre une scolarité normale hors de France, notamment en Espagne, où, officiellement, la famille résidait jusqu'en 2011 », estime la préfecture.

L’imam dispose de 30 jours pour quitter la France. A l’issue de ce délai, il « pourra être éloigné d'office à destination du pays dont il a la nationalité ou de tout pays dans lequel il établit être légalement admissible, notamment l'Espagne, où il dispose d'un titre de séjour portant la mention permanente », indique la préfecture.

Me Thierry Sagardoytho, l'avocat de l'imam, a fait savoir qu'il allait déposer un recours devant le tribunal administratif. Concernant son acte de profanation sur la mosquée de Pau, une audience sur intérêts civils est prévue le 27 janvier pour déterminer si les responsables de la mosquée peuvent être dédommagés. Ils réclament 10 000 € pour le préjudice matériel et moral subi.

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