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Points de vue

Jérusalem, capital d’Israël pour le Guatemala : explications sur son soutien à Israël

Rédigé par Aya Ramdan | Mardi 6 Mars 2018



Le président guatémaltèque Jimmy Morales (à gauche), qui a rencontre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou dimanche 4 mars à Washington, a annoncé le transfert de l'ambassade du Guatemala à Jérusalem en mai, tout comme les Etats-Unis. © Twitter/ Jimmy Morales
Le président guatémaltèque Jimmy Morales (à gauche), qui a rencontre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou dimanche 4 mars à Washington, a annoncé le transfert de l'ambassade du Guatemala à Jérusalem en mai, tout comme les Etats-Unis. © Twitter/ Jimmy Morales
Après les Etats-Unis, le Guatemala a annoncé le transfert prochain de son ambassade à Jérusalem en mai, reconnaissant ainsi la ville trois fois sainte comme la capitale d’Israël. Indignation et incompréhension générale : mais quel est ce pays, le Guatemala, perché quelque part en Amérique centrale, qui suit et revendique bec et ongles, plus motivé que jamais, cette décision ahurissante et rejetée par toute la communauté internationale, de faire de Jérusalem la capitale d’Israël ?

Lire aussi : Les États-Unis et le Guatemala ensemble pour transférer leurs ambassades à Jérusalem

A vrai dire, Israël au Guatemala, c’est une longue et sombre histoire d’une coopération étroite sur les plans militaire, politique, touristique, industriel, et commercial. Les archives du Monde Diplomatique à ce sujet sont des mines d’information.

Mais ce qu’il y a à en retenir, c’est que ce pays aux paysages grandioses, où la Nature règne en maîtresse absolue et où les peuples mayas survivent avec une ténacité et une détermination impressionnante, est cruellement tenu par un régime politique allié des Etats-Unis qui n’a pas rompu avec une junte militaire guatémaltèque responsable de trois décennies de tueries dans le pays durant la guerre civile, achevée en 1996.

Israël, un soutien historique précieux du Guatemala

Celui-ci a réduit à néant toute possibilité d’organisation politique de la majorité de la population mayas et des « ladinos » - personnes d'ascendance indigène - progressistes. Israël fut le principal allié des forces militaires quand les États-Unis avaient voulu, dans les années 1970, suspendre leur aide dans le cadre de la politique des droits de l’homme du président Jimmy Carter. Israël avait fourni dès lors, et particulièrement dans les années 1980, tous les armements, les conseils militaires, les techniques de répression et de surveillance au régime militaire.

En échange, le régime guatémaltèque devait assurer une propagande pro-israélienne dans tout le pays, via la radio, la télévision et le tourisme, comme en témoigne un article de la revue juive américaine en ligne Tablet.

Les Israéliens sont aujourd'hui bien installés au Guatemala, présidé par Jimmy Morales – aussi surnommé le « Donald Trump guatémaltèque » – qui n’a eu de cesse d’assurer d’excellentes relations avec Israël, jusqu’à réserver sa première visite en dehors des Amériques à Israël en novembre 2016. La première société de distribution d’énergie du pays Energuate appartient au milliardaire israélien Idan Ofer. Et de très nombreux Israéliens se rendent dans ce pays après leur service militaire obligatoire.

Les populations mayas sont, quant à elles, dans une situation de précarité politique, sociale et économique extrêmement rude. Parce que cette Nature sublime, impressionnante, grandiose, est aussi impitoyable que terrifiante et que, sans les moyens de la dompter, sans véritable système de santé, d’écoles publiques, la vie consiste à résister pour survivre.

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